jeudi 26 février 2015

Chômage rimerait-il avec Enfumage et Tripotage ?



Les chiffres du chômage viennent de tomber et, miracle, la catégorie A des demandeurs d’emploi voit son nombre diminuer de 0,5% par rapport à décembre 2014. Résultat encourageant dit Manuel Valls, encourageant sans doute à continuer à magouiller les chiffres pour un exercice de communication positive. La réalité est beaucoup moins bonne à dire. L’ensemble des catégories A, B, C, D, E progresse de 0,2% en un mois et de 5% sur un an. Il est bien trop tôt pour faire le moindre commentaire sur une embellie. D’autant plus que la catégorie la plus bénéficiaire est chez les jeunes de moins de 25 ans avec -1,4% mais de +2,5% en un an. Or c’est celle tenue à bout de bras avec les contrats aidés divers qui sont une forme d’allocation chômage versée au patronat.

La situation est beaucoup plus noire pour les 50ans et plus avec +0,5% en un mois et +10,4% en un an. Au total l’ensemble des demandeurs d’emplois progresse de 297.800 en un an et de 14.600 en un mois. Mais attention pour ce mois de janvier, les chiffres du mois de décembre 2014 ont été révisés rétroactivement, en y rajoutant discrètement 13.500 chômeurs de plus, toutes catégories confondues, donc on repart sur des bases faussées. Si on veut être honnête, donc, 14.600 officieux, + 13.500 (passés à la trappe médiatiquement le mois passé) = 28.100 chômeurs de plus, par rapport aux derniers chiffres que l'on nous a donnés, ce qui pousse l’augmentation réelle mensuelle à +0,4% sur l’ensemble des catégories au lieu de +0,2% sans changer l’évolution annuelle. 

De la même façon les 306.000 radiations mensuelles sont en réalité de 309.600 car 3.600 ont de même été rajoutées rétroactivement sur décembre diminuant ainsi le nombre avoué. A ces radiations il faut comparer les reprises d’emploi déclarées soit 90.600 (-7,1% en un an) au 521.700 entrées dans le fichier de Pôle Emploi et aux 277.501 emplois disponibles ! Pôle emploi devient de moins en moins performant. Un autre constat inquiétant est celui des Stages parking (49.600) qui augmentent de 9% sur un an et celui des arrêts maladies, maternités, etc. qui bondit de 8,7% en un an. A la quasi-stabilité des jeunes demandeurs d’emploi, il faut opposer celle des 50 ans et plus mais aussi l’allongement du Chômage Longue durée (entre 2 et 3 ans) avec + 9,2 % sur 1 an, et du chômage Très Longue Durée + de 3 ans (+ 18,7 % sur 1 an) ! Autrement dit quand on a plus de 50 ans, et qu’on est sans emploi, on risque de plus en plus de ne plus jamais travailler. Ajoutons que plus d'1 chômeur inscrit à pôle emploi sur 2 (51,7 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l'emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER). 

Demandeurs d'emploi par catégories : (rapport DARES)

A : 3 481 600 -0,5 % (+ 4,8 % sur 1 an).

B : 677 800 +0,0 % (+ 4,4 % sur 1 an) travailleurs pauvres moins de 78 heures.

C : 1 072 700 +3,4 % (+ 12 % sur 1 an) travailleurs pauvres de + de 78 heures. 

D : 280 100 +0,1 % (+ 0,5 % sur 1 an) stages parking, occupationnels etc.

E : 380 300 -0,5% (- 1,7 % sur 1 an) contrats aidés etc. 
 
TOTAL : 5 892 500 (données corrigées), hors DOM TOM, soit + 5,3 % sur 1 an, 14.600 chômeurs de plus (chiffre communiqué officiellement au lieu de 28.100 réels), par rapport à Décembre. 


TOTAL, DOM-TOM compris : 6 219 800 (en données corrigées, les chiffres bruts sont plus alarmants encore). 

Ne sont pas comptés dans ces 6 219 800 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels :

  1. Les 1 270 000 foyers bénéficiaires du RSA non-inscrits à Pôle Emploi, seuls 1.005.000 le so
  2. La moitié des 2 millions de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, également non-inscrits
  3. Le million de sans droits :
    • les dépassements de plafond de ressources du foyer
    • les bénéficiaires de pensions de reversions (veufs, veuves) de 55 ans et plus, qui dépassent les plafonds du RSA (448€ pour une personne seule) et qui n'ont pas l'âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse (65 ans) qui s'appelle aujourd'hui "A-S-P-A" (allocation solidarité aux personnes âgées) récupérable sur le patrimoine au décès,
    • les bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté),
    • les étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous-payés, voire gratuits).
    • les autoentrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle
    • les retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre (loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau
    • lesjeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi,
    • , nourriture, santé (lunettes, dentiste...) incalculable.

On arrive à un total probable de plus de 9,5 millions de citoyens sans ressources suffisantes par manque d’emploi.

Non seulement le chômage continue à croître mais la pauvreté s’installe dans les sans droits. La confiance des entrepreneurs dans l’avenir n’est toujours pas là et le gouvernement s’ingénie à faire croire que la croissance est à nos portes et que le chômage est en passe d’être jugulé. Pourtant toutes les contraintes extérieures sont au vert. La baisse de l’euro, par rapport au dollar, conjuguée à la baisse du prix du baril de pétrole et aux taux d’emprunt qui avoisinent zéro, sont des conditions favorables que nous n’avons pas connues depuis l’entrée dans la zone euro. Pourtant le chômage et la dette augmentent, nous perdons du terrain par rapport à la moyenne européenne et celle de l’OCDE et la balance du commerce extérieur déficitaire ne s’améliore que par la diminution des importations… 

Une réalité s’impose, la France ne s’est pas mise sur les bons rails.

Elle stupéfie tout le monde par son incapacité économique, 

Monde qui lui voit l’un des plus forts potentiels européens.

La faute à qui ? Qui devons-nous virer des manettes ? 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon