mercredi 28 octobre 2015

La prochaine proie américaine : l’Algérie



L’arrivée officielle des russes au côté de Bachar al-Assad en Syrie, arrivée accompagnée des iraniens, des chinois et approuvée par les BRICS dans leur ensemble, a fait tomber les masques comme je l’ai dit dès le départ. Deux coalitions sont désormais face à face et Poutine devient l’empêcheur de tourner en rond du Nouvel Ordre Mondial. L’exclusion de la Russie, par l’UE aux ordres américains, d’accords possibles de partenariat a suscité une volte-face de la politique étrangère de ce pays. Pour des raisons historiques, civilisationnelles, culturelles et cultuelles, la grande Russie des tsars, la Russie blanche de gouvernement, se sentait européenne. Poutine s’est naturellement réintroduit dans cette politique nationaliste à priori ouverte sur l’Europe après la chute de l’URSS. Mais devant la porte fermée par l’euro-atlantisme sur une Europe, chasse gardée américaine, la Russie s’est tournée vers la Chine, son ennemi d’hier. Poutine a compris que l’avenir était dans une Eurasie qui ne pouvait se bâtir que d’Est en Ouest.

Cette Eurasie jouxte l’Afrique et cet ensemble de trois continents pourrait être le nouveau moteur du monde. Cette vue lointaine, sûrement très lointaine, devait commencer à se construire. Pour se faire il fallait, lutter contre l’hégémonie américaine qui s’appuie sur le raisonnement inverse, accaparer l’Europe et l’Afrique pour circonvenir avec le Japon et quelques pays du sud-est asiatique, la puissance militaire russo-chinoise, seule capable de contester la puissance de feu américaine, militaire et monétaire. Le forcing fait pour obtenir la signature des traités de libre-échange, celui transpacifique TPP désormais signé, et le transatlantique TAFTA pour lequel les USA s’impatientent et ourdissent dans le secret. On remarquera qu’il s’agit de traverser des océans, ce que n’ont nul besoin de faire européens, asiatiques et africains. Ces deux traités sont les deux bras économiques et monétaires de l’hégémonie américaine que permet d’obtenir une force militaire incontestée depuis la chute du mur de Berlin. 

La donne vient brusquement de changer. Sur le plan économique, monétaire et militaire, les BRICS sur l’axe russo-chinois, viennent de montrer que la peur ne les habitait plus. Même la Russie vient de montrer une supériorité incontestable dans la guerre électronique, jusqu’à faire reculer le symbole de la puissance américaine, le porte-avion Franklin Roosevelt dans le Golfe Persique arrivé le week-end dernier à la base navale de Changi à Singapour. Le semblant de guerre contre Daesh de la coalition américaine éclate au grand jour. La Turquie apparait bien jouant un double jeu lui permettant de combattre les kurdes. Israël est reconnu comme un acteur favorisant l’EI et toutes les factions anti-Bachar avec l’Arabie Saoudite. En quelques semaines la Russie a fait plus que la coalition en quatre ans. L’armée syrienne reconquiert ses territoires petit à petit. Toute la guerre précédente n’était qu’une mascarade où jouaient essentiellement trois acteurs coalisés avec des objectifs différents.

L’alliance fondamentale entre les États-Unis et Israël a pour but l’hégémonie mondiale et la survie d’Israël, objectifs complémentaires puisque c’est la puissance financière juive qui est derrière les USA. Elle cherche le chaos au Moyen-Orient et la chute de Bachar al-Assad, allié de la Russie, du Hezbollah et de l’Iran. L’Arabie Saoudite et les sunnites du golfe veulent un califat sunnite éliminant les chiites et contrôlant toutes les ressources pétrolières. Enfin la Turquie qui veut empêcher la création d’un Etat kurde à cheval sur la Syrie et redevenir le pays guide de l’Islam en reconstituant une puissance ottomane régnant sur le Moyen-Orient et s’élargissant sur l’Europe. Ce n’est qu’un remake de l’histoire que veut recréer Erdogan qui vient récemment de se proclamer le défenseur des musulmans maltraités en Europe. 

Si la situation est dangereuse pour la paix au Moyen-Orient, c’est à cause d’Israël qui a le sentiment de jouer sa survie et est prêt dans ce cas à déclencher une troisième guerre mondiale, comme l’a dit Sharon, car Israël c’est les États-Unis. Ces derniers n’ont plus l’appétit du pétrole avec leur gaz de schiste auto-suffisant et l’encerclement de la Russie peut se suffire de l’Ukraine, de la Turquie et des républiques musulmanes de l’ex-URSS. Trouvant une opposition musclée sur le théâtre irako-syrien, les USA se concentrent sur l’encerclement de la Chine et sur l’Afrique qui est une proie facile sauf… devant des régimes forts soutenus par leur population et non encore mis dans le giron américain. Ils ne sont pas nombreux et un d’entre eux est particulièrement gênant car il résiste aux tentatives de déstabilisation  fourbie avec les printemps arabes, c’est l’Algérie.

Maintenant le fruit parait mûr. Son Président est malade et vieux. Des guerres de succession sont engagées. C’est le moment d’introduire le chaos par les méthodes habituelles, le soutien à tous ceux qui vont s’opposer à celui qui serait plébiscité par une part importante de la population, et surtout par une guerre religieuse où excellent les Frères musulmans mis sous l’éteignoir actuellement. La stratégie américaine se focalise donc sur ce pays et s’amplifie. Les États-Unis viennent de franchir un nouveau pas dans le renforcement de leur présence au Maghreb en offrant à la Tunisie le statut d'«allié majeur non-membre de l'Otan», lors de de la visite du président tunisien Béji Caïd Essebsi à Washington les 20 et 21 Mai derniers. Ce statut est considéré par les spécialistes comme le plus élevé rarement accordé par les États-Unis et réservé jusque-là à une quinzaine d’alliés, dont le Japon, l’Australie, l’Afghanistan ou encore l’Égypte, Bahreïn et le Maroc. Au terme de cet accord, la Tunisie aura accès à une coopération militaire renforcée avec les États-Unis. 

Il apparait désormais clair que les forces militaires atlantistes (étasuniennes et françaises) sont en train de circonscrire le pays. Que ce soit en Tunisie, au Nord Mali ou au Niger, et qu’elles soient françaises ou américaines, les installations militaires se multiplient dans la région, ce qui n’est pas sans inquiéter Alger. Ceci valide les propos du ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, en mars 2014, qui confirmait la présence de parties étrangères voulant mettre l’Algérie à feu et à sang à travers l’avènement d’un "printemps algérien". Nul doute que le Nouvel Ordre Mondial euro-atlantiste a pris l’Algérie pour cible. Là encore la politique étrangère française risque de se ridiculiser en apportant son aide de déstabilisation pour offrir un pays de plus à la rapacité des puissances de l’argent américano-juives en perdant une fois de plus sa dignité.

La Cabale est prête à tout et les propos de Zbigniew Brzeziński, artisan majeur de la politique étrangère de Washington et d’Ariel Sharon sont clairs et sans ambiguïté. La frontière est de plus en plus ténue entre un affrontement mondial par les armes et un rééquilibrage du monde dont une partie de plus en plus importante rejette le monde unipolaire que souhaitent créer et dominer les Etats-Unis aux mains des puissances de l’argent. Souhaitons que le tsar russe sache trouver un nouvel équilibre mondial sans renverser la table. Que ce soit la lutte contre la corruption en Russie ou contre les prédateurs américains, c’est toujours d’argent qui est en cause et même les religions n’y échappent pas. L’Etat Vatican n’existerait pas sans lui et l’Etat Islamique non plus. Soyons lucides, nous n’en serons que meilleurs. Il n’y a pas que les continents qui vont à la dérive. 

Les stratégies évoluent avec le retour spectaculaire de la Russie

Celle de la France et de l’UE s’enferre dans l’OTAN 

Abandonnant toute idée de rébellion

A moins que les peuples excédés 

Renvoient leurs dirigeants ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon