dimanche 24 août 2014

La guerre est partout. En Syrie elle dure !



L’Afrique s’embrase de plus en plus. Le Moyen-Orient est en proie aux guerres civiles, en Irak, en Syrie et au Liban où l’aéroport de Tripoli est aux mains des miliciens et des islamistes. Elle est aussi en Afghanistan, en Égypte où le régime militaire ne fait pas de quartier sur les Frères musulmans et où les Coptes s’expatrient. La Libye s’enfonce dans le chaos. La Tunisie repart vers le Moyen-Age avec une islamisation conquérante. Israël n’en finit pas de « punir » Gaza mais aucune sortie d’un conflit, qui dure depuis plus d’un demi-siècle, n’est en vue. 

J’ai montré combien les imbrications entre l’hégémonie américaine, la vassalisation de l’Europe et les guerres confessionnelles rendent difficiles la lecture des évènements, lecture à laquelle s’ajoute une désinformation du niveau de celle que j’ai pu comprendre dans la seconde guerre mondiale avec le décodage d’une mère éclairée. La guerre de blocs en Syrie et en Ukraine et celle du « califat » en Irak résument parfaitement les deux forces agissantes, tantôt alliées comme en Libye, en Syrie et en Ukraine, tantôt adversaires au Mali, et en Irak par exemple. Notons toutefois la mollesse des réactions américaines contre l’État islamique, contre les forces militaires qu’ils ont eux-mêmes mis en œuvre en Syrie avec les États du Golfe. Ils ne peuvent aller trop loin dans le soutien au gouvernement chiite irakien soutenu par l’Iran et lié au Hezbollah libanais. 

Deux conflits émergent toutefois, la Syrie et l’Ukraine où l’on voit que même l’envoi d’un convoi humanitaire est un problème insoluble… dès qu’il s’agit d’un convoi russe. Tergiversations, palabres sans fin qui masquent une fin de non-recevoir, ont poussé à une violation des droits internationaux par l’entrée des camions russes en Ukraine sans la Croix-Rouge à qui Kiev a refusé d’assurer sa sécurité. Poutine a tranché, « ça suffit, Entrez ! ». Ce que nous envoyons en Syrie a-t-il reçu l’aval du gouvernement syrien légal ? Évidemment non. 

Notre droit d’ingérence ne couvre que ce qui est décidé ou approuvé par les États-Unis. Dans le conflit ukrainien la voix de la France est de plus en plus en sourdine et c’est Angela Merkel qui est le porte-parole américain. Donetsk est toujours bombardée mais les troupes de Kiev ne cessent d’accumuler des revers. Poutine va désormais attendre sauf véritable massacre des pro-russes. Angela va essayer de faire avaliser un semblant d’autonomie pour la partie russophone afin d’effacer une défaite militaire de Kiev qui se profile. 

Un nouveau conflit en effaçant un autre et les médias orientant leurs reportages dans le « sens du vent », la longue guerre civile syrienne, commencée en 2011 par une révolte populaire dans la foulée des “printemps arabes”, s’éternise et devient de plus en plus destructrice et complexe. Plus de 191.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit en Syrie. C’est le chiffre impressionnant donné par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme. Soit deux fois plus qu’il y a un an… Un chiffre sans doute sous-estimé par rapport à la réalité. Parmi elles, au moins 8.800 mineurs. Le conflit a forcé près de la moitié des habitants à fuir leur foyer. Plus de trois ans après le début des hostilités, la Syrie détient la palme du nombre de personnes déplacées au monde, plus de 9 millions. On compte au moins 2,5 millions de réfugiés dans les pays voisins et plus de 6,5 millions de déplacés internes. 

Devant cette catastrophe humanitaire que nous avons envenimée en soutenant la rébellion et en considérant le gouvernement provisoire rebelle comme légal, quelles actions faisons-nous pour arrêter cette catastrophe humanitaire ? Rien. Nous laissons pourrir cette guerre parce que le peuple syrien a démocratiquement réélu son Président, Président dont nous avons même souhaité la mort. Nous nous apitoyons à juste titre sur les chrétiens massacrés en Irak mais il se déroule en Syrie une véritable catastrophe humanitaire dont les médias se font peu l’écho. Aurions-nous honte de ce que nous avons fait ou l’État doit-il continuer son œuvre de déstabilisation de ce pays, à l’ombre des USA et dans le silence des médias aux ordres ? 

Les médias orientent nos sollicitudes dans le sens qu’ils veulent. 

L’information se répand alors en désinformation voulue 

Par les puissances qui veulent diriger le monde 

Par la théorie du chaos... organisé ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon