vendredi 12 février 2016

Graphiques et chiffres valent mieux que longs discours

Certains d’entre nous, de formation plutôt littéraire, redoutent les avalanches de chiffres et les politiques sont aussi mal à l’aise avec eux. « On fait dire ce que l’on veut aux chiffres », cette affirmation très populaire permet d’éviter de répondre à un argument souvent incontestable mais elle a du vrai dans la mesure où le contexte d’où sont extraits ces chiffres n’est pas précisé. C’est le cas des sondages qui peuvent être facilement truqués, soit en ne prenant pas la population représentative de la population à sonder, soit tout simplement en publiant sciemment de faux résultats pour répondre aux souhaits de ceux qui les payent. En période électorale ceux-ci peuvent avoir un effet dissuasif ou au contraire porteur et influer significativement sur le vote. Ceci étant, si les chiffres sont à manipuler avec précaution, ils peuvent être terriblement significatifs et imparables, sauf de dire aussitôt qu’ils sont faux. Les politiciens sont souvent empêtrés dans les chiffres, qu’ils ont des difficultés à mémoriser. Ceci les pousse à des erreurs en les citant ou les oblige à les rechercher à la hâte dans leurs notes, ce qui a tendance à montrer qu’ils ne connaissent pas bien leur sujet.

Il en est de même pour eux avec les représentations graphiques qui doivent être très simples pour que le téléspectateur puisse les voir et les comprendre dans une interview ou un duel. Pourtant le graphique et les chiffres peuvent être ravageurs dans l’opinion publique comme le taux de chômage et la « courbe du chômage » qui a un malin plaisir à refuser d’amorcer une descente visible. Une fois compris ceux-ci ne quittent plus la scène politique et oblige nos gouvernants à des contorsions risibles pour en minimiser l’impact ou affirmer que seule l’échelle de temps est prolongée. Le gouvernement vient de subir un mini-remaniement et l’on entend nombre d’exégèses sur le jeu de chaises musicales où seule une personnalité (soit 1) se retrouve le cul par terre, Fleur Pellerin. 19 hommes et 19 femmes, soit 38 au lieu de 34, font mentir la promesse de gouvernements « resserrés », faite par le Président, une de plus non tenue, avec 4 de plus. Ajoutons encore un chiffre, 2 francs-maçons de plus, Baylet et Placé, on s’américanise encore un peu plus. On va bientôt mettre le compas sur nos billets comme aux USA. Mais reconnaissez qu’une représentation graphique renseigne d’un seul coup d’œil et montre qu’en fait rien ne pourra changer dans les quatorze mois qui restent. Nous venons d’assister à la distraction préférée du Président le Bricollande, comme le « contrat de génération », qualifié d’échec par la Cour des Comptes. 

Ce dernier bricolage a peu de chances de faire remonter sa cote de popularité qui redescend plus bas qu’avant les attentats du 13 novembre avec 26% au lieu de 28% d’avis favorables. Vous voyez que les chiffres parlent mieux qu’un long discours sur la politique gouvernementale. Il lui reste le choix entre une nouvelle guerre, en Libye ( ? ), ou un attentat quelques heures après des exercices de sécurité sanitaire parfaitement adaptés à la gestion de celui-ci. On aurait pu penser que l’immigration était un sujet majeur et qu’un ministère ou un secrétariat d’Etat pour le moins aurait été dédié à ce cancer qui pose des problèmes sociétaux que le Ministre de l’Intérieur n’apparaît pas en mesure de résoudre.

Plus de 70.000 clandestins, pour la plupart syriens, sont arrivés sur les côtes grecques depuis janvier. Selon l’OCDE, le nombre de « clandestins-réfugiés » pourrait atteindre 2 millions en 2016. Voilà des chiffres que tout le monde comprend. Le chemin de l’émigration part de l’Afghanistan car tout le Moyen-Orient est en guerre, sauf les Palestiniens abandonnés par la communauté internationale. On met sur le dos de Bachar Al-Assad et des russes le flux de réfugiés fuyant Alep, comme si tout commençait depuis, alors que la coalition, complice de Daech, a semé la terreur et la destruction en Irak et en Syrie, et aide l’Arabie Saoudite à les continuer au Yémen. Selon les données de l'ONG Syrian Centre for Policy Research présentées au journal britannique The Guardian, le conflit syrien a fait quelque 470 000 morts alors que 45% de la population syrienne a été déplacée à cause de lui. Il s’agit d’un génocide occidental avec notre participation. Le nombre de blessés est estimé à 1,9 million alors que l'espérance de vie est descendue à 55,4 ans en 2015, contre 70 ans en 2010. Par ailleurs, les institutions, l'infrastructure et les richesses nationales de la Syrie ont été « presque détruites » par « l'impact catastrophique » du conflit qui dure depuis presque cinq ans. 

Voilà des chiffres qui illustrent dramatiquement le bilan de l’action occidentale à laquelle nous participons et signent un génocide. Peut-on le justifier par les 90 morts du Bataclan dont on ne connait même pas les vrais commanditaires ? Cet attentat est dit « terroriste » mais la vérité sera bien difficile à établir puisque, dorénavant systématiquement, les acteurs sont morts ou disparus dans la nature. La guerre que nous menons en Syrie ne fait qu’augmenter la haine contre notre pays dans le monde musulman et même parmi des français qui se « radicalisent ». Que croyez-vous que pensent les syriens et les irakiens en voyant l’Occident se servir de Daech pour tuer en masse des populations civiles musulmanes ? Peut-on croire qu’en gagnant la guerre en Syrie, que seuls les russes pratiquent clairement, on va éradiquer tout le ressentiment musulman de ces populations et leur envie de venir chez nous pour nous punir ? De leur propre chef ou par manipulation, ils seront de plus en plus nombreux.

Le véritable but de cette vaste opération au Moyen-Orient est l’envahissement de l’Europe et de la Russie avec une saturation de leurs possibilités d’accueil et surtout d’assimilation. La Turquie, membre de l’OTAN, a la main sur le robinet et marchande son action. Pouvons-nous croire un instant que ces clandestins suivront à la lettre les quotas par pays concoctés à Bruxelles ? D’ailleurs en toute logique, vu notre population, si l’arrivée est de 2 millions en 2016, nous devrions accueillir environ 260.000 migrants. La plupart étant de jeunes hommes, c’est de l’ordre de 200.000 « travailleurs » de plus à Pôle Emploi, donc au chômage. Ah non j’oubliais que l’on va « former » 500.000 chômeurs de plus, cela fera 200.000 formations au français toutes trouvées. Mais on n'a pas le droit de cacher au peuple que dans la jungle de Calais il y a 18.000 migrants ! Honte au gouvernement et aux médias mainstream !

 Comme quoi les chiffres donnent rapidement une idée de ce qui nous attend et particulièrement les femmes de ce pays sur lesquels une horde masculine en manque jettera son dévolu comme cela se passe dans de nombreux pays d’Europe. Le travail manque, le chômage augmente, et nous voilà devant un problème d’accueil que les chiffres nous lancent à la figure. Allons-nous les parquer à Calais et à Dunkerque dans des conditions sanitaires et humanitaires honteuses ? Croyez-vous que le renforcement du contrôle aux frontières soit vraiment en place et efficace ? Que fait le gouvernement avec le traité de Schengen ? Rien. Que signifie la surveillance de « l’égalité réelle » pour ce nouveau gouvernement dans cet afflux migratoire ? Qu’on se fout du monde ! 

Les chiffres sont abscons, on les cache et on les falsifie 

Mais les vrais finissent toujours par se faire connaître

Et chiffres et graphiques projettent une image crue 

Sur une réalité que les discours enfument,

Parce que ceux qui les disent 

En ont peur ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon