lundi 16 février 2015

La France 2010-2013 sous gouvernement UMPS, quel bilan ?

Les chiffres de 2014 ne sont encore pas publiés au sein de l’Europe mais ceux de 2013 sont déjà révélateurs de l’état dans lequel se trouvent les pays phares de l’UE, à savoir Allemagne, France et Royaume-Uni. Les deux premiers sont dans la zone euro, le troisième garde sa monnaie, la livre. Cette période est particulièrement intéressante car elle couvre un intervalle commençant après la secousse de la crise 2008-2009 et elle s’étend sur respectivement la fin et le début des deux derniers gouvernements français qui alternent leur pouvoir depuis quarante ans. Il est désormais acquis que leurs politiques se sont coulées dans le mondialisme et les traités de soumission aux règles européennes. Il n’y a pas sur ces points de différence entre UMP et PS, et pour ce qui les concerne, l’appartenance à l’euro reste un credo intangible. 

Les politiques prennent l’habitude de présenter leurs résultats économiques en comparaison avec l’année précédente. Ils évitent ainsi toute comparaison avec les autres pays sauf quand, une fois n’est pas coutume, on peut afficher un résultat meilleur que l’Allemagne ou, à défaut, du Royaume-Uni. Les occasions se font d’ailleurs de plus en plus rares. C’est pourtant par comparaison avec les autres pays que l’on doit juger de nos performances en matière économique et sociale. Nous allons donc regarder un peu ce qui s’est passé de 2010 à 2013, sur trois indicateurs qui sont connus de la plupart d’entre nous au coup par coup et toujours en comparaison annuelle française. Ceci ne nous laisse pas de vision globale et comparative. Une projection sur quelques années est nécessaire pour juger de l’efficacité de la politique menée.

Nous allons regarder trois indicateurs globaux qui rassemblent tous les autres et qui sont en même temps des objectifs : diminuer la dette, augmenter le PIB/habitant, augmenter le taux d’emploi. Le premier la dette/PIB mesure notre capacité à faire face à la dette. Le second est un indicateur très représentatif de la richesse dont peut disposer chacun d’entre nous dans son portefeuille ou dans les caisses de l’Etat. Le troisième est économique et social, c’est le travail que l’on peut répartir sur l’ensemble des citoyens en âge de travailler. Ce dernier est plus représentatif que le taux de chômage car il inclut le travail à temps partiel. 

Ces simples chiffres sont très représentatifs des évolutions de ces trois pays. L’évolution de la dette/PIB (Produit Intérieur brut) est donnée par rapport à une base 100 de la dette/PIB de l’UE à 28 pays. On voit que la France et le Royaume-Uni ont accru leur dette/PIB de la même quantité pour une croissance moyenne sensiblement différente. De plus l’écart s’est creusé en 2014 où la France n’affiche qu’une croissance de 0,4% alors que le Royaume-Uni affiche 2,6% et l’Allemagne 1,6%. A même accroissement de la dette, le Royaume-Uni a mieux utilisé celui-ci pour relancer l’économie. L’Allemagne conforte en 2014 la croissance moyenne des années 2010-2013. Sur le graphique on constate de plus que l’Allemagne réussit à diminuer sa dette/habitant tout en maintenant une croissance moyenne supérieure à 2%.

On nous rabat les oreilles avec la nécessité d’une croissance supérieure à 1,5% pour pouvoir diminuer le chômage. Une économie saine ne peut tenir longtemps avec un chômage élevé ou ce qui est encore plus représentatif, un taux d’emploi faible. Sur ce point, la France a un taux d’emploi nettement plus faible que l’Allemagne et même que le Royaume-Uni. C’est sur ce point qu’elle montre particulièrement la faiblesse de son économie par rapport à ses deux voisines. 

Une conclusion s’impose. Dans des conditions économiques extérieures identiques, la France est en recul. Elle a fortement augmenté sa dette sans créer une croissance à la hauteur de ses deux voisines. Si le Royaume-Uni n’a pas vraiment décollé jusqu’en 2013, sa croissance de 2014 montre une réussite de sa politique de relance et d’austérité. On peut dire qu’entre la France et le Royaume-Uni il y a une différence de monnaie, celle-ci joue certainement un grand rôle après la dévaluation de la livre. L’Allemagne est dans la zone euro, mais elle domine l’ensemble des pays européens. Sa structure industrielle, sa pression sur les salaires, son faible poids du coût de l’administration, l’apport des bas salaires des pays limitrophes de l’est, font de l’Allemagne un pays prédateur des économies des pays du sud de la zone euro. Elle pompe leur richesse et le Royaume-Uni a pu y échapper en gardant sa monnaie et en diminuant les dépenses de l’Etat.

Depuis 2010 nos gouvernants UMPS ont de toute évidence mal géré notre pays. Car c’est par rapport à des pays comparables que l’on doit les juger et le constat est sans appel. Mea culpa, mea maxima culpa, nous n’aurions jamais dû les élire. 

On ne peut pas dire que nous habitons la plus belle maison du monde

Quand on ne nous montre que les travaux de rénovation 

D’une maison qui tombe en ruines ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon