lundi 15 février 2016

Manipulations de l’information : les médias à la manœuvre



La faiblesse du pouvoir politique tend à générer des attitudes défensives par utilisation de la désinformation ou le mensonge dès qu’il se trouve en difficulté. L’une des tactiques préférées est de permettre le défoulement du bas peuple sur des sujets sans importance. Vous me direz que c’est vieux comme le monde. Je me souviens dans ma carrière professionnelle du nombre de sujets délicats qui étaient provisoirement résolus par la création de groupes de travail dont les conclusions arrivaient parfois alors que la difficulté avait été résolue entre temps. Je me souviens de l’ordre du jour des comités d’entreprise où les sujets sans importance sur lesquels la discussion était âpre et prolongée, comme le prix du café à la cantine, puis finalement acceptée par l’administration. Le but était de laisser le moins de place possible aux sujets importants pour l’entreprise. J’ai retrouvé le même processus dans les Comités de Direction du monde associatif.

On pourrait espérer que lorsqu’il s’agit d’un évènement politique d’importance, celui-ci ne soit pas occulté par la sortie du chapeau d’un autre évènement pour détourner l’attention du peuple. Les résultats sur le chômage, pierre angulaire de la politique Hollandaise, n’étant pas bons sur l’année 2015, le coup de la déchéance a failli réussir mais a tout-de-même permis de gagner un mois de répit sur les sujets sociaux-économiques qui préoccupent les électeurs. Le 24 janvier 2016, la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, participe à une émission aux côtés d’un invité, Idris Sihamedi, qui ne souhaite pas condamner les agissements de l’État Islamique (il finira toutefois par évoquer une vague gêne sur la question). La ministre ne réagit pas, ni pendant ni après. La presse, les réseaux sociaux et le bon peuple commencent à s’interroger… Effectivement cette ministre de la « diversité » bénéficie de la protection maximale qui n’est pas sans lien avec sa proximité avec le roi du Maroc. Son penchant pour l’islam et les mesures sociétales ne font plus mystère. Néanmoins son manque de réaction devant des propos condamnables  ne peut être celui d’un plus important ministre de la République. Que faire ? Le 3 février 2016, après avoir « mystérieusement » reçu un exemplaire du journal officiel du mois de novembre dernier parlant d’une mesure elle-même datant de 1990 (et que tout le monde avait plus ou moins oubliée), tous les médias français  annoncent en même temps, et avec force titrailles dignes d’une IIIe guerre mondiale, l’application prochaine d’une réforme de l’orthographe propre à mettre en péril notre patrimoine culturel. Plouf pour l’attitude ambigüe de la ministre… l’éponge est passée et la réforme va suivre le même chemin que la déchéance de nationalité. 

Dans le style de la désinformation qui tourne au mensonge, il y a le PIB 2015 et la croissance que l’on affiche fièrement à 1,1% (publié par les Echos) et pour laquelle on en rajoute en disant qu’elle est 5,5 fois plus forte qu’en 2014 avec seulement 0,2%. Au passage signalons tout-de-même que l’Allemagne, selon Eurostat, affiche 3,8% ! Mais motus là-dessus. Le PIB, au sens de Maastricht, était de 2170,4 milliards d'euros. Le total des hors-bilan a augmenté de 273,3 milliards d'euros durant cette année 2015. Hors ce hors-bilan n’intervient pas dans le calcul du PIB au sens de Maastricht. Que contient ce hors-bilan ? Wikistrike nous en fournit le détail. « Pour plus de la moitié il y a les retraites des agents de l'Etat qui ne sont pas financées (1753 milliards), la garantie des livrets d'épargne (519 milliards), c'est la moindre des choses (!) l'Etat se sert de l'argent des épargnants pour financer un certain nombre d'actions mais si tous les épargnants retiraient leurs billes le même jour, le casino de la finance de l'Etat français sauterait. Il y a aussi dans ces hors-bilan la contribution de l'Etat au fond européen de stabilité financière, la contribution du pays au FMI et enfin les engagements de l'Etat découlant de sa mission de régulateur économique et social consistant essentiellement à financer les régimes spéciaux, SNCF, RATP, etc., pour le plus grand bénéfice des syndicats. » Résultat des courses le PIB complet, si je puis dire, nous donne non pas une croissance de +1,1% mais de -0,96%. Au passage on note que personne ne sait exactement comment ces hors-bilan pourront être apurés puisqu'ils atteignent aujourd'hui environ 3200 milliards d'euros. Ils s’ajoutent à la dette « officielle » de l’État Français fin 2015 de 2103,2 milliards d'euros ! Désinformation ou mensonge ? Choisissez… avant de payer.

Changeons de sujet et passons à la politique étrangère française, politique du double-jeu, qu’affectionne les Etats-Unis, les pays du Golfe et la Turquie. Les médias occidentaux présentent les combats en cours autour d’Alep comme une attaque de la ville par l’armée syrienne. Ils admettent parfois que le gouvernement contrôle une partie d’Alep. Cependant, l’impression générale qui se dégage est qu’Alep est une ville rebelle attaquée par l’armée syrienne. Alexander Mercouris, journaliste basé à Londres,  nous  informe que : « Alep était la plus grande ville de la Syrie et sa capitale économique. Jusqu’en 2012, elle était sous le contrôle du gouvernement et les reportages en provenance de la ville confirmaient que la majorité de sa population l’appuyait. Au milieu de 2012, les rebelles syriens ont lancé une grande offensive (l’opération Volcan de Damas) visant à renverser le gouvernement. L’opération comprenait des attaques contre les deux principales villes de la Syrie : Damas et Alep. L’attaque contre Damas a été repoussée avec succès. À Alep, les rebelles ont réussi à capturer une partie importante de la ville. Cependant, environ la moitié de la ville (la moitié qui, semble-t-il, abrite la majeure partie de la population) est demeurée sous le contrôle du gouvernement. Les offensives menées par les rebelles en 2015 dans la province d’Idlib et dans la campagne autour d’Alep ont presque réussi à couper la partie de la ville contrôlée par le gouvernement du reste du pays. Le gouvernement ne pouvait envoyer des renforts et des vivres pour sa garnison et la population que par la voie des airs. » 

On peut imaginer les souffrances de la population dans une ville coupée en deux dont une partie est assiégée et approvisionnée difficilement par air. « Une façon plus neutre de décrire les combats autour d’Alep est de dire que la ville et sa garnison ont su tenir un siège de trois ans que leur ont fait subir les rebelles, siège sur le point d’être levé. » Depuis l’intervention aérienne russe les choses ont changé. L’armée syrienne a libéré la ville et celle-ci est en passe d’être désenclavée. Désormais l’armée syrienne va se concentrer sur la ville de Raqqa, fief de Daesh. On comprend que les Etats-Unis militent pour des négociations de cessez-le-feu et que la Turquie, l’Arabie Saoudite et les pays du golfe envisagent d’intervenir sur l’armée syrienne. Le temps leur est compté avant une victoire symbolique de Bachar al-Assad sur Raqqa et une position renforcée de la Russie dans la résolution de ce conflit. Politiques et médias français se font complices de la désinformation. L’armée syrienne n’attaque pas Alep, elle la défend avec succès. 

Mensonges, manipulations, désinformations, propagandes, 

Toute la panoplie des informations de temps de guerre

Sont délivrées en permanence et il ne reste plus que 

Les écoutes, le « Vos murs ont des oreilles »,

Pour créer la psychose de guerre ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon