dimanche 15 février 2015

Une lueur d’espoir pour une Europe des peuples s‘est allumée !

L’histoire s’accélère en France et en Europe. Le grand espoir brandi lors du vote du traité de Maastricht a fait long feu et les lampions de la fête de la monnaie unique en 2000-2002 sont éteints. L’Europe sociale se consume dans le chacun pour soi d’un nationalisme renaissant. L’Europe économique s’essouffle dans le concert de la mondialisation dans lequel ne s’enrichissent que la finance et les grandes puissances du business qui définissent les règles d’un Nouvel Ordre Mondial à leur profit. Le monde des banquiers et de la technocratie ont mis la démocratie sous l’éteignoir et à leur service. L’Europe des marchands et des usuriers a mis les peuples en servage.

L’Union Européenne en voulant grossir sans cesse et sans avoir le temps de digérer, est en train de s’en étrangler. Sa bedaine est prête à éclater et l’euro est sous purgatif en permanence. L’Empire européen, nain politique et militaire, n’a même plus la consistance militaire et administrative de l’Empire romain et on sait ce qu’il en est advenu. Les barbares sont à nos portes au Moyen-Orient et leur cheval de Troie est dans nos murs. Le traité transatlantique de libre-échange, le TAFTA, que l’on doit négocier en catimini et destiné à compléter l’OTAN, projette en pleine lumière le devenir de l’Europe, celui des banques et des puissants. Pour ces derniers les peuples ne sont qu’un instrument de leur soif d’argent et de pouvoir, lequel commence à dépasser les Etats qui leur sont redevables d’exister dans un océan de dettes. 

Mais le monde offre encore une grosse part à phagocyter par l’hégémonie américaine avant de pouvoir éteindre toute velléité de rébellion. Cette partie du monde a vu les Etats-Unis arriver avec leurs canons et leurs missiles poussant devant eux une Europe aux ordres. Cette partie du monde a compris que c’est par l’argent que l’on devient maître du monde car celui-ci permet la suprématie militaire. Le dollar est le nerf de la puissance américaine. Il est désormais en danger. Les Etats-Unis savent que leur suprématie ne sera sauvée qu’en accélérant le processus d’encerclement de la Russie et du détachement de l’UE de toute alliance avec ce pays. Ils savent qu’au-delà de la Russie, le principal adversaire sera la Chine. Le temps presse pour eux. Ils doivent faire régner la peur du conflit majeur, pousser leurs alliés dans des conflits sur toute la planète, en particulier au Moyen-Orient, en Europe de l’Est et en Afrique.

Jusqu’à présent la France les a suivis, voire même devancés, Minsk-2 montre un timide coup d’arrêt d’un suivisme sans condition. Le cessez-le-feu définitif est moins que probable mais cette réunion marquera de toute façon une nette inflexion de la politique étrangère française et allemande pour le moins. La diabolisation de la Russie doit se mettre en sourdine et il faut cesser de jeter des allumettes pour faire repartir le feu en Ukraine. L’engagement militaire doit s’arrêter là en ce qui nous concerne. Le piège de Devaltsevo a clairement montré que nous nous fourvoyons dans une guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu et nous en sommes partiellement responsables derrière les américains. 

Par ailleurs la réunion de l’Eurogroupe a définitivement montré que les intérêts de l’Allemagne et de la Grèce n’étaient plus compatibles. La menace de voir l’Allemagne amputée de 8 à 10% de son PIB, pour faire face aux pays en difficulté, la place devant une alternative douloureuse. Faut-il se résoudre à voir partir la Grèce de l’UE ou de la zone euro en assumant la conséquence d’une propagation à d’autres pays signant la fin de l’euro voire de l’UE ? La Grèce doit-elle en décider elle-même ou l’Allemagne sera-t-elle obligée de la demander à l’UE ? Il est probable que des solutions de prolongation du statu quo vont encore émerger mais on ne fera que gagner du temps. Les solutions homéopathiques n’ont plus d’effet à long terme et le peuple grec s’impatiente entraînant avec lui le peuple espagnol, bientôt portugais, irlandais et peut-être italien.

La France, relais entre les pays du sud par et ceux du nord par l’état de son économie, hésite encore, joue sur le temps mais le peuple crie désormais son impatience et dans les évènements tragiques de janvier et l’élection du Doubs beaucoup de messages clairs ou subliminaux ont été lancés. L’Unité Nationale du 11 janvier, sur laquelle tente de surfer le gouvernement, n’a eu de l’ampleur que parce que le message dépassait la simple révolte devant l’horreur. Les français ont voulu montrer qu’ils existaient au-delà des mouvements politiques de gouvernement en voie de discorde ou d’éclatement. C’était la défense de liberté d’expression au sens large, celle dont les français sont frustrés, celle de la démocratie avec une Assemblée Nationale qui ne représente plus la diversité des opinions mais une aversion des gouvernants pour le référendum. 

Nous sommes devant une véritable prise de conscience des peuples européens de la dérive de leurs espoirs d’une Europe fraternelle, sociale, démocratique et source de croissance. Force est de constater que ces espoirs sont déçus. Chacun se rend compte que l’UE restreint les libertés de l’Etat et que la représentation des citoyens est diluée dans un ensemble plus technocratique que parlementaire qui ne laisse qu’un strapontin à la démocratie. Cette prise de conscience par les plus touchés économiquement dans les pays du sud, et par le manque de démocratie, laisse entrevoir l’espoir que les peuples vont désormais se faire entendre. L’année 2015 est celle de la mise en cause de l’euro, celle de la mise à l’épreuve des nationalismes et en particulier celui de l’Allemagne. C’est aussi celle de la remise en cause ou non de la politique pro-atlantique de soumission. L’Europe des peuples mijote pour un nouveau départ… peut-être avant les présidentielles françaises si la prise de conscience progresse.

Saura-t-on enfin résister à la pression américaine et choisir le camp de la liberté et non de la soumission ? Minsk-2 n’est qu’un galop d’essai qui risque fort de tourner court, tant les américains ont sur place la situation en main. Merkel et Hollande n’auront-ils été que deux pantins laissés s’embourber dans une négociation qui ne pouvait aboutir sans la volonté de paix des Etats-Unis. Or celle-ci n’est pas dans la stratégie américaine. On ne peut guère espérer de la caste dirigeante actuelle qui traîne un passif qui les englue, c’est bien aux peuples d’Europe de prendre en main leur destin. 

Lorsque les peuples réalisent le danger et prennent en charge leur destin

Eux seuls peuvent s’attaquer aux montagnes de l’argent, 

Qui nourrissent la puissance antidémocratique…

Du Nouvel Ordre Mondial ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon