jeudi 11 juin 2015

Le désastre est évitable, mais le temps presse



Le gouvernement essaie désespérément de valider la promesse de François Hollande sur l’inversion de la courbe du chômage pour avril 2016, date importante pour la campagne aux présidentielles 2017. Le mois de juin a été une date importante dans l’histoire de la France et de l’Europe. L’appel du Général de Gaulle à la résistance est une date qui a tourné une page de notre histoire mais c’est aussi un 18 juin que Napoléon perdait la bataille de Waterloo. C’est une date historique dont toute l’Europe va commémorer le deux-centième anniversaire… sauf la France qui y a laissé cinquante-mille morts en une seule journée. Une France nouvelle y est née, et les morts ne sont pas morts pour rien. En aurions-nous honte pour n’en jamais parler ? Sommes-nous toujours dans cette culpabilisation mortifère ?

Les « mesurettes » qui vont être finalement votées, peut-être au forceps du 49.3, signent un Waterloo d’un Président désavoué par 80% des français. Celui-ci a misé sur un retour de la croissance grâce au un nouveau départ de l’économie mondiale et européenne. Il sent désormais que rien n’est moins sûr. Il voit que ce n’est pas Grouchy mais Blücher qui se profile à l’horizon, alors il fait donner la Garde comme son illustre prédécesseur. Il a oublié cette formule lapidaire mais de bon sens, « Aides-toi, le ciel t’aidera ». Il a gommé la première partie de la phrase et le ciel s’assombrit. Les statistiques faussées du chômage aux Etats-Unis, par une manipulation de ce que nous nommons en France les « autoentrepreneurs », masquent une réalité de stagnation et d’appauvrissement. Aux États-Unis, comme en Europe et de façon générale dans le monde occidental, nous assistons à la paupérisation massive des populations. La raison en est assez simple. Nous avons voulu faire rentrer dans l’économie mondiale des pays à « bas coûts ». Ce qui devait arriver arriva. Nous assistons et nous subissons un immense mouvement d’ajustement économique, et ce n’est pas tant l’Asie qui monte que nous qui descendons. 

C’est un virage à 180 degrés que doit faire la politique française, il est malheureusement si brutal et si différent de la pensée unique, que seul un évènement majeur interne ou externe à la France peut lui donner une chance d’être pris. Ceci n’est désormais plus improbable, car des signes précurseurs de grands bouleversements se font jour progressivement. Les Etats se trouvant en difficulté peuvent désormais ponctionner notre épargne à hauteur de 100.000 euros. Ceci est décidé à Bruxelles et avait été expérimenté à Chypre. La monnaie fiduciaire papier est sur le point de disparaître avec l’obligation pour les commerçants d’accepter la carte bancaire. Le pas suivant sera la suppression du billet et des pièces… sous prétexte d’économies. Nous serons alors complètement dépendants de notre banque pour l’épargne et l’assurance-vie entre autres. Vous noterez que les sommes pouvant être retirées aux bornes bancaires diminuent et que les grosses sommes à retirer au guichet demande des jours d’attente.

La dette abyssale des Etats-Unis ne conduit pas ce pays vers une amélioration sensible de son économie et de son chômage dont les chiffres sont volontairement faussés. La mise sur le marché spéculatif de liquidités continue avec la banque du Japon et la BCE vient de s’y mettre à raison de 60 milliards par mois. Le rachat d’obligations souveraines bat son plein. 30% des obligations françaises sont achetées par la Banque du Japon. Une bulle obligataire ne cesse de grossir et on sait ce qu’il advient des bulles et celle-là se plus dévastatrice que les surprime de 2008. Mais la guerre économique et monétaire en cours avec l’arrivée en force du yuan qui va finir par déstabiliser l’euro puis le dollar, menace directement l’hégémonie américaine. Une façon de s’en sortir pour les USA est la guerre véritable contre un ennemi que l’on ne cesse de façonner avec la Russie et la Chine derrière. Après l’Ukraine, la mer de Chine est dans le viseur et les menaces physiques se précisent.
 
L’ampleur des menaces n’a jamais été si importante depuis la guerre froide, et les angles d’attaque de ces menaces ne cessent de se multiplier. Ce bref exposé d’une situation particulièrement dangereuse a pour but de montrer que les actions politiques, au sens large, qui doivent être prises ne peuvent qu’être de première importance et prises rapidement. Le système monétaire mondial est à bout de souffle et nous n’avons plus la maîtrise de notre monnaie. La mondialisation met la plupart de nos pays européens devant une concurrence impitoyable des pays à bas coûts de main-d’œuvre, de taxes sociales et environnementales. L’émigration de l’Afrique et du Moyen-Orient submerge l’Espagne, la Grèce et l’Italie. Le chaos que nous y avons mis en est la source. La Grèce est virtuellement en faillite. Nous ne savons plus gérer les immigrés sur notre sol qu’ils veuillent rester ou aller ailleurs. L’UE est une passoire où chacun rêve, sans toujours l’avouer, du rétablissement du contrôle aux frontières. 

C’est donc sur le constat d’une faillite de l’Europe actuelle, sur la guerre hégémonique des USA  et de leur connivence avec l’Allemagne, et sur le danger d’un flux migratoire sans précédent vers l’Europe, qu’une nouvelle politique devrait être bâtie. Ce sera le sujet du prochain article. La politique actuelle est celle de l’autruche, celle du refus de dire la vérité et de reconnaître ses responsabilités actuelles au lieu de s’ingénier à culpabiliser sur nos erreurs passées. La colonisation entre autres ne mérite pas l’opprobre qui lui est faite. Tout est à refonder sur le plan tant intérieur qu’extérieur dans la politique de notre pays.

 Aux grandes causes, les grands moyens et les politiques « Macro » ! 

Notre pays ne peut plus ignorer qu’il descend lentement 

Vers un abîme où ceux qui n’auront rien prévu 

Seront les dindons de la farce ! 

Claude Trouvé       
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon