lundi 12 septembre 2016

Derrière le djihadisme, l’islam politique des Frères Musulmans (1ère partie)



En 1970, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 2625 explicitant les principes du Droit international édictés dans la Charte. Ce texte proclame : « Tous les États doivent aussi s’abstenir d’organiser, d’aider, de fomenter, de financer, d’encourager ou de tolérer des activités armées subversives ou terroristes destinées à changer par la violence le régime d’un autre État ainsi que d’intervenir dans les luttes intestines d’un autre État ». Non seulement nous n’avons tenu aucun compte de cette résolution pour aller en Syrie contre l’avis de son Président mais nous allons dans de nombreux Etats soit-disant appelés par les autorités que nous avons nous-mêmes placées à leur tête. Mais nous faisons mieux nous mélangeons allègrement l’économie et la lutte contre le terrorisme. Nos relations avec les trois pays du golfe, Arabie Saoudite, Qatar et Koweit, sont des plus ambigües mais cela ne chagrine nullement le chef de l’État. Pourtant de notoriété presque publique, en tous cas connu de nos services de renseignement, les liens du terrorisme islamique avec ces trois pays sont anciens et toujours d’actualité.

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef, également ministre de l'Intérieur, a été décoré de la légion d'honneur par le président François Hollande, qui l'a reçu à l’Élysée le 4 mars 2016, sans doute pour l’encourager à augmenter le nombre de 70 décapitations exécutées depuis le début de l’année. La légion d’honneur est une prime d’encouragement à la réalisation de promesses de 20 contrats pour 10 milliards d’euros escomptés dont 500 millions avaient déjà été réalisés par la vente d’hélicoptères. 

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Le Premier ministre koweïtien, Cheikh Jaber Al Moubarak Al Hamad Al Sabah, a effectué une visite officielle en France, du 19 au 22 octobre 2015. Bien que les contrats signés relèvent principalement du domaine de la sécurité et de la défense, quelques autres ont trait au domaine culturel, universitaire et scientifique. Au cours de ce déplacement, Cheikh Jaber a rencontré le Président François Hollande, auquel il a remis une lettre de l’Émir l’invitant au Koweït.

Le troisième larron et pas le moindre est le Qatar. Non seulement nous avons ouvert toutes grandes les portes aux investissements qataris mais nous allons beaucoup loin. Le 24 mai 2015 le journal El Manchar a publié l’information suivante : la banque centrale du Qatar a l’intention d’acheter de la dette publique de la France, en échange de la cession de la banlieue parisienne et de la ville de Marseille, a indiqué le cheikh Abdullah Bin Saoud Al Thani dans un entretien de ce dimanche. « La France a fait des pas vers son redressement. Avec une croissance de 1% cette année et 1,5% l’an prochain, elle soupire d’aise. Nous avons donc l’intention d’acheter sa dette publique » a déclaré ce cheikh au quotidien économique qatari Qatar Financial Information. En échange de la dette publique française qui s’élève à 2037,8 milliards d’euros, Paris s’engage à céder les banlieues à majorité musulmane et la ville de Marseille à l’émirat du Qatar. « Les français nous ont donné leur accord de principe. Les banlieues, au même titre que la dette, constituent un réel problème pour eux. J’espère qu’au terme de cet accord, ils parviendront à surmonter leurs difficultés autant sur le plan financier que celui lié à l’intégration de la communauté musulmane en France ». Canular ? Pas si sûr mais rien n’a filtré au contraire de la vente des 24 Rafale. 

La France est scotchée à ces trois pays du golfe, frères amis-ennemis, mais tous les trois mouillés jusqu’au cou dans le soutien aux divers mouvements terroristes. Il faut distinguer la monarchie sunnite wahhabite de l’Arabie Saoudite des deux autres pays, très liés avec les Frères musulmans, représentants de l’Islam politique et refoulés par l’Arabie Saoudite. Ces deux derniers sont particulièrement actifs dans l’aide financière aux mouvements djihadistes, même si le Koweit est plus discret. Depuis des décennies, le Qatar, à la fois allié au sein du Conseil de Coopération du Golfe et rival de Riyad dans la promotion du fanatisme islamiste, est devenu un pôle majeur de l'islamisme mondial, malgré sa petite taille mais grâce à ses énormes moyens financiers, à sa diplomatie offensive et à son soft power médiatique.

Le Qatar, monarchie wahhabite comme l'Arabie saoudite, mais à l'image plus moderne, est dirigée depuis 150 ans par la dynastie des Al-Thana, forte de 3000 membres et tiraillée par d'âpres rivalités entre tendances "modernistes" pro-Occidentaux (concept relatif dans ce pays) et wahhabites ou pro-Frères musulmans. Peuplé de 2 millions d'habitants, dont seulement 200 000 Qataris (80% de la population est étrangère), le Qatar est un tout petit pays de 11400 km² mais dont la puissance sans commune mesure avec le territoire vient du fait qu'il est le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) devant la Russie et l'Iran. Par ailleurs, le Qatar héberge l'une des plus grandes bases militaires américaines dans la région depuis qu'un traité a été conclu avec les États-Unis en 1995. Afin de préparer l'après-hydrocarbures, le pays des Al-Thani a investi dans une cinquantaine de pays dans les domaines suivants : finance, industrie, énergie, hôtellerie, produits de luxe, médias, mode, immobilier, etc. En échange d'avantage fiscaux exceptionnels, le Qatar a particulièrement visé ces dernières années la France, notamment sous les présidences de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.

Le processus s'est toutefois poursuivi sous François Hollande. Un Fond d'Investissement Commun a été créé en Juillet 2014 par la Caisse des dépôts et la Qatar Holding LLC afin de constituer un fonds de 300 millions d'euros destiné à investir principalement dans des PME françaises. C’est le côté Soft Power du Qatar, avec les médias et le foot ("religion de l'Occident") qui permet d'endormir les méfiances des "mécréants") par l’achat du PSG. Mais le Qatar a une autre main dans le djihad et la promotion du fanatisme islamiste tous azimuts. Nous en parlerons dans le prochain article. 

On dit en matière financière qu’il ne faut pas 

Mettre tous ses œufs dans le même panier.

C’est pourtant nos œufs dans l’islamisme 

Qui nous empêtrent dans le terrorisme

Où les doubles jeux sont suicidaires ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon