samedi 24 septembre 2016

Mondialisme contre souverainisme

Il faut se persuader qu’il n’y a plus ni gauche ni droite en France et d’ailleurs en Europe, les valeurs fondatrices basées sur la laïcité, l’Etat protecteur, et les Droits de l’Homme pour la gauche, et la liberté de penser et d’entreprendre, le libéralisme, la sécurité et la défense de la patrie pour la droite, ont traversé les courants politiques majeurs mêlant le tout dans une « droiche » de la pensée unique. Le socialisme est devenu libéral et la droite est devenue européenne, les deux fondus dans un mondialisme qui régit tout. Il faut désormais des trésors d’imagination pour trouver ce qui les différencie. La droite de 2012 s’est accoquinée avec les Etats-Unis et l’OTAN pour faire une guerre désastreuse en Libye, approuvée par la gauche. La gauche de 2017 s’est accoquinée avec les mêmes pour faire une guerre encore plus longue en Syrie et pour sanctionner la Russie désignée comme ennemi numéro un avec l’approbation de la droite. Les deux se sont abrités sous l’impérialisme américain pour lequel le mondialisme est le vecteur de progression de son hégémonie. 

Car le mondialisme se résume-t-il à cette vue idyllique d’une planète où nous serions tous frères, libres et où les frontières abolies favoriseraient l’enrichissement culturel des civilisations pour tendre vers une nouvelle civilisation où nos croyances seraient enfin coulées dans un même moule garantissant une paix planétaire ? Le mondialisme mettrait-il en commun toutes les forces humaines pour améliorer la santé de l’humanité, la conservation de notre planète ? Est-ce le concept d’un monde meilleur devenu possible par l’augmentation de la vitesse de déplacement sur la planète et la toile de communications à la vitesse de la lumière ? Est-ce le porteur de la régulation démographique de la planète en adéquation avec ses ressources ? 

Nombreux sont ceux qui répondent oui à l’ensemble de ces questions parce qu’ils ne se posent pas celle du « comment » le mondialisme compte arriver à ses fins et parce qu’ils pensent que les hommes qui gèrent le mondialisme ne peuvent que vouloir le bonheur des terriens. Ils ont oublié que les hommes ne sont pas ceux de Jean-Jacques Rousseau mais de François-Marie Arouet, dit Voltaire. Les hommes sont foncièrement cupides, jouisseurs et avides de pouvoir. Les religions, les philosophes et la pensée des sages leur ont fait accepter des règles du « vivre-ensemble » auxquelles ils essaient de se conformer. Mais l’exercice du pouvoir leur laisse la latitude de s’en affranchir presque à leur guise. Le mondialisme ne s’impose pas de lui-même, c’est une construction humaine. Chacun sait que l’argent permet tout, dont d’acheter les biens et les consciences des hommes. Donc l’argent est non seulement nécessaire à la pensée mondialiste mais il en est devenu l’instrument et la raison d’être. 

L’unification de la planète veut dire la disparition des nations, donc des identités de celles-ci, et une pensée « religieuse ou athée » unique répondant aux grandes interrogations de l’humanité sur sa raison d’être et sur l’après, car tout doit être gommé et rien ne doit être laissé au hasard. Un tel projet humain doit avoir au moins un groupe d’hommes œuvrant dans le même sens et disposant du pouvoir… de l’argent. Ce groupe d’hommes puissants est seul capable de réussir ce projet et d’en exercer la gouvernance. La puissance de leur argent doit dépasser celle des États pour les conduire vers l’objectif mondial. Elle est contenue dans la circulation mondiale des biens et des capitaux, essentiellement tenues par les multinationales et les banques. Ces derniers n’œuvrent que pour l’accumulation des richesses et dans le but de les partager le moins possible. Les hommes sont les tâcherons indispensables, tout-au-moins pour l’instant, à cette accumulation de richesses. Pour vivre et continuer leur labeur, ils doivent être rémunérés, mais moins ils sont nombreux moins ils coûtent. 

Ils sont très nombreux, trop nombreux même. D’ailleurs ce ne sont pas les puissants qui le disent mais tous ceux qui s’inquiètent de voir une démographie promettant 9 milliards d’individus dans un avenir humainement proche. La planète serait devenue trop petite et les ressources vitales insuffisantes. C’est exactement ce que pensent les puissants d’autant plus que plus le nombre de terriens augmente plus il est difficile de les couler dans un même moule. Il est indispensable qu’ils se rendent compte que leur survie est liée à des décisions mondiales comme la santé par l’OMS, le climat par l’ONU (le Giec) auxquelles il devra se conformer et dont les Etats sont priés de les faire exécuter. Grippe aviaire, Ebola, Zika, réchauffement climatique, etc. sont les menaces qui leur font prendre conscience qu’ils ne sont plus rien sans ces décideurs mondiaux. Le mondialisme se résume alors à une conquête du monde par l’argent car tous ces décideurs sont manipulés par ces puissants dont on parle peu et dont surtout on ignore la puissance, les Rothschild, Rockefeller, Goldman Sachs, Soros, Morgan, etc. 

On ne fait plus la guerre pour se défendre, on la fait pour s’accaparer des richesses et détruire tout régime récalcitrant. Ce dernier point permet toutes les ingérences et l’utilisation de faux prétextes. Mais les guerres demandent de l’argent, beaucoup d’argent. Elles sont l’un des principaux secteurs d’enrichissement du complexe militaro-industriel dans lequel les banques ont leur pouvoir et sont les pourvoyeurs de l’argent prêté aux Etats. La guerre enrichit les puissants par son simple déroulement. C’est pourquoi ils n’aiment pas la paix et œuvrent en permanence pour attiser les conflits. Il en est de même en économie. Leur mainmise doit s’étendre le plus loin possible, le TAFTA en est un exemple. Ils ont été les promoteurs du pétrodollar qui leur permet de contrôler l’essentiel des échanges et de disposer d’un monnaie incontournable. Voilà le vrai visage du mondialisme, une affaire de gros sous, une pompe à fric des peuples, un projet de domination du monde pour quelques centaines de privilégiés qui ne reculeront devant rien pour disposer du monde à leur guise, et même d’en réduire le nombre d’habitants à seuls ceux qui sont aptes à produire… mieux que les robots. 

Notre arme reste le souverainisme des nations qui permet de combattre le nivelage des identités, la disparition des nations, le servage, la disparition des moyens de défense de l’individu, le choix imposé de son avenir, le formatage dans un individu asexué et aliéné. On doit lutter contre l’argument de la dangerosité du souverainisme auteur des guerres et du repli sur soi. Le mondialisme nous met dans la guerre en permanence, les États-Unis sont en guerre depuis plus de deux siècles et sont les acteurs fondamentaux du mondialisme. Le peuple ne souhaite pas les guerres et le repli sur soi est contraire à l’esprit de convoitise des biens des autres peuples dont le mondialisme se nourrit par la guerre militaire et économique. Les frontières définissent un espace où les peuples se construisent, défendent une identité et échappent au contrôle d’une puissance étrangère. C’est le vrai débat de la nouvelle présidentielle et il faut en être conscient. Il y a des souverainistes à gauche et à droite, il est capital de les soutenir car c’est le combat de David contre Goliath mais notre survie en dépend. 

Il y a différentes façons d’être « citoyen du monde », 

Le mondialisme nous en propose la pire 

En supprimant toute décision… 

Souveraine aux peuples 

Et aux États ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon