jeudi 19 février 2015

La défaite de Kiev est aussi la nôtre !



Devaltsevo est tombée, la ville est aux mains des troupes « rebelles » des républiques de Donetsk et de Lougansk, la Novorossia. Le pantin Porochenko, que nous avons mis en place, se rend sur la ligne de front en annonçant que ses troupes se sont repliées sur des positions préparées à l’avance, joli pléonasme. La réalité est qu’une  partie importante de son armée est prise au piège dans un chaudron qui s’est refermé. Des centaines de ses soldats se sont rendus aux insurgés avec armes et bagages. La faim aura raison des derniers résistants. Hier soir, on estimait encore que 2 000 à 3 000 militaires ukrainiens étaient restés dans le "chaudron". Selon les forces de Novorossia, les militaires ukrainiens encerclés ont reçu l'ordre de détruire tout le matériel et de tenter de percer l'encerclement par groupes réduits. Mais la plupart préfèrent déposer les armes. Certains souffrent de gelures et d’autres n’ont pas mangé depuis plusieurs jours. Quelques-uns ont pu s’échapper à la faveur de la nuit, mais le constat est là, c’est une lourde défaite pour Kiev.

Le drapeau de Novorossia flotte sur Devaltsevo. Hier la ville était entièrement contrôlée par ses troupes, et seuls quelques groupes éparpillés se trouvaient encore dans le sud de la ville et tentaient d'opposer une résistance. Un nouveau maire a été nommé. Les insurgés de la DNR ont commencé à retirer l'artillerie et le matériel lourd de la ligne de contact avec la partie ukrainienne. "Pour l'instant, nous retirons unilatéralement les armements dans les régions calmes, mais si les bombardements et les opérations reprenaient dans cette zone, notre matériel reviendrait immédiatement sur ses positions", a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense de la DNR Edouard Bassourine. La situation reste donc tendue à Devaltsevo. En une journée les forces ukrainiennes ont perdu 94 hommes, deux chars, dix véhicules blindés, douze systèmes d'artillerie et cinq voitures. Les troupes de la DNR font état de six morts et vingt-six blessés, ainsi que d'un véhicule blindé détruit. 

Pendant ce temps l’UE intensifie les sanctions contre la Russie, et l’OTAN la somme de retirer toutes ses forces de l’est de l’Ukraine, ce qui ne va faire que d’intensifier la détermination à ne rien céder du peuple russe qui est beaucoup plus derrière Poutine que le peuple français derrière Hollande. La bonne volonté de la Russie pour un accord ne peut être mise en cause puisqu’elle s’est montrée solidaire des accords de Minsk et qu’elle a voté au sein du Conseil de Sécurité de l’UNU le respect des accords de Minsk. La chute de Devaltsevo devrait donner plus de raisons à un cessez-le-feu. Toutefois du côté de la Novorossia, la conquête de Marioupol est un objectif stratégique qui peut maintenir les combats afin d’obtenir un accès direct à la Mer Noire. Le plus grand danger d’une reprise des combats provient pourtant de l’attitude des Etats-Unis vis-à-vis de Porochenko qui est aux ordres de la centaine d’américains présents auprès de son gouvernement ou à des postes clefs et des centaines de conseillers militaires.
De toute évidence le duo Merkel-Hollande n’est pas en mesure d’imposer quoi que ce soit. L’attitude américaine reste très ambiguë malgré la résolution des Nations-Unies car l’envoi d’armes « non létales » n’a pas été clairement exclu. Par ailleurs l’objectif de placer l’OTAN à la frontière russo-ukrainienne reste toujours celui à atteindre. C’est pourquoi l’envoi rapide de casques bleus devrait être décidé et réalisé le plus tôt possible avant que des incidents spontanés ou provoqués ne viennent donner l’occasion d’une reprise intense des combats. Pour l’instant, en dehors de Devaltsevo, aucun des deux belligérants ne veut retirer ses armes lourdes de la ligne de front. L’aéroport de Donetsk est de nouveau bombardé, et un bataillon néonazi de Kiev mène une attaque au nord. 

Les décisions de l’ONU sont à rapprocher de celles concernant l’Etat Islamique. On est dans les deux cas dans une guerre civile, même si le caractère religieux prévaut en Irak et en Syrie. Dans les deux cas, les Etats-Unis sont à la manœuvre et l’ONU se borne à des résolutions que ceux-ci interprètent à leur façon. Washington s’est apparemment tenu coi pendant les pourparlers, les puissantes factions néoconservatrices postées en embuscade derrière M. Obama, devraient, en toute logique et à court terme, tout entreprendre pour faire capoter un accord qui contredit de façon aussi grossière leurs intérêts et visées géostratégiques dans la région clef du Caucase, notamment du point de vue des sources d’énergie fossiles et de leurs couloirs de transit. On peut craindre que l’envoi de casques bleus ne soit pas pour demain puisque logiquement il ne devrait comporter aucun américain ! 

Malheureusement rien n’exclut une poursuite du conflit 

Porochenko a perdu la partie mais pas l’OTAN

Et la Russie se prépare à la guerre ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon