vendredi 12 juin 2015

Le désastre est évitable, mais le temps presse (suite)



Le précédent article a listé les principales menaces qui pèsent sur nous français mais aussi sur d’autres nations européennes. Si nous n’avons pas encore connu l’austérité espagnole, portugaise, italienne, grecque, et même britannique, ceci n’est dû qu’à notre répulsion pour tout ce qui est attaché à la bonne vie à la française entre nourriture et vacances. Pourtant insensiblement la pauvreté progresse, les achats se concentrent plus sur les besoins vitaux et les vacances se raccourcissent en temps et en éloignement. Mais nous sommes sans doute le peuple qui, dans son ensemble, ne mesure pas encore l’ampleur des dangers qui nous menacent et celui qui va devoir désormais faire le plus d’efforts pour s’en sortir. Les facteurs extérieurs, hors prix du pétrole, ne sont plus aussi favorables sur l’euro et les taux d’emprunt. Le bilan de 2015 risque d’être plus alarmant que prévu au regard du contexte économique mondial. D’ailleurs les dépenses du 1er trimestre ont déjà dépassé les prévisions, le chômage augmente et les entreprises continuent à disparaître. La faible croissance ne tient qu’à un fil dans un monde économique qui ralentit. Le temps presse donc si nous ne voulons pas commencer un scénario à la grecque déjà amorcé avec les ventes de notre patrimoine.

Que faire ? Le bon sens veut qu’il vaille mieux traiter les causes que les effets. La monnaie et l’immigration massive sont typiques de ce type de raisonnement où les effets, à traiter dans l’urgence, font oublier de traiter les causes. Le gouvernement déverse de l’argent sur les entreprises, permettant des effets d’aubaine, mais les résultats obtenus sont maigres par rapport à l’argent engagé. D’ailleurs au passage, la cessation de ces aides tous azimuts pourrait plus efficacement être remplacée par une pression fiscale moindre sur les entreprises où les faibles marges empêchent l’investissement. Mais l’euro est directement en cause. L’euro est l’euromark et profite essentiellement à l’Allemagne mais pas forcément aux allemands qui commencent à regimber. La balance du commerce extérieur est un juge de paix impitoyable. Elle est négative chez nous de 60 milliards et positive chez eux de plus de 200 milliards en gros depuis plusieurs années.

Sortir de l'euro

Garder l’euro, c’est se condamner à voir mourir de nouvelles entreprises. Seules les multinationales et quelques entreprises fortement exportatrices en font profit et le défendent mordicus. La sortie de l’euro est de plus en plus une évidence que rejette la pensée unique qui l’a mise au berceau de l’UE. Il leur faut avouer aujourd’hui leur erreur, tout le problème est là. L’eurofranc est surévalué par rapport à l’euromark. Nos « mesurettes » n’y peuvent rien. Il faut, soit revenir au franc, soit à une monnaie commerciale commune et non plus unique, qui peut être basée sur un panier de monnaies européennes et permettre des fluctuations de celles-ci entre elles. Le scénario du catastrophisme de l’euro ne survit que parce que le débat sur ce point est rejeté avec mépris. C’est un scénario possible, demandant doigté et professionnalisme dans la réalisation, mais non catastrophique, permettant de relancer notre économie dès 2017. De nombreux économistes en ont étudié le scénario comme les milieux bancaires qui sont de plus convaincus que cela arrivera.

La deuxième menace est une immigration de peuplement que notre pays ne pourrait « absorber » au plein sens du terme. Cette menace est de deux ordres, le surnombre et l’introduction d’une civilisation différente et difficilement intégrable. Les émigrations passées ne se sont heurtées qu’au problème du nombre qui a fait passer des emplois des autochtones vers des immigrés mais la France avait encore du travail à proposer. Des crispations ont existé mais ces immigrations se sont rapidement intégrées et les polonais, les espagnols ont rapidement donné des noms français à leurs enfants et les ont poussés vers l’acquisition des connaissances à l’école et vers l’apprentissage sans grand impact sur le mode de vie des français. L’immigration actuelle s’attaque en même temps au surnombre et à la difficulté d’assimilation, et ceci dans une période de chômage devenue endémique. Si certaines immigrations asiatiques se font relativement facilement car l’adoption de notre civilisation n’est pas un frein à leur assimilation, il n’en est pas de même pour la plus grosse part de l’immigration qui amène une civilisation différente de la nôtre. Ses conceptions de la vie en commun, des rapports avec les femmes, des règles alimentaires et vestimentaires, etc. sont différentes. De plus sa fécondité est nettement supérieure à celle des assimilés et le nombre de musulmans croît avec les mosquées et les églises qui se vident. 

L’Islam est très divers, il n’y a pas un Islam mais des Islams et l’opposition actuelle entre sunnites, djihadistes et chiites en est une illustration. Mais il n’y a pas un « Islam de France » mais un « Islam en France » essentiellement sunnite. Ceci veut dire que l’assimilation au sens de l’abandon des fondements de cette religion ne peut être envisagé qu’à la marge et pour un nombre restreint d’individus. Cette tâche est rendue d’autant plus difficile que nous n’avons pas de travail à proposer aux jeunes non qualifiés. Ces jeunes ont peu pratiqué l’école et avec des difficultés supplémentaires dues aux conditions de logement et aux préceptes inculqués par leur famille et les émissions arabes. Pour beaucoup d’entre eux l’assimilation signifie rupture avec la famille pour laquelle la laïcité se heurte à la religion en leur interdisant certaines pratiques.Que pouvons-nous faire ?

Cesser les guerres d'ingérence
 
La première chose est d’en revenir aux causes. Parlons d’abord du flux d’entrée. On émigre pour deux raisons de base, la peur et la faim. On émigre pour sauver sa peau ou pour une vie meilleure. Plus l’on crée la peur dans un pays, plus les gens fuient. Plus on donne de bonnes conditions d’accueil, plus on attire vers soi. Il faut donc cesser d’ajouter, à la peur générée par des guerres fratricides, celle de nos armes au nom de la démocratie, des droits de l’homme ou du droit d’ingérence tout court. L’exemple de la Libye en est dramatiquement révélateur. L’exécution de Kadhafi fut l’une des pires décisions politiques. Mais nous recommençons contre la Syrie et dans un combat entre djihadistes, sunnites et chiites. Nous attirons vers nous la haine alors que le combat est d’abord intra-islamique et nous faisons fuir vers nous des centaines de milliers d’êtres humains. Ces combats ne sont pas les nôtres. Ils concernent l’Islam d’abord, l’hégémonie américaine ensuite, et la Turquie contre les Kurdes et accessoirement contre la Syrie. La première chose à faire est de se retirer des interventions extérieures génératrices d’émigration et d’œuvrer pour que les autres pays en fassent autant. Dans cette partie du monde la Russie peut être un partenaire efficace. 

Cet aspect de nos relations internationales mérite un développement dans le prochain article car il y va de notre sécurité dans un monde de tous les dangers y compris le plus grave, la guerre totale. Le problème de l’immigration et des solutions à apporter sera également poursuivi. 

Une grande politique pour la France demande d’en définir le cap 

La France se doit d’être souveraine, une et indivisible.

Aucun autre pays ne peut s’y substituer 

Sans le faire pour son propre intérêt

Même si ce n’est pas le nôtre ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon