mercredi 17 février 2016

La Turquie, instrument de la guerre mondiale ?

Il se passe des choses inquiétantes pour ceux qui s’informent un peu plus que la simple écoute des journaux télévisés et qui réfléchissent à la portée des évènements dans un contexte mondial puisqu’on nous serine que nous sommes dans la mondialisation que je préfère nommer « globalisation ». Nos politiques nous disent qu’ils nous dirigent à l’aune de cette vision globale qu’ils dénient au peuple. Celui-ci a droit aux commémorations, aux accidents, aux attentats, au PSG, aux tribunaux surtout quand il y a un homme connu, aux nouveaux noms des ministres, aux promesses sur l’inversion de la courbe du chômage, et aux frappes destructrices que nous menons en Syrie et ailleurs. Pour le reste on s’ingénie à faire comprendre au peuple que l’on fait tout pour son bien et qu’il n’y a pas d’autre alternative. 

C'est ainsi que le peuple est éloigné le plus possible de toute influence sur la politique étrangère depuis le malheureux référendum sur la Constitution Européenne où il n’a rien compris et voté contre son intérêt… ou celui du Système, le NOM pour ne pas le nommer. Donc nous avons fait la guerre en Libye, en Syrie et nous prêtons même notre aide à l’Arabie Saoudite contre le Yémen. Nous sommes en Syrie empêtrés dans un double jeu qui nous est imposé par notre appartenance à l’OTAN donc à la stratégie américaine. Entre les affirmations du gouvernement et les actions sur le terrain, il y a une différence qui confine à la mascarade. En gros on combat (enfin on fait semblant) Daech pour éliminer Bachar Al-Assad et éviter de faire monter la haine de l’oumma contre nous qui est utilisée dans les attentats… comprenne qui veut.


Le premier résultat est l’arrivée massive des migrants sur l’Europe, la destruction des infrastructures et de l’économie syrienne, des millions de réfugiés et des centaines de mille de morts civils et militaires. La Russie a changé la donne en intervenant et en permettant à Bachar Al-Assad non seulement d’éviter la défaite mais d’envisager la reconquête de son pays. Alors intervient un pays majeur, la Turquie. Elle s’avère détenir la clef de l’afflux des migrants sur l’Europe et ne veut pas la disparition de Daech dont elle a fait son allié contre les Kurdes. Elle se trouve de fait en opposition aux russes et à l’armée syrienne. Erdogan rêve d’un califat à Istanbul comme l’Arabie Saoudite à la Mecque. Opposés sur le califat, tous deux poussent pourtant Daech et les mouvements sunnites contre Bachar Al-Assad. L’occasion fait les larrons et une alliance des forces militaires vient néanmoins d’être conclue entre ces deux pays. Des avions arabes sont arrivés en Turquie. Celle-ci veut absolument maintenir un couloir d’échange avec Daech, pétrole contre armement et soutien militaire. 


Inutile de dire que cette intrusion militaire de la Turquie dans un conflit, où les armées des belligérants sont très proches les unes des autres, fait peser un nouveau risque de déclenchement d’un conflit généralisé. La Turquie a déjà descendu un avion russe, elle viole sans vergogne l’espace aérien grec qui ne peut que subir vu son état actuel de dépendance, elle viole, comme nous, l’espace aérien syrien et fait entrer son armée sur le sol syrien sans aucun mandat international. Tout cela se déroule dans un silence assourdissant de l’ONU, donc des Etats-Unis, et de la France, dont le poids diplomatique est réduit à néant. Elle est absente des discussions entre l’Allemagne et la Turquie sur les migrants, et son armée fait en Syrie ce que les USA lui disent de faire. Sa position de double-jeu envers la Russie ne lui permet plus d’être un interlocuteur valable. L’Allemagne joue de plus un jeu personnel avec la Turquie.



Il ressort nettement de cette intervention turque le sentiment d’un nouvel essai de la stratégie américaine. Il s'agit de se servir d’Erdogan comme troublion pouvant pousser la Russie à un faux pas permettant de justifier un conflit plus ample. Le bombardement d’un hôpital du MSF montre d’ailleurs que tout sera mis en œuvre pour une telle issue. On ne voit vraiment pas l’intérêt des russes dans un carnage de ce type, alors qu’ils se sont montrés particulièrement modérés lors des avions russes abattus au-dessus du Sinaï et en Syrie. Il importe aux USA de pas être reconnus comme les instigateurs d’un conflit mondial mais ils y sont prêts tant leur endettement devient inquiétant, tant le dollar est menacé et tant les liquidités de la planche à billet s’avèrent peu efficaces sur l’économie. La guerre de deux mondes est sous-jacente même si elle se déroule encore à fleurets mouchetés. Le monde entier se réarme et l’épée n’est pas astiquée pour rester au fourreau.


 Notre politique étrangère est vraiment désastreuse 

Nous avons toutes les conditions requises

Pour jouer le médiateur de la paix. 

Or nous avons choisi la guerre,

La vassalité et la couardise ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon