mardi 27 octobre 2015

Le ciel socio-économique français s’éclaircit-il ?



Le chômage a baissé de 0,7% en septembre et un climat de confiance semble se dégager dans l’esprit des entrepreneurs. Le ciel socio-économique s’éclaircit-il vraiment ? D’abord la baisse est celle des demandeurs de la catégorie A, donc celle qui correspond aux personnes sans aucune activité. Il ne s’agit pas et loin de là de l’ensemble des personnes qui ne sont pas employées à plein temps, ni de celles qui sont sans activité et non suivies par Pôle emploi. On nous annonce 23.800 demandeurs d’emplois en moins soit -0,7% dans la catégorie A et les chroniqueurs économiques prennent les chiffres sans les approfondir saluent déjà la stabilisation du chômage. Regardons donc l’ensemble de la catégorie des demandeurs qui sont sans emploi ou à temps partiel, soit les catégories A,B,C. On trouve un chiffre de 5.422.700 demandeurs inscrits, à comparer avec le même chiffre en août de 5.420.900. En réalité le nombre de demandeurs d’emploi, qui ne sont pas malades, en stage ou dans des contrats aidés, soit les catégorie D,E, a augmenté de 1.800 demandeurs en 1 mois. Il faut donc prendre les chiffres de décroissance avec les plus grandes précautions.

Qu’en est-il des radiations ? Il y a eu 305.800 radiations administratives ou punitives autres que les stages parkings, arrêts maladies, retraites, décès, soit 1.000 de plus qu’en août. En ce qui concerne les reprises d’emploi on observe un très léger mieux avec 95.200 reprises soit 300 de mieux ou 0,3%. On nous annonce une baisse du pourcentage de jeunes demandeurs d’emploi, ce qui est évidemment normal au mois de septembre avec les fins de scolarité. A contrario les demandeurs d’emploi longue durée (2 à 3 ans) continuent à augmenter ainsi que ceux de plus de 50 ans. Si l’on regarde le nombre total de demandeurs, Dom-Tom compris, on atteint le chiffre de 6.447.000 demandeurs soit 5.100 de moins ou – 0,08% ! Alors il n’y a pas encore de quoi se réjouir et nos commentateurs feraient bien d’attendre un peu avant d’en tirer des conclusions. On peut aussi noter que le pourcentage de radiations augmente avec 63,8% des sorties des fichiers contre 62,5% le mois dernier. Il reste néanmoins 469.663 emplois vacants recensés dont 150.000 provenant de Pôle Emploi… Cet organisme est-il vraiment utile pour faire coïncider la recherche et l’offre d’emploi ? « Wait and see » diraient les américains qui tripotent à qui mieux mieux leurs statistiques du chômage. 

Si la reprise économique ne peut se traduire immédiatement dans la baisse du chômage, il faut encore qu’elle soit suffisante et perdure. Or, malgré des conditions conjoncturelles, monétaires, financières particulièrement favorables, la croissance reste faible et la France fait moins bien que la moyenne des pays de l’UE et en particulier que ses voisins, allemands, italiens et espagnols. Notre politique est donc moins efficace et nous prenons du retard. L’économie de l’UE est arrosée par un plan d’injection de monnaie sans précédent dans les banques privées. L’ouverture plus grande du crédit est sans doute un coup de pouce à l‘économie européenne, ce en quoi la croissance est artificielle et donc fragile. C’est surtout la spéculation qui se trouve alimentée.

Par ailleurs les instances mondiales, comme le FMI, qui surveillent la croissance de l’économie mondiale tirent le signal d’alarme d’une possible entrée en récession. L’économie chinoise ralentit sensiblement et les chiffres annoncés sont aussi truqués et depuis 2009 la banque chinoise a déversé d’énormes liquidités dans l’économie, ce qui la rend pour une part artificielle. La croissance à deux chiffres n’existe plus depuis les jeux olympiques. Les observateurs avancent une croissance qui serait en-dessous de 3% à partir de plusieurs données économiques factuelles comme la consommation électrique. 75% des producteurs de charbon sont menacés de faillite. Or c’est l’économie chinoise qui était le principal moteur de l’économie mondiale avec les États-Unis. Ceux-ci creusent leur dette et le Congrès est prié de voter une rallonge qui porterait la dette à 350% du PIB. On voit que la croissance américaine se finance aussi par un accroissement de la dette. Le ralentissement de la croissance se repère aussi dans tous les pays émergents. Le Canada et le Brésil sont en récession. La croissance allemande diminue et ne repose plus que sur l’immobilier. Par ailleurs il apparaît que dans le monde bancaire une bulle grossit au point de menacer créer une grande crise bancaire. La planche à billets tourne si vite dans tous les plus grands pays du monde dont la monnaie est une monnaie de réserve que tout peut arriver si la confiance s’effiloche. 

Le ciel économique français dépend de la qualité de la politique de notre gouvernement, de la croissance européenne et mondiale et du taux de change de l’euro. On constate que notre politique est relativement moins performante que la moyenne des pays européens. Par ailleurs la croissance mondiale est menacée de récession et l’explosion de la dette mondiale rend l’avenir très incertain. Elle devient non remboursable. En conséquence représenter l’avenir comme devant nous amener une croissance supérieure est une supercherie, un enfumage à but électoral. L’avenir est plus qu’incertain et une crise bancaire est une probabilité non négligeable nous entraînant dans une crise mondiale d’une ampleur sans précédent. 

Une hirondelle ne fait pas le printemps 

Surtout quand on n’est pas sorti

D’un hiver encore rigoureux ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon