mardi 28 juillet 2015

Que se passe-t-il en Chine et ailleurs dans le monde économique ?



La croissance chinoise faiblit, on parle désormais d’une croissance autour de 5%, bien loin de la croissance à deux chiffres. Les actions chinoises ont chuté de 8% lundi en clôture de la bourse de Shanghai. La Fed hésite à remonter les taux d’emprunt devant une stagnation de la croissance voire une rechute si l’on en croit les différents indicateurs disponibles. La croissance européenne est plus faible que sur l’ensemble des autres continents mais elle ralentit aussi sur le plan mondial. Tous les chiffres du graphique sont dorénavant encore revus revus à la baisse, dont ceux des États-Unis et de la Chine. Certes certains pays font beaucoup mieux et d’autres moins bien comme la Russie mais la raison vient des sanctions car la croissance était repartie là-bas.

Les deux moteurs de la fusée mondialisation sont la Chine et les États-Unis. Les deux grippent. Chez les deux les banques nationales ont déversé des liquidités sans compter. Le résultat a engraissé presqu’exclusivement les marchés. Aux États-Unis la croissance retombe et on est pratiquement en récession car les derniers chiffres sont manipulés pour ne pas avoir un deuxième mois de croissance nulle. En Chine la croissance s’effondre, les marché aussi, et la surchauffe immobilière laisse des villes entières vides. Du coup l’économie mondiale se porte nettement moins bien. L’UE s’endette de plus en plus, hors l’Allemagne. Les BRICS sont également touchés autour de l’axe Russie-Chine, avec en plus les sanctions sur la Russie qui appauvrissent la Russie et l’UE conjointement par la baisse des échangesLes pays de zone dollar vivent au rythme des États-Unis, comme le Canada qui se raccroche au gaz et pétrole de schiste. Mais l’ensemble de la planète s’endette après des politiques d’argent facile déversées en tombereaux par la Fed, la Banque d’Angleterre, les Banques du Japon et de Chine et dernièrement par la BCE. Nous sommes sur une pyramide de Ponzi, pyramide la pointe vers le bas, qu’un souffle peut faire basculer. Ce souffle c’est la confiance des peuples et des investisseurs. Forts de la certitude que l’argent coulera toujours, que la dette ne sera pas remboursée, les pays s’endettent dans des politiques électoralistes et de soutien à l’économie des lobbies.


Ceci a commencé avec la déconnexion de la monnaie avec l’or. Pourquoi en a-t-il été ainsi ? Parce que ce que permet l’or est limité à sa quantité physique existante. Le monde économique et financier ne trouvait plus assez de profits et sous-prétexte de libérer l’économie, soi-disant pour le bonheur du consommateur, on a commencé à créer de l’argent de Monopoly. Au fur et à mesure des besoins d’accroissement des profits des lobbies, des investisseurs et de la demande de dépense publique des États, ces liquidités ont alors envahi le monde et cela de plus en plus. L’appât du gain des lobbies et des investisseurs, la non-maîtrise des dépenses publiques par les États, créent une situation d’emballement dans laquelle nous sommes rentrés. Les banques renflouent les États et réciproquement alternativement avec toujours plus d’argent immatériel en circulation. Cela se termine par des bulles dévastatrices du côté bancaire et des faillites d’États de l’autre. Ron Paul dit : « C’est parce que l’or est honnête, qu’il n’est pas aimé des malhonnêtes gens ».

Rien ne va plus quand la confiance dans le système disparaît et que l’argent ne circule plus. C’est l’infarctus puis l’embolie. Imaginez que vos alimentiez sans aucune restriction le compte bancaire de votre enfant étudiant. Quelle précaution de gestion des dépenses prendra-t-il ? Quelles envies réprimera-t-il ? Oui en effet aucune, c’est le cas des Etats. Ce n’est plus comme autrefois, celui du franc-or. Il n’y a plus de limites, surtout quand de plus on pratique des taux d’emprunt voisins de zéro voire négatifs. C’est une autre violation des principes de base d’une économie saine. L’argent prêté, donc fruit d’un travail productif ou de la spéculation, demande une rétribution de l’emprunteur hors remboursement de la dette contractée. 

Pourquoi tout ceci s’emballe si vite désormais ? Cela tient au fait que nous sommes sortis des grands bonds de la science et de la technologie qui permettaient de créer de la demande et des gains de productivité, donc de la croissance à 3, 4, 5% voire plus. Fini le temps du chemin de fer, de l’automobile, de l’électricité, même la révolution de l’informatique et d’internet est derrière nous. Les moteurs de la croissance sont de plus petite taille désormais. Créer des besoins factices, comme l’immobilier en Chine et en Espagne, tourne dans le vide, c’est faire tourner les machines pour jeter la production. Cela ne conduit finalement qu’à de la perte et une réduction du chômage éphémère. Nous entrons donc dans une période de faible croissance dont nous ne sortirons que par une révolution scientifique et technologique majeure. Je ne pense pas que l’ère des robots en soit une, plutôt une évolution ayant un impact sur notre mode de vie.

Quelle croissance moyenne mondiale peut-on espérer ? Vraisemblablement autour de 0,5% de croissance réelle, non boostée artificiellement, avec des variations importantes de pays à pays, entre ceux qui arrivent dans l’économie et les autres. Quand un pays fait plus, il y a compensation en moins quelque part dans le monde. Il en résulte que vouloir faire 2% de croissance, c’est pour un pays comme le nôtre, faire payer cela par un autre pays. C’est le principe des vases communicants. Dans un égoïsme national ou européen, les États font miroiter une croissance qui ne peut perdurer. Ce faisant ils adaptent leurs dépenses budgétaires sur ce miroir aux alouettes. Le paysan lui savait autrefois quel était le produit moyen de ses terres. Son train de vie était adapté à celui-ci. Les bonnes années, il épargnait une part, en investissait une autre, pour passer les mauvaises années. Les États s’en moquent, certains paysans aussi qui ne comptent plus que sur les aides. Sans ajustement à une croissance moyenne productive et non artificielle, la conséquence c'est la dette qui conduit à l'impasse vers laquelle nous allons plus ou moins vite avec d'autres  jusqu'à un réajustement général plus dévastateur que la crise de 2008.

Nous marchons sur un nuage d’imprévision et de confort

Qui obscurcit la réalité d’un monde broyant son devenir. 

Nous ne voyons que les ombres au fond de la caverne

L’ombre de l’ours n’est pas menaçante, l’ours si ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon