lundi 19 septembre 2016

L’avenir ? Faillite, invasion et guerre

Hollande promet, Hollande distribue à tout le monde, baisse d’impôts, aide aux victimes d’attentats, tunnel pour les animaux sous les autoroutes, même les animaux ne sont pas oubliés ! Seulement voilà les caisses sont vides. Le déficit de 77 Mds€ ne peut plus augmenter car la croissance est faible et les 3% du PIB doivent être atteints. Après avoir repoussé l’échéance grâce à deux reports dans le temps accordés par Bruxelles, la France est mise devant ses responsabilités. On a beau jeu de tout promettre pour 2018 avant les présidentielles. Hollande est en mauvaise posture et rien n’est négligé pour promettre la lune, il sera toujours temps d’aviser une fois élu. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Pour l’opposition, on ne manquera pas de faire un audit de la gestion précédente et montrer que la situation est si catastrophique que les promesses ne peuvent être tenues et qu’un effort de solidarité nationale est nécessaire. Car la faillite rôde et, grâce à l’Allemagne et à la forte épargne française l’Etat emprunte à des taux quasi nuls. La BCE délivre même aux banques privées des taux négatifs pour des durées inférieures à 8 ans.

Comme il est de bon ton de dire que l’on n’augmente plus les impôts, enfin l’impôt sur les revenus que paye désormais une minorité de contribuables, il faut trouver l’argent ailleurs. Il y a la méthode classique qui consiste à augmenter les taxes. C’est ce qui va être pratiqué sur le carburant et les péages, l’automobiliste étant la vache à lait que l’on peut traire d’autant mieux que le baril a vu son prix divisé par 2. Les taxes ne disparaîtront pas avec l’augmentation du prix du baril qui ne peut que se produire puisque son prix a touché le fond. Mais il y a une autre ponction possible, c’est celle qui consiste à décentraliser les tâches de l’État sans augmenter les subventions à hauteur de la compensation nécessaire, voire même à ne rien compenser du tout. Les impôts des collectivités territoriales ne cessent donc d’augmenter et la réduction des subventions de l’État à celles-ci sont une façon particulièrement prisée pour réduire le train de vie de l’État. Depuis 2011 on assiste ainsi à une baisse de 3,7 Mds€ des subventions aux collectivités et une augmentation des impôts locaux de 6,4Mds€. Pour le contribuable c’est équivalent à une augmentation de près de 12% de 2011 à 2015 sur l’impôt des revenus. Les chiffres de 2016 montreront que ce pourcentage est dépassé et ne parlons pas de 2017 et 2018.

Mais ceci ne suffit pas à étancher la soif d’argent de l’Etat. Désormais son regard est pointé vers les collectivités locales dont l’opulence est source de convoitise du loup famélique qu’est devenu l’Etat. Pour redresser les comptes publics, l'Etat ne se contente plus de leur baisser les dotations. Il demande maintenant à certaines de lui verser de l'argent. le symbole est marquant, la logique s'inverse : l'Etat ne donne plus aux communes, il leur prend. Luberon, Saint-Tropez, Rungis, Flamanville, Porcheville, Roissy... En plein été, le ministère des Finances a publié dans le « Journal officiel » la liste de ces collectivités qui lui doivent de l'argent. Cela vient s’ajouter à la vente du patrimoine, comme les aéroports, les bâtiments historiques, et au désengagement de l’Etat dans les sociétés d’importance stratégique comme récemment Matra. Le schéma à la grecque se met en place pendant que les candidats à la présidentielle pérorent comme si tout allait se régler par quelques mesures phares sous le prétexte que la France recèle un potentiel remarquable. Tout cela c’est du vent, car la réalité sera dure et le peuple devra chèrement alimenter la chaudière de l’Etat s’il ne veut pas qu’elle s’éteigne. Le monde de la finance continuera de son côté à pomper l’argent du consommateur. Quand on évoque la faillite de l’État, il faut comprendre qu’il s’agit de la misère du peuple.

Le sommet de Brastivala (Slovaquie) a montré la volonté des 27 de ne rien changer dans l’Union. Selon eux, tout peut continuer comme avant, pourvu que l’Allemagne ne fasse plus entrer de migrants. La BEI, la banque européenne d'investissement installée dans le paradis fiscal du Luxembourg, devrait augmenter le financement des investissements stratégiques mais elle a rechigné à aider la Grèce qui en avait le plus besoin, mais un pays débiteur n’intéresse pas les banquiers. Aucune leçon n’a été tirée sur les raisons du départ du Royaume-Uni qui n’était d’ailleurs pas présent alors qu’il n’a toujours pas signé l’article 51 de sortie de l’UE. La seule crainte est le deuxième plan d’appel à l’immigration d’Angela Merkel mais aucun empêchement n’a été formulé. Aucune allusion, ni aucune décision stratégique n’a été prise concernant le terrorisme après la publication de l’ouvrage de Daech « Le Management de la barbarie », et n’a donc observé que la manière actuelle de lutter contre le terrorisme, ce qui est exactement ce à quoi les terroristes veulent conduire l’Union.

Par contre dans le contexte actuel, celui des guerres de Syrie et du Donbass, l’Union feint de croire à une menace d’invasion russe. Il y a un an et demi, elle se dotait d’une « East StratCom Task », c’est-à-dire d’un discret bureau de propagande antirusse qui abreuve des milliers de journalistes de ses « informations ». Cela a permis à Hollande, notre chef de guerre, de surfer sur le projet d’armée commune européenne qui sera discuté lors du sommet du mois de décembre. Cela remet à l’ordre du jour la Communauté européenne de Défense (CED) qui devait réunir la France, l’Allemagne de l’Ouest et le Benelux dans les années cinquante. Mais cette fois l’Allemagne a reconstitué son armée et intervient sur des théâtres opérationnels dans le cadre de l’OTAN. Comme en 1954, il est évident que ce projet est une pression états-unienne pour enrôler les Européens dans de prochaines guerres. Et il n’est pas étonnant que, cette fois, le Royaume-Uni post-Brexit y soit opposé.

Mais au Moyen-Orient la guerre reprend avec une guerre indirecte entre les États-Unis et la Russie, entre la coalition occidentale et les alliés de la Russie qui défendent la Syrie. La trêve conclue entre les deux pays ne s’est pas appliquée à toutes les factions du théâtre d’opération. On peut déjà dire qu’elle a vécu. Le 17 septembre, pour la première fois, l’aviation américaine a tué entre 60 et 80 soldats de l’armée arabe syrienne à Deir Ezzor. Loin d’être fortuite, cette attaque a eu lieu au moment même où l’armée nationale affrontait une offensive de Daech. L’excuse d’erreur n’est évidemment qu’un gros mensonge comme celui des armes chimiques attribuées à Saddam Hussein. L’attaque a été menée par une formation d’appareils de combat à quatre reprises sur une colline-clé tenue depuis des mois par l’armée syrienne pour la défense de toute la zone, où 100 000 habitants sont encerclés par Daech. Le communiqué de victoire de Daech ne s’est pas fait attendre après la reprise de cette colline qui s’en est suivie. Pourquoi intervenir dans cette zone ? Pour aider les troupes syriennes ? Les États-Unis ne l’ont jamais fait. C’est visiblement pour aider Daech à Alep. Cette bataille, avec celle de Raqqa est décisive. Le Danemark et le Royaume-Uni, après l’ Australie, viennent de révéler avoir participé à ces attaques aériennes. Suite à cet incident, Moscou a convoqué d'urgence une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu. Rappelons que l'attaque en question est survenue une semaine après l'accord Lavrov-Kerry sur la Syrie. Dans le cadre de l'application de ce dernier, une trêve a été instaurée sur l'ensemble du territoire syrien mardi à 19h00 heure locale.

Il est clair que les États-Unis veulent éviter que la guerre en Syrie, d’abord faite contre Bachar el-Assad et non contre Daech, soit gagnée par celui-ci avant les élections présidentielles américaines car c’est indirectement une victoire russe sur la coalition occidentale dont les États-Unis sont les patrons. Obama profite de la fin de son mandant pour oublier définitivement qu’il a été décoré par le prix Nobel de la Paix et prépare le terrain pour Hillary Clinton, soutenue par les financiers, le complexe militaro-industriel, la CIA et la NSA, pour prolonger l’hégémonie américaine par des guerres et des ingérences partout dans le monde. Ceci est particulièrement inquiétant car la stratégie américaine entraîne avec elle une Europe soumise à une vassalisation avec une présence militaire américaine renforcée, une emprise commerciale avec le TAFTA , un chaos par un peuplement non assimilable et un terrorisme implanté. N’oublions pas que pour 29% des musulmans sondés dans une étude de l'Institut Montaigne, la charia est plus importante que la loi de la République.

Ce rapide parcours des évènements présents montre l’indigence des programmes politiques français qui nous sont présentés pour l’instant. La géopolitique est la source des politiques nationales, elle leur donne le cadre dans lequel elles doivent se mouvoir. La politique de l’UE dépendante de la politique américaine, la politique hégémonique des États-Unis, la prédominance de l’Allemagne sur l’Europe, le Brexit et ses conséquences, la politique d’islamisation du monde, la naissance d’une nouvelle vision planétaire par les BRICS, le yuan devenu une nouvelle monnaie de réserve et l’affaiblissement du dollar, l’affaiblissement de la croissance du monde occidental, la révolution technologique de la robotique et son impact sur le chômage, les faillites bancaires et le risque systémique, la montée vertigineuse de la dette mondiale, etc. etc. sont les marqueurs auxquels tout programme politique doit répondre. En trouvez-vous la trace avec leurs conséquences sur la France dans les programmes ou les discours de la plupart des candidats ? 

Depuis la deuxième guerre mondiale, jamais la France n’a été autant en danger.

Les menaces sont multiples et leurs conséquences sont immenses. 

Nos concitoyens le sentent, confusément pour beaucoup.

L’heure arrive où nous allons devoir faire un choix, 

Crucial que l’abstention ne peut résoudre,

Et cela sans un chef providentiel ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon