jeudi 2 juillet 2015

Quand la démocratie européenne s’autodétruit



La crise grecque et le veto d’Angela Merkel sur la poursuite de négociations avant le référendum, ceci sans accord de ses partenaires de l’eurogroupe, et même du Président de cette institution, montre deux choses. La première c’est que Bruxelles est désormais à Berlin. La deuxième est que les principes de la démocratie sont violés sans que cela n’émeuve personne, car l’UE ne se veut démocratique qu’en apparence. Il ne lui vient pas à l’idée de consulter les peuples pour admettre un nouveau pays en son sein. C’est pourtant d’une grande importance. On le mesure avec la crise grecque qui ne date pas d’hier puisqu’une lecture sérieuse de sa situation économique au moment de sa demande d’adhésion aurait conclu qu’il était urgent d’attendre. On a fait confiance à Goldmann Sachs, banquier privé dont les intérêts ne sont pas ceux de l’UE. En fait on voulait le symbole de la démocratie, mais pas la pratique de la démocratie.

La plupart des pays européens sont endettés, la France et l’Allemagne sont même au-dessus du critère de 60% du PIB et l’on refuse à la Grèce dont la dette atteint 180% du PIB de discuter de sa dette pour l’enfermer dans des aides, qui atteignent 350 milliards d’euros, et une mise sous tutelle de la troïka (UE, BCE, FMI) devenue les « institutions » pour ne pas dire les créanciers tout simplement. Quand j’entends le président du cercle des économistes français dire que « tout le monde sait que les grecs ne rembourseront pas la dette », je suis en droit de me poser la question du : pourquoi alors n’en parle-t-on pas ? Il y a deux raisons à cela. La première, qui sert de couverture, c’est que tout le monde étant endetté, tout le monde va réclamer aussi d’annuler sa dette. La deuxième, la vraie, c’est que l’UE pour réussir le fédéralisme, bien mal parti par ailleurs, veut progressivement mettre les pays sous tutelle. Dès les premiers signes de faiblesse d’un Etat la machine à tutelle se met en marche. La tutelle est budgétaire et ne s’embarrasse ni de politique, la politique européenne n’existant pas, ni de consultation démocratique des peuples concernés. 

Si la politique européenne n’existe pas, la politique du plus fort s’impose. L’Allemagne, redevenue puissante depuis l’allègement de sa dette en 1953 et la « digestion » de l’Allemagne de l’Est, impose désormais sa politique au fur et à mesure que la France s’affaiblit. Que ce soit dans la politique économique et budgétaire de l’UE, ou dans la relation avec les Etats-Unis ou la Russie, Berlin est maître du jeu. Pour les Etats-Unis, l’Allemagne est la voix de l’UE. C’est en même temps un partenaire mais aussi une menace qu’il faut surveiller au cas où elle se rapprocherait de la Russie, d’où les écoutes de la NSA. La politique de consensus, chère à François Hollande, fait pschitt quand un point fondamental d’une négociation est délibérément exclu par celui qui contrôle celle-ci. C’est le cas de la dette grecque, point rejeté de la discussion dès le début de celle-ci.

Que dire même du respect de l’institution européenne quand on exclut un ministre des finances grec d’une discussion sous le prétexte que son Président a décidé de faire un référendum ! La démocratie européenne s’autodétruit, si tant est qu’elle existe encore, en stigmatisant l’utilisation d’un moyen démocratique. Cela ne fait que succéder à l’adoption d’une Constitution Européenne par le biais du traité de Lisbonne, sans tenir compte du vote contre des français et des néerlandais, et en imposant un second vote aux irlandais qui l’avait d’abord rejetée. La crise grecque projette aux yeux de tous que l’UE est une machine antidémocratique. Le voile, mis depuis sa naissance pour cacher son objectif d’un fédéralisme où les nations sont condamnées à
disparaître, se déchire. Ce fédéralisme est celui que veulent les banquiers de la cabale, celui qui étend son pouvoir sur le monde occidental. La démocratie n’est qu’un symbole pour cacher au peuple qu’il n’est rien d’autre qu’une masse de travailleurs pour le compte des puissants. Ce peuple n’est là que pour les enrichir et payer leurs erreurs. Il ne vote que pour les intermédiaires au service des puissants. 

Ce modèle antidémocratique se répand aussi sur notre pays et nous aurons l’occasion d’en reparler. De plus le monde robotisé qui se profile ne fera pas refleurir la démocratie mais l’abêtissement, l’asservissement, la dépendance et la disparition finale des plus faibles. Lorsque le peuple est bâillonné, la loi du plus fort n’a plus d’entraves et son destin ne lui appartient plus. L'UE veut un peuple aliéné. L’Islande et maintenant la Grèce montrent que le symbole démocratique peut être fort si le peuple se lève. C’est de cela que l’UE a peur, peur de la démocratie ! 

« Lève-toi et marche » entendait l’homme ressuscité. 

Le peuple grec nous montre le chemin,

A nous autre peuple cigale. 

Aidons-les à porter…

La démocratie 

Athénienne 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon