mercredi 10 février 2016

Dire que tout va bien quand ça ne va pas bien du tout !

Voilà quelle est la recette miracle qu’applique les gouvernements… parce qu’il ne faut pas créer un état de panique ! La belle excuse. Winston Churchill avait choisi la voie de la vérité en promettant des larmes et du sang. Le peuple londonien en particulier a montré alors une discipline et un courage exemplaires sous les V1 et les V2 allemands. Mais ça c’était un autre temps, celui où rien n’était donné sans effort et où le mot Patrie avait un sens, celui où il n’était pas honteux de ne pas avoir son brevet ou son bac mais fier d’un CAP, celui où on montait les élèves au niveau nécessaire et non celui où l’on abaisse celui-ci au niveau des élèves, celui où l’on développait l’intelligence critique des élèves en même temps que les connaissances sans avoir besoin d’une discipline particulière de détection des complots et des fausses nouvelles, celui où l’on allait faire la guerre pour défendre ses territoires contre l’hégémonie prédatrice et non pour aller semer la mort chez les autres, celui où la fierté était dans les actes réussis et non dans les paroles éphémères et mensongères.

Notre gouvernement restera dans l’histoire comme celui d’un quinquennat raté où la communication a remplacé l’action… sauf pour faire la guerre. C’est celui où, non seulement les promesses ne sont pas tenues, mais où l’enfumage du peuple a atteint le niveau de la propagande en temps de guerre. On va au Mali, pour rétablir la démocratie et l’ordre… Rien n’est réglé et pire on sait que nous ne n’y sommes allés que pour sauvegarder nos propres intérêts. On envoie Fabius à Téhéran pour être sans concession sur le traité de non-prolifération, Il reste coi devant la signature imposée par Washington. On remue l’État-major pour être les premiers dans une opération éclair en Syrie pour tuer Bachar Al-Assad, Obama arrête tout. On va à Kiev pour avaliser un coup d’État et « libérer un peuple opprimé », la partie russophone de l’Ukraine demande son autonomie et devant le refus entre en guerre civile. L’Ukraine est au bord de l’asphyxie financière et le peuple crie famine. Plus vassal qu’Hollande tu meurs, c’est la mascarade de quatre ans de guerre contre Daech aux côtés des États-Unis, d’Israël, du Qatar et de l’Arabie Saoudite, ces deux derniers étant le symbole des droits de l’homme et de la femme. Le résultat est là l’Irak et la Syrie sont à feu et à sang, un flot énorme de réfugiés, poussés dehors par la guerre et aidés à partir, arrive sur l’Europe. La Turquie demande des sous et l’entrée dans l’UE… sinon elle ouvre les vannes. Le bilan de notre politique étrangère est tout simplement catastrophique et le refus de la main tendue russe nous éloigne de la véritable Europe de Lisbonne à Vladivostok, un continent que les USA ont tout fait pour empêcher de naître. 

J’entends sur BFM WC l’économiste de service ne cesser de prévoir un avenir radieux comme Michel Sapin pour la croissance de 1,5% en 2016, quand il a relayé les promesses d’inversion de la courbe du chômage de son Président depuis 2013. Le déficit du commerce extérieur est toujours déficitaire et l’embellie de 2015 n’est due qu’à une baisse de la facture énergétique, liée au prix du baril de pétrole, de 14,6 Mds€, sinon le déficit serait de 60,3Mds€ et supérieur à celui de 2014. Depuis la fin avril 2015, la bourse dévisse par soubresauts mais depuis fin novembre la baisse s’accélère. Selon Reuters « Les quatre premières économies européennes ont subi en décembre une baisse plus sévère que prévu de leur production industrielle, un nouveau signe d'inquiétude pour l'économie mondiale qui peine à maintenir son rythme de croissance. Après la baisse inattendue annoncée en Allemagne mardi, la France, le Royaume-Uni et l'Italie ont à leur tour fait état mercredi d'une production industrielle en berne, suscitant des interrogations sur l'ampleur de la reprise sur le Vieux Continent en 2016. » La production industrielle française a baissé de 1,6% en décembre sous l'impact d'une nouvelle baisse de la production d'énergie mais aussi de reculs importants dans l'automobile ou les équipements électriques et électroniques. La baisse des importations des pays émergents, les difficultés économiques russes, la baisse de la croissance chinoise, la croissance insuffisante des Etats-Unis, les hésitations de la Fed devant l’inefficacité des QE (planche à billets) sur l’économie américaine, sont autant de facteurs qui amènent des inquiétudes sur la croissance française en 2016.

Tout tient dans le discours enjôleur de la presse aux ordres et dans le mutisme ou le mensonge des gouvernants. Mais les problèmes économiques, comme ceux dramatiques des agriculteurs, la compétitivité insuffisante, les lourdeurs administratives, le manque de flexibilité du marché du travail, la fiscalisation trop lourde et le manque de réformes structurelles sont autant de boulets qui plombent nos exportations et notre consommation intérieure. Notre taux de chômage n’est pas compatible avec une paix sociale et les petites entreprises sont plus dans la disparition que dans l’embauche. Les quelques succès, comme un petit redémarrage de la construction dû à la faiblesse des taux d’emprunt, ne peuvent cacher un « encalminage » de notre pays. Amuser la galerie est une des recettes qui fait croire que le gouvernement est à la tâche. Agiter la Constitution, faire des apatrides, pérenniser l’état d’urgence, trouver une nouvelle idée pour détourner l’enseignement de ses missions de base (théorie du genre, « décomplotisme », nouvel orthographe, etc.), sont autant de jouets qui occupent les médias, écornent les libertés au passage et jettent une fumée salutaire sur les vraies difficultés… que l’on ne sait pas (ou que l’on ne veut pas) résoudre. 

Le peuple est en train d’ouvrir les yeux sur nos calamiteux,

Ceux qui nous gouvernent depuis quarante ans, 

L’œil rivé sur leur avenir politique,

La main sur l’argent à prendre, 

Larbins dévoyés d’un État

Qui vend son âme ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon