mercredi 25 février 2015

Sauver le pays par les Réformes structurelles ou la Révolution populaire ?



Plus nous nous enfonçons dans la crise et l’endettement, plus nous sentons le poids de Bruxelles sur nos épaules de citoyens. La loi Macron, ce fourre-tout savamment cuisiné pour flatter des papilles à gauche et à droite, n’a dû son salut provisoire que grâce au 49-3. Son véritable but n’est pas l’efficacité toute relative sur notre économie mais la preuve pour Bruxelles de la bonne volonté du gouvernement dans la voie des réformes. Nul doute que l’utilisation du 49-3 apporte un bon point européen à notre équipe gouvernementale. Derrière celui-ci il ne reste pourtant que 20% de citoyens prêts à la soutenir.

L’Assemblée Nationale ne représente que 70% des citoyens compte tenu de la quasi-absence d’un FN à 30%, mais si l’on tient compte des abstentionnistes, ce chiffre tombe de 70% à 30% environ. Nous sommes donc embarqués dans une fuite en avant avec le soutien de 20% des citoyens au pouvoir exécutif et 30% au pouvoir législatif. Si l’on ajoute que 75% des lois françaises sont issues des directives et normes de l’UE, où le Parlement de Strasbourg n’a pas l’initiative de proposition des lois et où la représentation des 74 élus français représente moins de 10% des députés européens, on voit qu’au bout du compte le pouvoir exécutif ne réunit même pas 1% de représentativité et moins de 2% pour le législatif. Le pouvoir démocratique est devenu illusoire.

On ne s’étonnera pas alors que rien ne change dans ce pays qui ne soit issu de la volonté de l’oligarchie technocratique de Bruxelles ou des magouilles et arrangements politiques satisfaisant d’abord les banquiers et les multinationales pour accéder et se maintenir au pouvoir exécutif. Quant au pouvoir législatif il est essentiellement tourné vers les élections suivantes où il est impératif de montrer que l’on est conforme à une étiquette politique pour avoir l’aval d’un parti. Tout cela ne donne pas beaucoup de chances au peuple de voir évoluer le pays dans une direction librement choisie, d’autant plus que l’on s’ingénie en France et en Europe à ne pas lui donner d’occasions de s’exprimer sur des sujets précis même s’ils sont fondamentaux pour son avenir. Qui demande son avis au peuple sur l’immigration, sur l’euro, sur l’accession d’un nouveau pays dans l’UE ? Personne. Le Référendum est devenu un épouvantail politique depuis le refus populaire de la Constitution Européenne. 

De toute évidence le pays est par exemple partagé désormais entre l’option de sortie ou non de l’euro. L’UMPS est le tenant de l’européisme qu’il a vanté et mis en place. Les extrêmes politiques sont beaucoup plus nuancés ou franchement opposés. C’est un vrai clivage politique. La victoire du camp de la sortie de l’euro et son arrivée au pouvoir est-il le garant d’une nouvelle orientation politique ? Certainement pas. L’opposition à un dogme comme l’euro, défendu par les partis de gouvernement, doit présenter la sortie sous l’angle le plus flatteur pour convaincre. On vient de vivre l’élection grecque sur ce mode. Une fois au pouvoir, la tâche s’annonce rude car elle demande des sacrifices durant un ou deux ans. Le nouveau pouvoir se retrouve face à une opposition revancharde qui ne souhaite que saper le projet, face à un peuple qui veut en sentir immédiatement tous les effets bénéfiques et surtout face à une zone euro qui fera tout pour laisser le pays centrifuge dans les plus grandes difficultés.

Est-ce à dire, comme certains, que c’est mission impossible ? Non car sinon c’est accepter le servage, la dépendance aux puissances de l’argent, à l’hégémonie américaine et allemande. Peut-on espérer, par notre vote aux différentes élections et surtout à la Présidentielle, voir émerger une autre politique ? La réponse dépend essentiellement de la personnalité défendant un autre projet anti-euro qui gagnera. Si elle est issue d’un parti qui a vendu la sortie de l’euro sans responsabiliser le peuple sur les sacrifices temporaires à assumer et si de plus elle n’a pas un solide pilier de cadres de niveau suffisant, le nouveau pouvoir sera rapidement ramené dans les clous de la pensée unique. Pourquoi ? Parce qu’il faut être courageux et très solide pour entraîner le peuple derrière soi quelles que soient les embûches que l’on met sur son chemin. Or entrer dans l’euro c’est comme entrer dans un groupe mafieux, ce n’est pas facile d’y entrer mais c’est suicidaire d’en sortir. Que reste-t-il aujourd’hui des promesses d’Alexis Tsipras en Grèce ? 

La voie Parlementaire de mise en place d’une politique autre que la Pensée Unique et son exécution ne peut que sortir d’une vraie Révolution des esprits citoyens et d’un élu dont la vision prospective, la détermination, l’insensibilité acquise à toute attaque personnelle, la probité et le dévouement au service de l’Etat soit reconnue par ceux qui l’ont porté au pouvoir. Le temps n’est pas encore venu mais il s’approche à grands pas. Les sirènes d’une autre politique attirent l’électorat mais si l’on ne peut pas proposer que des larmes et du sang pour un avenir finalement meilleur, on ne peut pas cacher que le chemin sera dur à très court terme, hors à l’époque de la vitesse c’est ce court terme qui intéresse au premier chef l’électeur.

La France renaîtra quand le peuple suivra celui ou celle qui tiendra le langage de la vérité, qui montrera sa détermination, sa probité, son expérience personnelle réussie hors des ors de la République, son abnégation et son sens de l’Etat souverain. Il faut rejeter ceux qui se sont compromis pour eux ou pour les autres, ceux qui ne proposent que monts et merveilles, ceux qui n’ont d’expérience que celle des cabinets ministériels et commissions gouvernementales, ceux qui ont obtenu l’adoubement de la finance et leur aliénation en échange, ceux qui mentent sur leurs diplômes, ceux qui n’ont pas de vision au-delà de leur avenir personnel. C’est dans les situations graves que l’on trouve le bon guide, la situation actuelle ne l’est pas encore assez sans doute, mais on y court. 

Les expériences des européistes et des tenants des évolutions sociétales

Ont frappé notre pays au cœur de son identité et de ses valeurs 

Dans un délabrement culturel, éducatif, moral et économique 

Mais c’est dans la douleur que les grands pays renaissent ! 


Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon