lundi 26 septembre 2016

Les illusionnistes sont en campagne présidentielle


C’est parti, la campagne de la présidentielle a vraiment commencé. C’est pour l’instant une partie à cinq, Marine le Pen, Sarkozy, Juppé, Hollande et Mélenchon. Hollande attend le dernier moment, comme Mitterrand, pour connaître les propositions de ses adversaires et leurs angles d’attaque. Macron met dehors tous ses crocs mais refuse de prononcer le mot « candidat », sans doute pour qu’un grand mouvement se dessine et le supplie de se présenter. A-t-il eu le soutien des banques de la City ? Si oui il va être le poison de Hollande et de Juppé, si non ce ne sera qu’une étoile filante. D’ailleurs Mélenchon mène son combat traditionnel et personnel contre Hollande d’une part et contre la fuite du monde ouvrier vers Marine Le Pen. A droite la lutte Sarkozy-Juppé est une lutte à mort et suffit pour meubler les médias et les journaux du 20h. Montebourg ne sait plus si l’eau du bain n’est pas trop froide pour aller affronter Hollande et se laisserait bien attirer par la promesse d’un poste de Premier Ministre socialiste contre son retrait de l’arène. Les jeux peuvent commencer.
Voilà les acteurs, qui sont tous formés de la même façon au duel politique et à la manipulation des électeurs. Il n’y a essentiellement que deux programmes, la pensée unique mondialiste et le souverainisme. La première est revue et corrigée par le président actuel et reformulée par le précédent. L’actuel s’évertue à montrer sa réussite, le précédent l’échec de l’actuel mais il s’agit toujours de la même politique mondialiste, blottie sous les États-Unis, l’UE et l’OTAN qui nous pilotent avec le pangermanisme renaissant en Europe. Pas question d’échapper à leur emprise, ni de cesser de guerroyer partout où on nous « appelle », ou non d’ailleurs si les États-Unis donnent leur feu vert. La sortie de l’euro est catastrophique, inutile d’en parler plus longtemps, la politique d’austérité allemande est la meilleure pour nous, l’immigration, comme le chômage, devient une situation pérenne à laquelle nous devons nous adapter, la sécurité implique la restriction des libertés, la Russie est notre ennemi, Bachar Al-Assad est un boucher, Israël et les pays du Golfe sont nos amis. Tout le reste n’est que nuances sur la politique économique, l’immigration et la sécurité.

A droite, les duettistes Juppé-Sarkozy, l’un repris de justice, l’autre toujours menacé de l’être, et tous deux acteurs importants de la situation dégradée de la France, font valoir leur expérience, leur calme ou leur activité fébrile. L’un appelle à ne rien faire pour le climat social et l’autre à renverser la table pour éviter l’immobilisme. Tous deux disent avoir tiré les leçons du passé (raté) et être les meilleurs guides pour l’avenir en illusionnistes professionnels. Tous deux rêvent de la fonction présidentielle, l’un parce qu’il a rongé son frein de Premier Ministre, et l’autre parce qu’il y a déjà goûté, comme les gamins avec le pot de confiture. Quand on constate que les marges de manœuvre d’un Président de la République se réduisent comme peau de chagrin avec la perte progressive de notre souveraineté nationale, on peut prédire que, dans le cadre de dépendance actuel, ils ne feront que ce qu’on leur autorisera de faire. On continuera notre mise sous tutelle étrangère et la perte de notre identité.

A gauche, l’enfumeur patenté Hollande tient serré le frein pour que son entourage le supplie d’y aller car finalement il n’y a pas beaucoup de volontaires vraiment crédibles. Il lâche les chiens mais reste à cheval caché sous le feuillage, habillé de façon voyante pour ne pas passer inaperçu. Il fait sonner du cor par ses valets, Marisol Touraine et Stéphane le Fol en tête. Il pare au plus pressé pour détruire les arguments de l’adversaire que l’on a laissé choisir le timing et le champ de bataille. Le discours à Calais est un modèle du genre de déminage. La « jungle » devra disparaître… Le magicien le promet. Son numéro est enfin au point après plus de quatre ans de recherche. Il faut disperser tout ce monde dans nos provinces, c’est simple. Les français pourront ainsi prouver leur identité de terre d’accueil. La tâche du gouvernement ? Procéder avec fermeté, détermination mais avec la précaution qu’exige les rapports humains ! (sic) Pour le reste, les français n’auront pas d’autres choix que d’ingurgiter un flux de migrants, dus à la politique imposée d’ouverture des frontières, flux dont on sait qu’il ne se tarira pas d’autant qu’une bonne partie vient d’ailleurs des terrains de combat au Moyen-Orient, comme les Afghans et les Albanais. Les frontières sont toujours des passoires et le peuple est invité à ouvrir le pays sans limite sous prétexte qu’ils ne sont pas nombreux… comme les premiers algériens venus seuls avec leur contrat de travail… et restés avec leur famille qui procrée. 

Mais le magicien avec son égérie Marisol Touraine a miraculeusement sauvé la Sécu en quatre ans… par un tour de passe-passe qui a gardé l’argent des cotisations sociales payées par les travailleurs et les entreprises, diminué le taux de prise en charge des médicaments, et laissé le complément aux mutuelles… pardon à l’assuré social. Les médecins libéraux sont quasiment fonctionnarisés et ceux des hôpitaux exploités, mal payés et en grève. Mais la Sécu est sauvée, enfin grâce à des prévisions jusqu’en 2060 et de mirifiques hypothèses sur la croissance et le taux de chômage. D’ailleurs parlons-en du chômage, ce n’est que 50.000 demandeurs d'emploi de plus en août, et 688.000 de plus depuis janvier 2012, soit 24% de plus, la courbe du chômage est enfin… renversante. Il est vrai que Hollande n’a pas de chance, le prix du baril de pétrole a tendance à remonter et l’euro ne persiste pas à baisser par rapport au dollar. Heureusement que le taux d’emprunt est toujours aussi bas. En soldant les anciens emprunts à taux fort et en prenant des emprunts à 5 ans à taux négatif, on peut faire baisser le remboursement des intérêts et… augmenter la dette. Youpi ! 

Nous assistons à un pitoyable théâtre de marionnettes 

Qui se piquent d’être de grands managers d’État

Mais ne sont que des pilleurs de son argent, 

Donc bien sûr du nôtre, de piètres valets

De puissances étrangères et donc… 

Des traîtres de leur pays !

Claude Trouvé 
Coordonnateur du MPF du Languedoc-Roussillon