mardi 17 janvier 2017

Quid du revenu universel, de base, d’existence, de survie ? (2ème partie)



Benoît Hamon propose une évolution progressive vers un revenu universel, donc comme son nom l’indique distribué à tous. Sa progressivité est proposée pour désamorcer la critique immédiate du coût de l’opération qui représente des centaines de milliards (65.000.000 x 750 euros x 12) soit près de 600 milliards par an. C’est près de deux fois le budget de l’État donc impossible. On peut évidemment y compter les enfants à charge pour une ½ part comme pour les impôts et enlever les 5% des citoyens les plus riches. On dépassera néanmoins les 450 milliards, ce qui reste inacceptable. Benoît Hamon tue son idée en la fracassant sur la réalité des chiffres, mais le problème de la diminution inéluctable du travail offert aux humains reste entier. Il n’a en fait que deux solutions, la diminution programmée de la population mondiale, ou la distribution de revenus aux sans emploi selon les principes de l’allocation chômage. C’est cette deuxième option qui est prise par Benoît Hamon.

Mais il faut aussi prendre en compte l’aspect psychologique de la perte d’emploi qui rend malheureux ceux qui y sont rejetés. Le célèbre proverbe « L’oisiveté est le pire des vices » prend alors une nouvelle dimension. La solution consistant à ne donner un revenu universel que contre un travail utile suppose que l’on exclue certains travaux d’intérêt public dans la robotisation. Cela fait penser aux emplois-mairie à caractère social. Si l’on suit ce raisonnement, on ne peut pas le généraliser au privé sinon on va aboutir à une élévation des coûts des produits. Cette solution reste trop onéreuse pour l’État et ne prend pas en compte l’impression de déchéance ressentie par les personnes sans travail. Il faut donc repartir de ce constat pour penser un monde où une partie de l’humanité travaille et une autre non, les deux trouvant un équilibre dans chacune des situations. Il s’agit d’une révolution culturelle et intellectuelle qui demande que les actifs ne s’opposent pas aux inactifs et que ces derniers ne cèdent ni au désespoir ni à la tentation de procéder à des sévices sur le reste de l’humanité. Sur ce dernier point malheureusement la réalité des camps de réfugiés et de certaines banlieues nous donnent des informations inquiétantes. 

Nous abordons un monde complexe où vont se combiner ou s’opposer deux mouvements en marche selon le regard que nous portons sur eux : la robotisation et le transhumanisme. Ce dernier a pour objectif de lutter contre le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort grâce aux biotechnologies et d'autres techniques émergentes. Les deux mouvements concourent à augmenter le nombre d’inactifs. Le premier en supprimant des emplois et le second en augmentant le nombre d’inactifs par la prolongation de la vie. C’est un énorme défi qui est posé à l’humanité toute entière. Dans ce nouveau monde on peut y ajouter la fulgurante progression de l’intelligence artificielle dont les effets ne sont pas que bénéfiques en particulier avec les robots. Les robots « soldats » sont déjà en cours d’expérimentation donnant une nouvelle impulsion aux guerres par la moindre implication de l’homme. Mais le besoin d’une éthique dans ce domaine montre que nous jouons à l’apprenti sorcier. Si l’intelligence artificielle dépasse celle de l’homme, comment l’homme pourra-t-il se protéger d’agressions possibles voire de guerres de ceux-ci contre l’humanité ? La simple cohabitation de l’homme avec des robots humanoïdes va rapidement poser des problèmes de société.

Il en résulte que l’aspect financier n’est sans doute pas le plus difficile à régler même s’il ne peut être écarté lorsque l’on pose le bonheur de l’homme et la survie de l’humanité comme objectifs et non son esclavagisme et sa réduction en nombre à une élite ploutocratique comme le pensent ceux qui influent de toute leur puissance sur les destinées du monde. L’eugénisme de ces puissants est en effet une réelle solution qui rejoint le chœur de ceux qui clament : « la planète ne peut plus suffire à une augmentation de l’humanité et celle-ci mourra de toutes façons de ses déchets polluant terres, mers et air ». C’est vers cette solution que l’on se dirige ostensiblement grâce aux guerres, aux épidémies, aux vaccins et produits pharmaceutiques contenant des adjuvants nocifs, aux chemtrails (épandages dans l’air par des avions de produits agressifs sur l’homme), etc. Il nous faut d’urgence lutter pour notre survie en luttant contre cette destruction systématique de l’humanité inutile et trouver d’autres solutions. 

Mon propos se limitera à la simple partie financière qui est le talon d’Achille de la proposition de Benoît Hamon et ce n’est déjà pas une mince affaire. Ceci n’exclut pas une discussion de fond sur l’encouragement que le revenu universel peut exercer à en bénéficier par refus du travail. De toute évidence nous devons aller vers une réforme fiscale de grande ampleur car on ne peut échapper à une solution solidaire entre actifs et non actifs. Une remise à plat de toutes les aides est nécessaire car le système n’a cessé de se compliquer et on finit par ne plus savoir qui a encore besoin d’aide pour faire face aux besoins vitaux. Par exemple, ceux qui sont propriétaires dans une maison ancienne qu’ils ne peuvent plus entretenir sont-ils mieux lotis que ceux qui peuvent payer un loyer dans un HLM avec une aide au logement ? La réponse est probablement non. Ensuite il s’agit de définir le montant d’argent dont doit disposer un célibataire, un couple, une famille pour assurer ses besoins vitaux. Cette étude est fondamentale et son évolution dans le temps doit avoir été prévue. Il s’agit d’un acte politique plus important que celui du SMIC réduit à un seul chiffre.

Cette étude touche d’ailleurs à des sujets démographiques qui rejoignent mes propos précédents. Par exemple, on y retrouve une politique familiale. La famille à moins de trois enfants qui ne résout pas le remplacement générationnel est-elle souhaitable ? Oui si l’on veut réduire le nombre d’humains, oui si l’on veut réduire le nombre d’enfants issus des populations immigrées récemment et beaucoup plus fécondes. Par contre on peut en faire un levier pour inciter à la procréation de trois enfants comme un objectif idéal donc le mieux aidé avec moins d’aide au-dessus et au-dessous. Ceci avait été un crédo de la politique familiale ancienne qui avait du bon. 

Ceci étant clairement défini, il faut élargir l’assiette des impôts payés au titre des revenus, c’est-à-dire le nombre de personnes payant cet impôt et supprimer la CSG qui ne fait que compliquer le système fiscal et ne garder que l’impôt sur le revenu, la TVA et les taxes foncières et d’habitation. On doit aussi supprimer la CSPE, taxe dont le montant ne cesse d’augmenter sur la facture d’électricité, la vérité du coût du kWh amènera à des décisions politiques plus claires. D’une façon générale une taxe ne doit qu’avoir qu’un seul but et ne pas se voir dispersée sur des objectifs de plus en plus nombreux. La dispersion des collectes d’impôts entre communes, agglomérations de communes, départements et régions est nuisible à la clarté du système fiscal. Tout devrait remonter au niveau de l’Etat, charge à lui de redistribuer aux régions avec une modulation possible suivant les caractéristiques démographiques et économiques de ces régions. La redistribution se fait de haut en bas et non l’inverse. Il en va de l’autorité de l’État et de l’unité de la République et de la nation que l’on s’ingénie à détruire.

On ne peut pas résoudre le problème du revenu universel si on ne commence pas par cette étude et la simplification de notre système fiscal. Le prélèvement à la source n’est pas ce qu’on appelle une simplification. Néanmoins ceci ne résout pas le nécessaire apport d’argent pour une plus importante distribution. Il nous faut parler aussi de ceux qui créent la richesse. Nous en reparlerons.


Pour gérer une nation il faut regarder loin devant soi. 

Nos dirigeants politiques raisonnent à courte vue.

Les réformes de fond sont trop risquées. 

Elles mettent en danger leur carrière

Et sont comme un ballon de rugby. 

Elles passent de main en main

Pour finir par être enterrées 

Sous la mêlée des votes !
   
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon