dimanche 8 janvier 2017

Écologie et politique énergétique (2ème partie)

Le coût du kWh nucléaire n’est supérieur qu’à celui de l’énergie hydraulique. Cette dernière est liée à la construction de barrages et le réseau fluvial français n’est pas loin d’être arrivé au maximum de l’équipement possible. Le nucléaire est venu éviter la construction de centrales thermiques polluantes qui ont d’ailleurs permis à la conférence sur le climat de Kyoto en 1997 de placer la France dans les pays industrialisés ayant le plus faible taux de CO2. Curieusement la France n’en a tiré ni gloire ni avantage, mais a au contraire pris la tête du mouvement contre le réchauffement climatique dont la cause officialisée par les représentants des États, auteurs des documents fournis aux gouvernements, est le CO2. J’ai déjà eu l’occasion de dire combien ces derniers textes transforment en certitudes les prévisions probables écrites dans les rapports du groupe de scientifiques du Giec. Ceci est normal puisque qu’aucun modèle mathématique, dans la centaine de ceux pris en compte, ne fournit des prévisions conformes à la réalité observée jusqu’à présent.

L’écologisme, chauffé à blanc par les Maîtres du Monde, a imposé le rejet du nucléaire et la promotion des énergies renouvelables (EnR). En fait deux raisons y ont contribué. De grands lobbies se sont constitués pour exploiter cette énergie aux frais des États qui subventionnent, et des usagers qui paient les surcoûts. La seconde raison est le filon du réchauffement climatique qui impose au monde une voie unique sous contrôle, la lutte contre celui-ci par la réduction du CO2 anthropique. Ceci s'est traduit par la mise en œuvre de la taxe carbone qui engendre un marché des droits dont se repaissent les multinationales dans une bourse d’échange mondiale et aussi les gestionnaires de ce marché dont Al Gore, ainsi que la politique des énergies renouvelables affichées non polluantes en CO2. L’obligation de traiter au niveau mondial la lutte contre le réchauffement, comme la lutte contre les maladies, vient donner tout son poids à l’obligation de la globalisation qui s’appuie sur la mondialisation devenue incontournable. 

Jusqu’à présent rien n’avait arrêté ce rouleau compresseur et la France de Hollande s’est même mise encore au premier rang avec la COP21 à Paris en se posant en sauveur de l’humanité. Même le retrait de l’Australie de la course anti-carbone, pays très écologique notoirement connu, n’avait pas entamé le concert écolo-politique et médiatique de la lutte pour la survie. Si la COP22 à Marrakech fut beaucoup plus tristounette, ceci n’est dû qu’à la position franchement eurosceptique du prochain locataire de la Maison Blanche. Il est trop tôt pour mesurer l’impact que cette position américaine va avoir sur la course aux EnR, mais il est très probable qu’il sera considérable. Le retrait des accords de la COP21 par les États-Unis, l’un des deux pays les plus pollueurs en CO2, signerait la fin de ceux-ci. Il est même probable que ce sont les centrales thermiques qui prendront le premier relais aux États-Unis, le pays pouvant utiliser le charbon et le pétrole en quasi autonomie. Le nucléaire est très long à mettre en œuvre et ne peut arriver que dans un deuxième temps.

Avec une élection présidentielle en avril, la politique énergétique française peut donc subir de nouvelles inflexions et les kilomètres de route photovoltaïque à prix d’or vont peut-être rester une monstruosité écologique. Mais nous dit-on, qu’importe que l’on vide notre porte-monnaie si nous avons gagné sur notre santé et sur la survie de l’humanité ? Argument recevable docteur Watson. Pour répondre je vais oublier mon scepticisme sur la causalité du CO2 dans le réchauffement climatique et même celui sur la réalité de ce dernier. Si l’on se fixe l’objectif de réduction du CO2 avec les EnR, il faut faire fonctionner conjointement les EnR et les centrales thermiques pour pallier l’intermittence de celles-là. Les informations sur la consommation électrique nationale, en 2014 et 2015, nous montrent dans le tableau ci-dessus que l’augmentation de 1 kWh produit par les EnR s’est traduit par la production de 1 kWh supplémentaire des centrales thermiques. Autrement dit plus vous développez les EnR, plus les centrales thermiques rejettent du CO2, avec beaucoup d’autres saloperies chimiques et des suies, fines particules que nous envoient généreusement l’Allemagne et certains pays de l’Est pour obscurcir l’air de nos villes par vent d’Est. 

J’avais déjà publié dans un article précédent les chiffres sur les productions électriques EnR et thermiques que chacun peut consulter sur le site officiel. Pourquoi, à votre avis n’en parle-t-on jamais ? Parce que la réduction des émissions de CO2 par les EnR est un leurre au mieux et une arnaque plus sûrement. Peu importe diront certains, les EnR nous rendent plus indépendants pour la production électrique. Nenni, à partir du moment où il faut faire fonctionner plus les centrales thermiques, nous devons pour ce faire importer le charbon, le pétrole et le gaz. Nous devenons au contraire plus dépendants.

Mais dans un pays qui recherche de la croissance et de l’emploi, la construction de panneaux solaires et d’éoliennes reste un objectif économiquement souhaitable, non ? Si nous construisons tout, d’une part nous sommes dépendants des terres rares nécessaires vendues par une Chine qui détient 90% du marché mondial, d’autre part nous devons mettre des droits de douane sur les produits EnR chinois, ce qui est d’ailleurs fait. Ceci prouve que nous n’avons pas non plus la compétitivité nécessaire et que nous devons subventionner ces emplois pour qu’ils existent, et ceci à hauteur de la différence entre le coût de l’achat à la Chine sans taxe douanière et le coût français de construction des EnR. 

L’implantation des EnR n’est-elle pas justifiée par la nécessité de faire face à une importation d’électricité à partir des pays voisins ? Non, la France est globalement exportatrice d’électricité à hauteur de 61,7 TWh soit 11% de la production totale. N’est-elle pas nécessaire pour remplacer les centrales nucléaires à bout de souffle ? L’arrêt des centrales nucléaires peut être décidé de deux façons. La première l'est par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) en charge de la surveillance du bon fonctionnement des centrales en particulier pour tout ce qui a trait à la « sûreté », terme technique dont la traduction populaire est « sécurité ». La seconde est l'arrêt par simple décision politique, l’État étant actionnaire d’EDF avec une possibilité de blocage. Sur le premier point, l’ASN a demandé un plan de rénovation et d’amélioration de la sûreté, plan pris en compte par EDF. Cette action est en cours et 18 centrales seront arrêtées durant l’hiver pour des causes diverses liées à ce plan et à la maintenance normale. Par contre l’ASN n’a formulé aucune demande d’arrêt pour cause de sûreté jusqu’alors. L’arrêt de Fessenheim est une décision politique.

La décision de remplacer des centrales nucléaires par des EnR est donc une décision purement politique. J'ajoute que la durée de vie des centrales a d’ailleurs été augmentée de 40 à 55 ans depuis leur construction et les États-Unis l’ont augmenté jusqu’à 60 ans sur un parc d’une centaine de réacteurs nucléaires. Que reste-t-il de l’argumentation pour les EnR ? Pas grand-chose, pour ne pas dire rien. Mais ce peut-être tout si on pose comme condition incontournable la dangerosité du nucléaire. C’est là que l’écologie tourne à l’écologisme. Qui peut dire qu’une entreprise chimique ne procurera jamais un accident type AZF à Toulouse ou plus grave encore, catastrophique comme à Bhopal en Inde en 1984 ? Le nucléaire n’échappe pas non plus à l’idéologie du « risque zéro », chimère du principe de précaution. Souvenons-nous, la voiture a toujours tué, l’électricité aussi… et beaucoup au début, pourtant on en a accepté le risque et bien nous en a pris. 

La politique énergétique française sur l’électricité est un non-sens.

L’écologisme finit par militer pour des solutions contraires 

Aux objectifs qu’il défend pour finalement l’intérêt

Des Maîtres du Monde qui ont projeté 

D’en tirer le meilleur profit grâce…

 Au réchauffement climatique !

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon