mercredi 8 avril 2015

Un monde au bord de l’explosion bancaire ou (et)… nucléaire


Quitte à passer pour un oiseau de mauvais augure, il me faut revenir sur les évènements hautement significatifs que nous vivons. Chacun peut constater que les foyers de guerre se multiplient. Petit à petit le monde s’embrase. A la guerre économique qui perdure vient s’ajouter une intensification de la guerre monétaire et stratégique pour ne pas dire militaire. Le système monétaire international est à bout de souffle et son fondement sur le dollar est de plus en plus rapidement remis en cause. Pendant que les bourses caracolent dans l’insouciance, les Etats-Unis sont au bord d’une crise sans précédent qui va accélérer le temps de la diminution de leur influence. L’explosion bancaire, monétaire et sociale est dans les tuyaux. Ce pays prépare son peuple à une présence interne de l’armée renforcée de jour en jour. Pourquoi ? Pour être prompt à réagir devant une panique de son peuple pouvant conduire à tous les excès.

Leurs dépenses militaires d’intervention et d’armement deviennent de plus en plus importantes. Les actions extérieures comprenant la cyberguerre et les actions de déstabilisation des régimes qui n’obtempèrent pas aux diktats américains ou déclarés officiellement ennemis, comme le Venezuela, ne cessent de s’amplifier. La déstabilisation du régime russe est une préoccupation majeure américaine. La collusion de l’UE à la politique des USA contre la Russie, collusion historique puisque l’on sait officiellement par les documents déclassifiés que l’UE a été portée sur le berceau par les USA, a généré un résultat contraire à l’intérêt des peuples en facilitant une collusion non historique entre la Russie et la Chine. Elle risque d’ailleurs de faire imploser l’UE si la Grèce tombe dans les bras de la Russie. L’union économique, monétaire, financière, militaire et stratégique du couple russo-chinois progresse rapidement. La Chine sera présente au 70ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale à Moscou, présence boudée par les occidentaux. 

Les USA et l’UE arment désormais les milices nazies de Kiev en Ukraine, plus motivées et meilleures combattantes, qui devraient coordonner leurs efforts avec l’armée régulière. Convaincues de la nécessité de détruire la Russie, ces troupes, jusqu’alors incontrôlées par les USA présents dans tous les rouages politiques et administratifs de Kiev, n’ont qu’un objectif : reprendre le combat contre le Donbass. Si cette fois le Donbass plie, Moscou va se trouver dans la nécessité d’intervenir. Le foyer ukrainien en trêve précaire et le foyer yéménite commençant, qui complètent ceux de Syrie et d’Irak, restent les germes d’un conflit mondial. La guerre entre sunnite et chiite est utilisée dans un conflit entre les occidentaux et le bloc Russie-Chine à la puissance militaire capable de résister à l’hégémonie américaine. 

La Russie met en garde l’Arabie Saoudite pour son intervention sans autorisation de l’ONU, mais avec le blanc-seing occidental. Les Etats-Unis mettent en garde la Chine pour son activité dans le cyberespace et dans la mer de Chine méridionale. Ils vont y déployer des moyens supplémentaires. La Russie renforce une ceinture de bases militaires dans l’Arctique et met en place son bouclier anti-missile Prométhée de S-500. Les budgets militaires chinois et russes sont en hausse. Les Etats-Unis paradent en Estonie à deux pas des postes frontières russes. Une base militaire purement américaine se renforce en Roumanie et dispose de moyens balistiques nucléaires pouvant atteindre Moscou.
  
Mais la guerre est également désormais monétaire avec la Banque Asiatique d’Investissement, concurrente de la Banque mondiale, banque dont l’attractivité lui fait venir, non seulement les pays émergents, mais les pays occidentaux dont le Royaume-Uni au grand dam des USA. Le système mondial du pétrodollar et du déversement massif de liquidités dans la finance mondiale s’est opéré très majoritairement dans les mouvements spéculatifs. Les prêts pourris se sont multipliés à un tel point que le système vacille avec une menace de crise systémique du monde bancaire. A l’énumération des faillites bancaires de l’article d’hier, on peut ajouter aujourd’hui celui de la Bramer Bank, principale banque de l’île Maurice qui met 200.000 clients sur le carreau. S’il fallait encore convaincre de la possibilité de bouleversements imminents, ce serait la preuve de l’inquiétude des milieux bancaires et des Etats occidentaux. Depuis la mi-2014, les États-Unis et la commission Européenne montent un scénario de fermetures rapides des banques en cas de faillites ! 

Rien de plus significatif que les précautions que prennent des banquiers, les mieux placés pour sentir le vent du boulet. Les autorités fiscales américaines ont expliqué  à des représentants de l’UE, comment fermer une banque en une seule nuit, si celle-ci se retrouvait en faillite ! L’Union Européenne a été formée à la procédure de fermeture des banques en Juin, a rapporté Bloomberg. Les petites villes doivent être particulièrement bien surveillées, afin d’éviter toute panique générale ! Avant l’annonce de la BCE de stress tests, la nervosité augmentait dans l’UE et les États membres. Apparemment, la BCE estimait que plusieurs banques pourraient ne pas SURVIVRE…  Or l’on sait qu’une quinzaine d’entre elles doit repasser l’examen cette année. En cas de malheur, les banques défaillantes devraient être reprises par des banques concurrentes, au risque de déclencher un BANK- RUN ! 

Effondrement du système monétaire mondial, krach bancaire, pourrissement des foyers de conflit allumés, volonté américaine de pousser la théorie du chaos jusqu’à un conflit généralisé que son milieu militaro-industriel se dit sûr de gagner, les sujets d’inquiétude ne s’affaiblissement pas mais augmentent en se renforçant l’un l’autre. Heureusement que l’on nous sert par les médias les discours apaisants comme quoi nous sortons progressivement vers le bonheur à portée de main. Grâce à qui ? Au trio Hollande, Valls, Macron qui engrange la baisse de l’euro, qu’il avait refusé auparavant, la baisse du pétrole, qui va permettre de tenir les engagements du déficit public, les taux bas d’emprunt qui n’alourdissent pas les remboursements d’intérêts malgré une augmentation de la dette. Heureusement que nous avons tous ces sujets de discussion de la plus haute importance, comme la libéralisation du transport en autocar et les ouvertures du dimanche. Tout va changer avec la nouvelle aide à l’investissement des entreprises. Macron semble avoir oublié qu’une entreprise investit quand elle a des perspectives de marché et pas en fonction des aides publiques mais tout cela a-t-il désormais une réelle importance dans ce monde qui ne sait plus où il va ? 

La politique de l’autruche ne change rien au cours des évènements. 

Le monde, doté d’armes de plus en plus puissantes 

Et aux mains des puissances de l’argent, 

Tourne à la folie destructrice. 

Crions plus fort, STOP ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon