mercredi 29 avril 2015

Incompétence économique cachée dans des réformes sociétales



Les chiffres du chômage de mars 2015 viennent d’être publiés et ne suscitent plus de surprise même si le gouvernement se réjouit qu’ils soient meilleurs que prévu ! Personne ne croit plus à une véritable décroissance du nombre de demandeurs d’emploi dans notre pays. Les conditions économiques et monétaires extérieures amènent un peu d’amélioration dans la trésorerie des entreprises mais le contexte économique mondial ne manifeste pas d’envolée propre à faire progresser la demande. Par ailleurs le gouvernement ne fait aucune réforme permettant de diminuer efficacement la dépense publique qui reste l’une des plus élevées de l’OCDE à hauteur de 56 à 57% du PIB en 2014 et plus de 10% plus élevée que l’Allemagne. Mais 10% du PIB c’est plus de 200 Mds€ !

Il ne faut pas s’étonner que, malgré une fiscalité forte, nous nous traînions depuis 1975 dans un déficit chronique et que, sans avoir eu le handicap d’une réunification, nous soyons encore autour des 4%/PIB de déficit public alors que l’Allemagne a retrouvé en 2014 le chemin de l’excédent budgétaire. Le Royaume-Uni, qui a fait pire que nous en 2014, a par contre retrouvé le chemin de la croissance et ses prévisions pour 2015 sont meilleures que les nôtres. Il ne faut pas toujours chercher la cause dans notre manque de compétitivité d’ailleurs très entachée d’une part par la lourdeur du code du travail et d’autre part par la pression fiscale sur les particuliers, qui joue sur la demande, et celle sur les entreprises, qui joue sur les coûts. Cette pression est près de 8% globalement plus élevée en France qu’en Allemagne selon l’OCDE. 

Mais il faut aussi repenser le coût de notre Sécurité Sociale qui est de loin le plus élevé en pourcentage de PIB parmi tous les pays de l’OCDE. Pouvons-nous maintenir ce niveau de services à moindre coût ? Sinon pouvons-nous continuer à caracoler en tête des dépenses sociales et creuser chaque année un peu plus notre déficit public ? Peut-on continuer des soins gratuits pour les sans-papiers, sachant que la gratuité incite à en profiter au maximum. N’y-a-il pas des économies à faire dans la gestion des hôpitaux alors que l’on focalise sur le remboursement des consultations ?

Malheureusement pour nous, le résultat de notre incompétence saute aux yeux en 2014 et rien ne permet de prévoir que nous saurons mieux faire en 2015. Le décalage par rapport à nos voisins va s’accentuer même si l’Italie apparaît encore plus mal partie que nous. En 2014 nous sommes en queue de peloton en ce qui concerne la croissance, et notre chômage continue à croître. Les réformes du Royaume-Uni, de l’Irlande et de l’Espagne commencent à produire leur effet et il devient évident que nous ne soutenons plus la comparaison. Le gouvernement nous cache donc la dure vérité. Avec 0,4% de croissance, nous faisons moins bien que le zone euro à 0,9% et encore moins bien que l’UE à 1,2% ! Remarquons au passage que les pays hors zone euro se portent mieux que les autres comme le Danemark, l’Islande, la Suède, la Norvège et le Royaume-Uni. Par ailleurs l’UE des 28 pays avec son 1,2% de croissance est loin des 2,4% des Etats-Unis. Ces derniers constats devraient faire taire ceux qui prônent le catastrophisme d’une sortie de l’Europe ou la réussite d’une Union Européenne que l’on veut encore plus fédéraliste. 

Nos gouvernements ont étouffé notre France industrieuse et novatrice sous une législation du travail, une charge administrative et fiscale paralysantes. Les études de l’IRDEME (Institut de Recherche sur la DEMographie des Entreprises) montrent en effet que nous possédons deux fois moins de jeunes entreprises à forte croissance que le Royaume-Uni (1.500 contre 3.000) et qu’elles créent quatre fois moins d’emplois (50.000 contre 200.000). Par-dessus le marché nous soutenons l’endettement continu d’une Sécurité Sociale largement ouverte aux déshérités du monde et d’un Etat mauvais gestionnaire de nos hôpitaux. Nous continuons à avoir une dépense publique largement au-dessus de la moyenne européenne et une fiscalité forte.

Pour corser le tout, alors que notre pays se désindustrialisait, nous avons adopté une monnaie unique avec une entrée de parité franc/euro désadaptée par rapport à notre force économique. Depuis notre handicap de compétitivité relative par rapport aux pays de la zone euro nous fait passer lentement mais sûrement d’une position moyenne à une position en recul par rapport à celle-ci. Le tout se fait dans une Europe qui prend elle-même du retard par rapport au reste du monde, et qui inquiète le Fonds Monétaire International. Après ça, tout va bien Madame la Marquise ! La Grèce c’est pire… encore que nous aimerions avoir eu 0,8% de croissance en 2014. La zone euro s’en occupe… pour la faire plonger de nouveau et affamer son peuple. 

Il n’est pas de plus fat que celui qui montre son ventre

Pour en vanter l’excellent embonpoint 

En cachant celui des autres

Dans la ploutocratie… 

Des cupides ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon