lundi 25 août 2014

Le jeu de massacres est ouvert : Inscrivez-vous !



C’est en gros la teneur du discours d’Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon tenu hier. La réaffirmation de la politique de la « demande », utilisée pendant deux ans avec les résultats que l’on sait, est réaffirmée par ce duo avec en plus la fin de l’austérité. On peut dépenser à tout va, du moment que l’argent pris au citoyen retourne un peu plus dans ses poches. On croit rêver devant tant de présomption économique même si on peut donner une indulgence à celui qui n’a qu’une formation d’avocat plutôt tournée vers le redresseur de torts que vers le redresseur d’économie. De là à penser que l’important est de faire du non-Hollande et du non-Valls pour se réaffirmer comme un candidat en campagne pour la présidentielle, il n’y a qu’un pas.

J’avoue que si c’est l’objectif, c’est réussi, car peu importe le discours qui ne comporte que des mots que l’on interprète à sa façon ensuite ou que l’on renie tout simplement avec cette belle formule : « Compte-tenu du contexte économique européen (et pourquoi pas mondial), il nous faut changer de cap ». J’irai même à penser que c’était le meilleur moyen de faire imploser le gouvernement du taureau Manuel Valls qui devait foncer tête baissé sur le chiffon rouge agité devant lui. Il l’a fait, le gouvernement est dissous. Les cartes sont à redistribuer et Montebourg devient le porte-drapeau qui vient de franchir le pont d’Arcole entraînant avec lui une troupe qui n’attendait qu’un chef. 

La préoccupation des Français étant la réussite économique qu’ils traduisent par moins de chômage et plus de pouvoir d’achat, le choix d’une bataille économique interne au parti socialiste est un choix parfaitement adapté pour mettre le chef de l’Etat cul par-dessus-tête, lui asséner ses 17% de confiance et l’envoyer commémorer sous la pluie les 128 volontaires partis de l’île de Sein vers Londres en juin 1940. Des têtes vont tomber, d’autres incapables de redresser la France vont leur succéder mais désormais la démission du Président est dans la tête des Français. 

Le fera-t-il dans un acte courageux, afin de permettre un rapide virage de la politique économique et monétaire du pays, par un simple constat devant la nation ou faudra-t-il qu’une autre élection catastrophique, pour ce qui reste de sa majorité, lui permette de justifier sa sortie ? Lui seul peut en décider mais il est de plus en plus isolé et il va être intéressant d’entendre le Président de l’Assemblée Nationale, troisième personnage de l’État, à ce sujet. 

La droite qui a, plus ou moins clairement il est vrai, soutenu la politique de Valls en demandant simplement d’aller plus loin que les 50 milliards, va encore devoir manger son chapeau en demandant la démission de Valls ou de l’Assemblée Nationale. N’ayant aucun contre-projet valable puisque sa politique n’est qu’un ersatz de celle définie en janvier par Hollande, elle va encore devoir enfumer l’opinion par la stigmatisation des actions de ce gouvernement, tout comme l’a fait celui-ci. Le résultat est que la France ne s’en sortira pas mieux que sous Sarkozy et les 28 mois de Hollande. 

Les raisons profondes sont que la croissance ne sera plus que faible et qu’une légère déflation, correspondant aux progrès technologiques, n’est pas à craindre, contrairement aux idées sur lesquelles surfent avec certitude nos têtes politiciennes. L’un des phénomènes les plus mal étudiés est le cycle d’innovation et ses conséquences sur la productivité, les taux, l’inflation et bien sûr le chômage. Nous sommes à la fin d’un cycle de progrès technologique, nous sommes dans le cycle de propagation des innovations des 20 dernières années. On crée moins de richesse, relativement, et les conséquences négatives du progrès des techniques et des processus de production deviennent de plus en plus importantes et mal tolérées. 

La difficulté de la France est qu’elle est en train de réussir moins bien que la moyenne des autres nations européennes pour deux raisons fondamentales, d’une part le carcan de la monnaie et de Bruxelles, d’autre part l’omniprésence de l’État dans l’économie privée et les contingences toujours plus fortes qu’il exerce sur le fonctionnement de celle-ci. Bien que bénéficiaire du « boostage » de la croissance par le déversement d’énormes liquidités par la Fed, la BCE et les banques nationales chinoises, britanniques et japonaises, même si la majeure partie va vers les marchés et non vers l’économie productive de biens, la France ne prend pas sa part du gâteau et s’appauvrit tant dans son patrimoine que dans ses capacités de production. 

On n’échappe pas à la réalité, ce sont les conditions réelles qui meuvent l’Histoire, 

Pas les discours, fussent-ils ceux des "savants" qui gèrent les mystères… 

En maniant enfumage, copinage, machiavélisme et carriérisme. 

Cette réalité ébranle désormais la Vème République ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon