jeudi 4 juin 2015

A l’heure de l’austérité, le scandale des éoliennes ! (fin)



Dans le précédent article, la nécessité de préserver autant que possible notre indépendance dans notre politique énergétique a mis en évidence un talon d’Achille avec l’obligation d’approvisionnement en terres rares dont la Chine domine très largement le marché. Ceci a une répercussion sur la production nationale d’éoliennes, donc sur l’emploi. Nous sommes déjà mal placés sur le marché avec la concurrence du Danemark et de l’Allemagne dans une moindre mesure. Le déficit de 5 milliards creusé par AREVA en 2014 tient pour une bonne part au déficit dans cette activité. Le gouvernement s’est bien gardé de conditionner la recapitalisation de cette entreprise sous condition d’arrêt de l’activité « éoliennes » ! La cession de l’activité réacteurs à l’EDF est juste la fin d’un conflit entre AREVA et EDF, ce dernier ne supportant pas d’être client dans ce domaine. Une partie des retards de l’EPR de Flamanville tient à cette rivalité car les chantiers d’AREVA en Chine marchent très bien.

Mais revenons à nos moutons. La filière éolienne terrestre n’a aucune chance d’être rentable dans une industrie française, Siemens a abandonné en Allemagne. La concurrence du Danemark et de la Chine ne laisse que peu de place et avec cette dernière les prix seront cassés. En conséquence les emplois que fait miroiter le gouvernement seront loin des chiffres annoncés et toujours issus des subventions et taxes d’Etat, donc des emplois aidés. On peut même dire que le soutien à cette énergie est fait au détriment du développement du nucléaire, ce qui générera une perte d’emploi dans ce secteur. 

Mais je veux revenir sur les terres rares nécessaires pour les éoliennes. Nos écologistes purs, qui ont mon respect, ne se sont sans doute jamais penchés sur les conditions de travail des mineurs dans les mines de terres rares. Car s’ils l’avaient fait, ils auraient mesuré l’impact désastreux sur l’environnement et sur la santé de ces pauvres mineurs. Leurs conditions d travail n’ont rien à voir avec celles des mineurs dans les mines d’uranium d’AREVA. Voilà donc une occasion qui permet de réfléchir sur l’aspect écologique de l’énergie éolienne.

Il me reste à aborder la qualité de la fourniture électrique ce dont nous ne nous préoccupons guère sauf en cas de coupure de courant. Pourtant nombre d’entreprises pour assurer la stabilité de la fourniture électrique achètent des « onduleurs ». Ceux-ci peuvent assurer un palliatif aux coupures de courant grâce à leurs batteries mais aussi une protection contre les microcoupures, les variations de tension et de fréquence. Si la variation de la fréquence du courant, fixée à 50Hz en France, n’a pas d’incidence sur les lampes électriques, elle est pourtant très nuisible au fonctionnement de toute l’électronique en général, y compris l’informatique. Les éoliennes, de par leur intermittence et les variations incessantes du vent, ne fournissent pas la meilleure qualité du courant en tension, et en fréquence malgré les corrections apportées. La synchronisation des éoliennes entre elles posent donc des problèmes et la qualité globale du courant sera d’autant plus affectée que leur nombre augmentera. 

Le développement de l’énergie éolienne prévu par le gouvernement se heurte rapidement aux surfaces disponibles et à une réticence de nombre de milieux ruraux puisque c’est en campagne que l’on implante les éoliennes, la nuisance environnementale et sonore étant le plus souvent évoquées. L’augmentation de la puissance des éoliennes n’arrange rien sur ces points en milieu terrestre. L’idée est donc de construire des éoliennes en mer. Là le gigantisme peut s’en donner à cœur joie. L’éolienne en mer ou offshore se distingue de l’hydrolienne qui peut aussi être implantée en mer. Une hydrolienne est une turbine hydraulique (sous-marine ou à flots) qui utilise l'énergie cinétique des courants marins ou fluviaux, comme une éolienne utilise l'énergie cinétique du vent. L’hydrolienne a l’avantage d’avoir une intermittence prévisible (horaire des marées par exemple), et ne demande pas de surfaces d’implantation aussi importantes.

Les éoliennes offshore sont programmées pour le plus fort développement jusqu’en 2040. On atteint là des éoliennes de 6MW de puissance comme en construit Alstom, enfin ce qui fut Alstom. Ce seront des monstres  avec des mâts de 200m de haut qui doivent être à 10 km des côtes et sur des fonds de 50m de profondeur. Les côtes françaises présentent plusieurs sites possibles dont le premier est celui de Haute-Normandie à Fécamp. Les difficultés de construction des ancrages sont compensées par une meilleure disponibilité de l’énergie, 37% au lieu de 23% pour les éoliennes terrestres. La France s'est fixé un objectif de 6 gigawatts (GW) pour l'éolien en mer en 2020. Les 6 champs des premiers appels d'offres représentant déjà 3 GW, les professionnels espèrent que le prochain portera sur 3 GW.  Chacun des champs représente un investissement global de près de 2 milliards d'euros. Le prix d'achat de l'électricité produite serait compris entre 175 et 220 euros/MWh, selon les champs, soit entre 17,5 et 22,0c€/kWh. Les chiffres du prix d’achat sont prévisionnels et je rappelle qu’EDF vend son courant au tarif bleu résidentiel à 10,3c€/kWh. Ceci en dit long sur la rentabilité de cette affaire mais notre facture d’électricité en subira les conséquences. 

Les éoliennes offshore méritent un long développement qui fera l’objet d’un article spécifique car leur développement est politiquement beaucoup plus facile à l’abri du regard des terriens sauf des amoureux du paysage sauvage de l’ile d’Yeu, des pêcheurs, des défenseurs des oiseaux (purs écologistes), etc. Les municipalités côtières sont facilement convaincues par la manne financière qui va se déverser sur la commune et les oppositions de ses concitoyens beaucoup moins nombreuses. Les lobbies ont donc des marchés de dizaines de milliards en vue. On peut provisoirement terminer par un calcul simple. Le parc éolien en construction au large de Fécamp est doté de 85 éoliennes. Si la puissance de chacune est de 5 MW, elle produit avec une puissance moyenne de 1,85MW (5 * 0,37). En comparaison un réacteur nucléaire de 1.200MW produit une puissance moyenne de 900MW (1200 * 0,75). Il faut donc 486 éoliennes pour produire la même quantité de kWh (900 / 1,85). Chaque parc éolien étant évalué (avant la fin des travaux) à 2 milliards d’euros pour 85 éoliennes, le coût total pour remplacer un réacteur nucléaire serait de 11,4 milliards (486/85*2). Hors le réacteur de dernière génération à Flamanville, EDF estime le coût de construction d’une centrale nucléaire, à partir des 57 existantes, à 1,5 milliards ! Tout ça pour que l’éolien produise finalement un courant plus cher. Croyez-vous que votre facture d’électricité va diminuer après ça ?

Une conclusion s’impose l’aventure éolienne est un scandale qui profite à certains, mais va doubler notre facture d’électricité et coûter en plus à l’Etat. Elle introduit une plus mauvaise qualité de l’air, une augmentation du CO2, une dépendance à l’achat des terres rares, une dépendance aux grands fabricants étrangers, une moins bonne qualité de courant, une nuisance sonore et en infrasons, une détérioration de certains paysages, un maillage supplémentaire de lignes Haute Tension et indirectement un travail polluant et destructeur de leur santé pour les travailleurs des mines de terres rares. Ajoutons que le transfert de travailleurs du nucléaire vers l’éolien ne se traduira pas par un gain global sur l’emploi. 

L’enfumage médiatique et politique sert deux causes

Les lobbies et l’écologisme mais pas l’écologie. 

On fait des économies de bouts de chandelle

Et on déverse notre argent dans 

Des projets ubuesques ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon