vendredi 16 octobre 2015

Dissidence : un devoir pour sortir de l’esclavage



Philippe De Villiers vient de sortir un livre politique projetant à la face du lecteur toutes les turpitudes de la politique et de la géopolitique. Invité par de nombreux médias, il fait part de son expérience dans sa vie politique qu’il veut désormais regarder de haut en sortant de cette « mare aux crocodiles » où les ambitions génèrent la haine même entre amis. Pour ceux qui n’ont pas encore acheté le livre je vous livre l’adresse de son interview à Radio Courtoisie le 9 octobre qui me paraît être très représentatf de ses pensées.


La hauteur de vues de cet homme nous change des discours calamiteux de nos politiques en campagne qui cherchent plus à disqualifier les adversaires qu’à proposer un axe politique clair tant sur le plan de la politique étrangère, qu’économique et sociétale. Il fait partie de ces lanceurs d’alerte qui sont si précurseurs dans leur vision de l’avenir qu’ils ne sont pas entendus tant la pression politique et médiatique rend sourd et aveugle la plus grande partie du peuple. Le succès de ce livre en librairie montre que les yeux s’ouvrent, inquiets tout-à-coup de la tournure des évènements. Le peuple commence à craindre pour sa vie, sa liberté de penser et de s’exprimer, sa survie économique. Tout arrive en même temps, la guerre n’est plus loin de Paris tant sur le plan extérieur qu’un intérieur. La fragilité de tout le système bancaire, menacé d’une crise systémique, a rejoint celle des Etats qui s’endettent sans être en mesure de juguler une nouvelle crise.

La société perd successivement des repères de valeur sans en créer d’autres. Les avancées sociétales, qui ont été saluées en leur temps comme l’avortement, révèlent leurs faiblesses. Ce dernier par exemple, qui devait apporter une solution à la détresse d’une femme incapable d’assumer la naissance d’un enfant devient une machine à tuer que l’on ne sait plus maîtriser et les 200.000 avortements par an représentent le nombre d’immigrés recensés dans la même durée. De la fille-mère d’autrefois, rejetée par sa famille alors qu’elle était encore adolescente et qui n’avait pas accès aux nouveaux moyens de contraception, on passe à un avortement de « confort » qui permet de décider à postériori de la vie d’un être sans que cela ait une autre impérative raison mettant en danger la vie de la mère, de l’enfant où la possibilité de l’élever en dehors de la misère.

On pourrait parler du « Mariage pour tous » qui s’avère un gâchis inutile de la démocratie. Des millions de gens se sont opposés à cette loi car elle rendait la notion de couple homme-femme non fondatrice de l’existence même de l’humanité. La banalisation du mariage à un groupe de deux personnes de sexe indifférencié peut d’ailleurs facilement être étendu à plus de deux. Il ne faut pas aller plus loin que les lois de la charia pour voir que ceci peut devenir une revendication légitime dans un pays où le pourcentage de musulmans croît chaque jour. De plus la demande de la grande majorité des couples homosexuels se bornait à pouvoir bénéficier de droits de succession, disposition que l’on pouvait très bien prendre dans le cadre du PACS. De l’acceptation de différents comportements sexuels on est passé à une promotion médiatique de l’homosexualité. Nous vivons une époque folle d’exagération qui pousse notre société à une perte de repères qui est le signe de sa décadence. En toutes choses la modération est nécessaire si l’on ne veut pas tomber dans la folie, folie du matérialisme, folie du rejet de toutes contraintes, folie de renier tout ce qui n’est pas une nouveauté, laquelle est considérée à priori comme une avancée de notre civilisation.

On peut aussi parler de ce qui se passe dans l’Education Nationale depuis mai 1968. A une nécessaire évolution du rapport maître-élève et une adaptation des programmes, on a brutalement fait évoluer les choses par une dégradation de l’autorité des enseignants et une incessante modification des programmes et des manières d’enseigner. Ce processus s’accélère comme une fuite en avant. L’école laïque pour tous s’affaiblit devant ses piètres résultats comparativement aux autres pays. La critique parentale s’accentue et le pouvoir des enseignants diminue au fur et à mesure des changements trop rapides et mal assumés. L’école laïque devient donc plus vulnérable et la laïcité elle-même n’est plus en mesure de résister à la pression d’une religion conquérante. D’une école intransigeante sur ce point, ce qui garantissait à chaque enfant le fait de pouvoir décider ensuite de sa spiritualité, nous passons à une école d’accommodements avec la religion. Ces accommodements touchent tout aussi bien à la vie à l’école, comportement alimentaire et vestimentaire par exemple, que les programmes eux-mêmes. Ceux-ci ne s’adaptent pas seulement à l’empilement des connaissances scientifiques ou à l’élargissement du temps de l’histoire, mais aux croyances des élèves.

De plus en plus d’entre nous constatent que la voix de notre pays n’est plus que l’écho de la voix allemande ou états-unienne. Varoufakis nous a informé que Hollande avait été particulièrement absent dans l’épisode Tsipras de la crise grecque. Après beaucoup de déclarations fermes de Fabius, nous avons suivi Obama dans le traité avec l’Iran. Nous avons écouté Washington pour refuser la livraison des Mistral à la Russie. Alors que le Royaume-Uni et l’Allemagne sont prudemment en retrait sur la guerre Irak-Syrie, nous suivons la politique américaine. Bruxelles décide de notre destin et notre budget ne peut plus être voté sans son assentiment. L’Allemagne submergée impose des quotas d’immigrés et nous suivons. Elle demande de laisser les frontières ouvertes en Hongrie, Serbie, etc. nous acquiesçons.

Il est temps d’entrer en dissidence comme le dit Philippe de Villiers avant que la situation soit irréversible et qu’une autre population ou un Nouvel Ordre Mondial ne prennent le pouvoir et nous transforment en dhimmis ou en esclaves. Il est symptomatique de voir que la contestation du pouvoir prend des allures de confrontation physique comme les injures et jets de projectiles contre Hollande, Valls, Macron et Taubira. Le peuple sent qu’il n’est plus entendu et l’incident d’Air France s’étend aux entreprises à participation de l’État. Il ose défier les représentants de cet État-croupion et la manifestation exceptionnelle des policiers sous le balcon de Taubira est significative car elle est celle des serviteurs de l’État chargés aussi de sa propre protection. Il n’est pas jusqu’à l’armée où des généraux s’expriment contre lui et où des envies de coup d’État se font jour chez certains officiers supérieurs. Enlever ses enfants de l’enseignement public et ne pas payer ses impôts peut être une dissidence collective passive, comme celui de retirer en masse son argent des banques. La vraie dissidence est celle de ceux qui oseront en porter le drapeau et franchiront les barrières de la bien-pensance ouvertement et en le criant haut et fort. Ceux-là seront prêts à aller en prison et derrière eux nous sortirons de la période des ténèbres où nous sommes entraînés. 

Le suffrage universel et la démocratie sont détournés

Le peuple est bafoué, enfumé et manipulé.

Tous ses repères étant un à un effacés

Il plonge dans les jeux du cirque. 

Mais si la conscience revient

Alors la dissidence naîtra ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon