dimanche 15 janvier 2017

Alep libérée, la vérité se libère aussi.



La donne a changé, le « boucher » Bachar el-Assad, dont Laurent Fabius voulait la tête et dont on se demande s’il a lui toujours la sienne, est toujours là et reconquiert village après village, ville après ville, la partie vitale de son territoire. Alors que la Russie a terminé la bataille d’Alep assez rapidement alors qu’à Mossoul, selon les dires de François Hollande, il reste encore des semaines, voire des mois de combats. Le commandement américain ferait traîner à dessein l'opération de libération de Mossoul afin de nuire au président élu Donald Trump, estime le politologue Bassam Tahhan, qui met en garde contre la dispersion de Daesh vers d'autres régions. La bronca des pays occidentaux et des ONG onusiennes sur le génocide de la population civile fait place à la découverte d’hommes de la coalition occidentale dans un bunker d’Alep Est, de munitions occidentales dont françaises, de charniers, et de quantités de chlore laissant pressentir la fabrication d’armes chimiques. Cela vient corroborer le rapport d’une envoyée onusienne pour enquêter sur l’emploi de ces armes par l’armée syrienne qui avait conclu que c’était beaucoup plus vraisemblablement par les « rebelles ». On avait utilisé à fond cette accusation de l’armée syrienne pour justifier notre engagement contre Bachar el-Assad.

Une autre tentative de déstabilisation de l’offensive russo-syrienne a fait long feu, le génocide de la population civile d’Alep. Dans toutes les guerres urbaines de l’histoire, la population civile est plus touchée que les militaires. Ces derniers sont, mentalement, physiquement et par leur équipement, plus à même de se protéger. Les images en boucle d’immeubles détruits, de combats urbains et d’affirmations médiatisées d’une ville entièrement à feu et à sang, complètement détruite, comme Caen et Dresde dans la seconde guerre mondiale, ont permis de publier des chiffres de victimes multipliés par 2 ou 3. On est beaucoup plus discret sur les victimes à Mossoul où les forces irakiennes n’ont pris que 40% de la ville en ayant essuyé de lourdes pertes et dans la partie la moins urbanisée. On parle de 5000 militaires tués dans les forces irakiennes, donc de 6000 morts chez les civils. Les américains sont bien mal placés pour lancer l’accusation de génocide contre Poutine et laisser entendre qu’il pourrait en répondre devant le tribunal international de La Haye. Le nombre de civils morts en Afghanistan, au Pakistan et en Irak, est évalué entre 1 million et 1,2 millions ! 

On peut citer aussi les cris d’orfraie des nations occidentales pour l’arrêt des combats afin que les aides humanitaires puissent accéder à Alep Est. Alep Est est libéré, les voies d’accès sont libres, une aide humanitaire s’impose plus que jamais. Mais hors l'aide du Centre russe de réconciliation des parties en conflit, du Comité international de la Croix-Rouge et de la société syrienne du Croissant-Rouge, les aides humanitaires occidentales et onusiennes ont disparu, y compris l'UNICEF et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires. Selon le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère : « Un mois s'est écoulé depuis la libération d'Alep. Toutefois, il n'y a toujours pas d'aide réelle fournie à la population civile de la part des organisations humanitaires internationales ». Alep n’intéresse plus, Palmyre non plus vers laquelle fonce l’armée syrienne pour la reconquête récupérant au passage de grands champs gaziers. La vexation de la Syrie et surtout de son alliée, la Russie, ne cesse pas avec le maintien des sanctions et le renvoi de 35 diplomates russes, histoire en plus d’handicaper la politique de rapprochement de Trump avec Poutine. L’invitation des diplomates américains par ce dernier à la fête du Nouvel An avec leurs enfants à Moscou a ridiculisé Obama.

La donne a changé parce que ce n’est plus les Etats-Unis et ses vassaux de la coalition qui mènent la danse. La Russie soutient la Syrie avec l’Iran, et la Turquie, sans laquelle rien ne peut se régler au Moyen-Orient, vire de bord, l’intérêt économique l’y pousse. Evidemment tout cela sent le pétrole et le gaz avec pipeline traversant la Turquie et choix géopolitique. L’UE n’apparaît plus comme une voie d’avenir pour la Turquie qui a néanmoins profité de ses aides pendant les négociations de candidature. L’Est de la mer Méditerranée promet des champs pétrolifères et surtout gazier d’importance mondiale. De la Grèce à l’Egypte tous les pays au bord de cette mer en attendent un boom économique. Les compagnies américaines et la Russie lient des contacts dans ce sens avec la Grèce et la Turquie pour le moins. La coalition qui hésite devant Mossoul est battue en brèche et tout laisse à penser qu’après Palmyre, l’armée syrienne entrera la première à Raqqa, signant la victoire complète du quatuor Syrie-Russie-Iran-Hezbollah.

La Russie est devenue maître du jeu au Moyen-Orient, seul Israël peut troubler le nouveau découpage qui se prépare. L’arrivée de Donald Trump au pouvoir va laisser les mains encore plus libres en Méditerranée. Les pays du Golfe entrent dans les premières difficultés financières avec la chute du prix du baril de pétrole et sa récente remontée ne suffira pas pour continuer au même niveau la précédente razzia financière sur les patrimoines d’autres pays dont la France. Les chinois sont en train de rafler la mise même s’ils ont un grand besoin de développer leur consommation intérieure pour soutenir leur économie. Le seul pays qui va poser un réel problème pour la résolution du problème du Moyen-Orient, c’est Israël qui va encore bombarder la Syrie à la frontière libanaise. On peut citer aussi les kurdes qui veulent leur grand Kurdistan et la Turquie est le pays qui devra aider à une solution. Poutine prendra du recul par rapport à ce redécoupage du Moyen-Orient, son intérêt étant le maintien d’un régime syrien garantissant le passage d’un pipeline reliant l’Iran à l’Europe et à la Russie, ainsi que le port syrien de Tartous, porte ouverte sur les mers du Sud. 


La vérité éclate sur le jeu pervers de la coalition occidentale et nous éclabousse. La politique étrangère française a été un désastre. On reste stupéfait quand on voit la majorité des politiciens du Système louer la politique étrangère de la France. Nous avons participé aux massacres au Moyen-Orient et détruit l’économie de la Syrie et de l’Irak. Nous avons mis un homme aussi corrompu que son prédécesseur à la tête de l’Ukraine et favorisé une guerre civile qui aboutit au naufrage de ce pays qui ne tient que par l’argent que l’UE déverse et l’intérêt que les USA lui portent contre la Russie. La Libye est au bord de l’explosion et est redevenue un pays à économie détruite où les compagnies pétrolières ont retrouvé la part de gâteau confisquée par Kadhafi. En Afrique rien n’est réglé et nous y restons pour éviter le pire mais sous une forme nouvelle de colonisation en essaimant nos armées un peu partout. Nous sommes aussi présents dans les pays de l’Est de l’Europe avec les américains qui prônent le danger russe pour mettre la main sur l’Europe. Le cumul des forces de l’OTAN aux frontières de l’Europe avec la Russie n’est rien d’autre qu’une nouvelle provocation avec l’espoir que Poutine se raidisse et offre le flanc à un conflit. 

Alep devrait faire comprendre à nos concitoyens combien nos politiciens du Système ont joué contre leur propre pays. Tout ceci amène des dépenses supplémentaires de défense sans permettre de moderniser réellement nos forces et nous payons cher finalement la vente des Mistral qui enrichit Dassault. Mais pire sont les guerres en Libye et au Moyen-Orient (nous gardons le silence sur la guerre et les massacres au Yémen). Cela aboutit à l’immigration massive vers l’Europe et au renforcement du Dar al-Harb, le « domaine de la guerre ». L’islam est en guerre et le pétrole du Moyen-Orient lui a donné l’argent, les occidentaux les armes, la formation et l’aide de ses conseillers et de ses satellites d’observation. La lutte contre Daech reste une mascarade. Les chiites d’Irak luttent contre les sunnites et nous jouons un double jeu qui s’avère catastrophique. Alep fait sortir la vérité.
 
Notre pays, pris dans l’UE, s’est laissé entraîner dans l’OTAN 

Offrant ses armes et ses soldats à des États-Unis

Qui font travailler les autres à leur place. 

Notre petit chef de guerre a ainsi pu

Se faire couronner… en Afrique !

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon