samedi 25 avril 2015

Gros temps pour l’OTAN, il faut affaler les voiles !



Les députés européens, Pays Baltes, Pologne et Roumanie en tête, s’emballent et pointent du doigt la Russie comme au plus beau temps de la guerre froide ! Il va falloir en découdre et montrer nos muscles à ce pays qui devient notre ennemi numéro un. Ces députés ne font que répéter ce que leur dit l’OTAN, donc les Etats-Unis, qui s’implante de plus en plus sur leur territoire avec des armes pas seulement défensives. Le complexe militaro-industriel et financier de ce pays n’exclut pas le scénario d’une guerre contre la Russie et ses bateaux croisent en mer Noire et dans la Baltique. L’OTAN veut nous associer bon gré mal gré à cette éventualité et elle fait pression sur les pays qui ont les souvenirs les plus mauvais d’occupation de l’ex-URSS. N’oublions pas que ces pays sont entrés dans l’UE pour avoir la couverture de l’OTAN au contraire des pays du sud qui ont adhéré à une communauté avant tout économique.

On peut désormais constater que l’OTAN, créé pour s’opposer à toute velléité de l’URSS à étendre son emprise sur l’Europe au-delà du mur, a perdu cette raison au moment de la chute de ce dernier et de la décomposition de l’URSS en 1998. Or depuis cette date les dépenses militaires américaines ont plus que doublé ! Le doute sur son utilité et l’implantation de forces américaines dans de nombreux pays d’Europe peut lentement s’installer dans les populations européennes. La politique occidentale de communication antirusse a aussi pour but de recréer un sentiment de menace qui valide la présence de l’OTAN en Europe. Mais il faut pourtant bien voir que d’un organisme de défense, l’OTAN se lance dans des actions offensives de plus en plus nombreuses. L’OTAN est sous le commandement d’officiers supérieurs américains aux postes clés et les Etats-Unis l’utilisent pour leurs objectifs militaires, politiques et économiques. Elle se sert de l’Europe comme base opérationnelle. D’alliance défensive, qui engage les pays membres à assister y compris avec la force armée le pays membre qui est attaqué dans l’aire nord-atlantique, l’OTAN est transformée en alliance qui prévoit l’agression militaire. A l'heure actuelle, 67.000 soldats américains sont stationnés en Europe, dont 40.800 en Allemagne, 10.700 en Italie et 8.700 au Royaume-Uni.

« La nouvelle stratégie a été mise en acte avec les guerres en Yougoslavie (1994-1995 et 1999), en Afghanistan (2001-2015), en Libye (2011) et les actions de déstabilisation en Ukraine, en alliance avec des forces fascistes locales, et en Syrie. Le Nouveau concept stratégique viole les principes de la Charte des Nations Unies. » (Pétition italienne pour sortir de l’OTAN présentée en conférence de presse ce mardi 21 avril par des sénateurs). C’’est donc d’Italie qu’un mouvement anti-OTAN s’amorce. Il se pourrait bien que la Grèce suive si ses accords avec la Russie pour une base militaire russe sur son territoire se concrétisent. Un mouvement du peuple allemand n’est pas à exclure vu la forte présence des bases américaines. Mais c’est l’Italie qui part la première car elle ressent la présence américaine, non pas comme une protection comme les Pays Baltes, mais comme une possible implication de leur pays dans un conflit extérieur à l’UE.

La 173e brigade aéroportée est déployée à Vicenza depuis 1965, en vertu d'accords intergouvernementaux signés quinze ans auparavant. Quelque 2 750 militaires américains sont basés dans cette élégante ville d'art de Vénétie dessinée par un grand architecte du XVIe, Andrea Palladio. Citons aussi Aviano, base aérienne et siège de l'Armée de l'Air 31 Fighter Wing États-Unis. On peut ajouter le camp Darby situé près de Venise. Une nouvelle base a été négociée en 2013 montrant la préparation méticuleuse des Américains d’un point de départ pour les opérations militaires en Afrique et au Proche-Orient. L’Espagne est aussi concernée. Des milliers de Marines ont pris position dans le sud. Que recherchent vraiment les USA ? Contrôler effectivement l'Afrique, se rapprocher du Proche-Orient (au cas où), mais surtout, Obama attend la mort du Président algérien. Si les américains se placent dans le sud de l'Europe, c'est surtout pour surveiller l'Afrique énergétique. Un gazoduc est en effet en construction dans le nord de l'Afrique pour libérer l'UE du joug russe et du géant Gazprom qui décide de ses prix. 

Les parlementaires italiens se mettent donc en action et soulèvent le problème du stockage de bombes nucléaires sur leur territoire ce qui est en contradiction avec le Traité de Non-Prolifération. C’est la différence avec la France, d’où une certaine indifférence des français dont certains se réjouissent même de voir la France montrer sa force derrière les USA. Nous en sommes d’ailleurs devenus le plus important partenaire opérationnel. Nous pouvons donc plonger d’un jour à l’autre dans un monde incertain où les provocations entre blocs recommencent et où le chaos est répandu au Moyen-Orient, en Afrique et aux frontières de l’est européen. Notre position au Conseil de Sécurité de l’ONU et notre statut de pays possédant l’arme nucléaire devrait nous mettre dans une position beaucoup plus favorable que l’Italie pour reprendre notre indépendance avant qu’un conflit catastrophique nous submerge. Pour l’instant nous provoquons la Russie, la Syrie et l’Iran et nous attaquons l’Islam sur ses territoires… Ce dernier installe donc la peur sur le nôtre. L’OTAN nous engage dans les conflits mais n’en assume pas les conséquences qui nous concernent ! Elles peuvent être vitales au plein sens du mot. 

La pieuvre hégémonique américaine, qui se dit notre mère, 

Nous englue toujours plus et nous met des œillères !

Il devient donc vital de sortir de l’OTAN. 

Pendant qu’il en est encore temps ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon