vendredi 27 janvier 2017

Valls et Fillon out, qui resterait-il ?

Les primaires de droite ont accouché d’un candidat largement en tête et devenu le favori du second tour de la Présidentielle quand les primaires de gauche s’apprêtent à désigner un candidat avec un score très élevé mais très à gauche du parti socialiste, tout proche de Mélenchon. Le paysage politique des candidats, pour l’instant en mesure de peser, se résumerait au trio Mélenchon, Macron, Marine Le Pen. Le candidat de remplacement de dernière heure des Républicains aurait pu être, tout-au-moins mathématiquement, Alain Juppé. Celui-ci vient de le démentir formellement. C’est compréhensible, il aurait été maladroit de sa part de faire autrement quand on a déjà eu affaire à la justice, ce qui lui a nui gravement dans la primaire de droite. Rachida Daty a gardé une dent contre Fillon qui lui a préféré Nathalie Kosciusko-Morizet pour la 3ème circonscription de Paris. Elle ne peut espérer emporter le consensus des Républicains sur son nom. Il en est de même pour Henri Guaino qui s’est mis en marge de son parti. Jacques Myard finit par être plus près des souverainistes que du centre du Parti Républicain. La droite des Républicains va prendre une défaite électorale quasi certaine et les frondeurs, derrière Hamon et Arnaud Montebourg, seront pompés par Mélenchon, ce qui en fait le candidat préféré de ceux qui tiennent à voir triompher les valeurs fondatrices du parti socialiste.

Qui peut souhaiter que Fillon disparaisse de la course à la Présidentielle ? Il ne semble pas que la mise en lumière des emplois dits fictifs de la femme de François Fillon soit issue du camp des Républicains. On ne voit pas non plus l’intérêt de Valls et Hamon dont l’objectif essentiel est de faire survivre le parti socialiste qui est voué à un échec retentissant. De plus le principal concurrent de Valls se nomme Macron et celui de Hamon, Mélenchon. Le camp souverainiste, coincé entre les Républicains et le FN avec Patrick Buisson pourrait aimer voir un espace s’ouvrir à droite avec la disparition de Fillon. On voit mal la collusion entre celui-ci et le Canard Enchaîné. Il en est de même avec le FN qui a peu à gagner dans le camp républicain mais plutôt dans les milieux ouvriers et des petits salariés. Alors le camp de François Hollande ? Peut-être car visiblement Emmanuel Macron est son poulain, naturel ou forcé par une pression extérieure. Mais son implication directe ne paraît pas devoir être retenue car au sein du gouvernement il y a de chauds partisans de Valls qui ont fait du FN l’ennemi numéro 1. Visiblement le but de celui-ci est surtout la reconstruction du PS, et son principal adversaire sera d’abord Macron. 

Pourtant il faut se souvenir que Jean-Pierre Juyet, secrétaire général de l’Elysée, est un personnage qui a fait fuiter des propos tenus en privé par Fillon sur Sarkozy. Fillon avait porté plainte mais l’affaire jugée a prononcé la relaxe de Juyet. Depuis les amis ont déterré la hache de guerre. Si l’on ajoute que Juyet et Macron sont très proches politiquement, et que les services de renseignement et financiers sont au service du gouvernement, cela suffit à apporter une hypothèse possible. Il faut ajouter que Juyet est, comme Macron, très proche des milieux bancaires. Comme toujours, comme pour Strauss-Kahn, les grands banquiers états-uniens sont les faiseurs de chefs d’Etat, et l’élection de Donald Trump est un échec qu’ils n’acceptent pas. Or si Valls, Fillon et Juppé ont eu leurs faveurs au sein du groupe Bilderberg, Juppé a été éliminé et Fillon a commis une erreur impardonnable à leurs yeux. Il ne considère pas la Russie comme l’ennemi numéro 1, mais pire il envisage de discuter avec lui de relations économiques et diplomatiques sur la Syrie et l’Ukraine. Cela rappelle l’erreur de Strauss-Kahn au FMI où il a émis des doutes sur l’intérêt de garder le dollar comme monnaie mondiale de référence.

Il se trouve qu’un jeune loup, sorti d’un chapeau bancaire, a été placé au plus près du chef de l’État qui a bien dû comme ses prédécesseurs passer sous les fourches caudines des banquiers et l’accepter. On ne leur résiste pas car Rothschild n’arrive jamais seul. Sans être jamais passé dans le processus démocratique, le lapin Macron a été promu ministre et c’est aussitôt fait entendre dans les médias. Ceux-ci à l’unisson ou presque, puisqu’il suffit de quatre personnages pour orienter la quasi-totalité des médias, ont publié sans relâche des articles pour préparer l’opinion. Il a suffi d’une loi Travail, copie d’une directive européenne, d’une spectaculaire mais anecdotique ouverture du transport inter-cités aux cars, suivi d’un passage à El-Khomri dès que cela sentait le roussi, pour éviter le 49.3. Ce jeune inconnu se retrouve à Davos où la claque est programmée et les médias s’enflamment. Macron est en marche vers la Présidence. Tiens, mais si Fillon et Valls disparaissent de la course, la voie est ouverte entre Hamon-Mélenchon et Marine Le Pen. Selon vous, à qui profite le crime ? 

Serait-ce Macron l’instigateur ? Sûrement pas, on travaille pour lui, il ne s’agit pas qu’une information incontrôlée ternisse son image de jeune prodige de la politique, inattaquable puisqu’il n’a pas besoin de véritable programme. Les ordres viendront d’en haut au fur et à mesure des besoins. Yvon Gattaz lui a déjà assuré son soutien, c’est important parce que la pompe aspirante de l’argent vers le haut doit être en place sans aucun rétrécissement qui en réduirait le débit. Macron est l’homme qui permet de juguler ces mouvements populistes à droite et à gauche qui se sont mis en tête de s’opposer au Système, veulent redonner des pouvoirs régaliens à l’État, faire un État nation au lieu d’un État vassal voué à disparaître, enlever du pouvoir aux banquiers qui tiennent les banques centrales, et pratiquer une forme de démocratie directe par l’emploi du référendum d’initiative populaire si besoin en l’ayant rendu plus accessible. Tomber dans une démagogie qui rend du pouvoir au peuple ne peut amener que des rétrécissements à la pompe aspirante de l’argent et donner une volonté de survie à un peuple que l’on veut asservir ou supprimer. Macron n’a rien à faire du peuple, il ne le connaît pas. Il se pavane comme un seigneur dans une chasse à courre. Il fait admirer sa jeunesse et son culot. Le discours est vide, l’acteur mauvais, mais le monde politique est tellement désavoué par le peuple que la nouveauté fait naître l’espoir… qu’enfin ce soit le bon !
 
La France ne souffre pas assez encore pour tout balayer. 

Il lui reste peu de temps pour ouvrir les yeux

Sinon dans cinq ans la France agonisera 

Dans une guerre civile, une pauvreté

Et un esclavage au travail 

Ou à la dépendance !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon