vendredi 24 juillet 2015

Attention l’arrivée des grands périls se précise



Plusieurs informations s’avèrent un faisceau de preuves que de grands évènements se préparent en Europe et ils ont de quoi nous inquiéter. Il y a d’abord la crise grecque qui n’est nullement résolue mais a marqué une prise de pouvoir, d’une part du monde de la finance par la BCE, et d’autre part de l’austérité allemande. C‘est à un véritable diktat auquel la Grèce est soumise. Une plongée dans des mouvements sociaux de grande ampleur sont malheureusement probables.

La Grèce est victime de sa dette, dette que les créanciers lui font payer très cher. C’est alors qu’un deuxième évènement prévisible vient nous dire que l’Europe s’enfonce de plus en plus vite. La dette de l’UE grossit et elle atteint 92,9% dans les 19 pays de la zone euro au premier trimestre 2015 pour 91,9% à la même période l’année dernière. Le déversement des liquidités par la BCE nourrit cette dette avec un laxisme sur le déficit des Etats. Seule l’Allemagne présente un budget équilibré. Le déficit public de la zone euro et de l’UE28 est respectivement de 2,4% et 2,9% du PIB en 2014 alors que la zone euro a affiché un taux de croissance de 0,9% et l’UE de 1,0%. On voit que ce taux de croissance n’est pas compatible avec le déficit budgétaire et que la dette augmente inexorablement. 

L’UE se porte mal et la zone euro encore plus car elle est constituée des pays majeurs de cette UE. Elle se voulait plus forte grâce à une monnaie unique, il n’en est rien globalement. L’Allemagne s’engraisse pendant que les autres pays de l’euro dépérissent. Après la Grèce, le Portugal va suivre. Le trio Espagne, Italie et France ne fait que surnager. On peut s’attendre à de nouvelles manifestations sociales dans tous ces pays. La Grèce a été matée, purement et simplement mais cela laisse des traces désormais indélébiles. Les peuples savent maintenant que la sortie de l’euro est possible puisque cela a été sérieusement envisagé. On ne se cache plus derrière les statuts qui ne prévoient pas cette sortie. Quand on veut, on peut… à condition d’y aller ensemble.

A ces deux évènements majeurs, une Grèce au bord de la faillite et une UE qui s’enfonce dans la dette, il vient s’en ajouter un troisième qui n’est pas indépendant des deux premiers. Assez discrètement, tout au moins en France, l’armée américaine s’implante en Europe. Aux questions éventuelles, on répond que c’est pour faire face à la menace russe. La Russie a bon dos, car les provocateurs qui vont déstabiliser des pays dans la zone d’influence russe, ce sont les occidentaux avec l’Ukraine et la Syrie entre autres. En réalité il s’agit de tout autre chose que l’on cache ainsi soigneusement. Les USA encouragent la perte de l’Europe, qui reste toujours pour eux une zone commerciale à prendre ou un glacis face à la Russie et désormais l’axe Russie-Chine. 

La décision de la BCE d’ouvrir les vannes des liquidités sur l’UE va faire plonger l’UE alors que la croissance n’est pas là. Incapable globalement d’assurer une croissance qui permette de continuer les politiques sociales, militaires, éducatives et structurelles indispensables à la sécurité et à une croissance à long terme, L’UE se dirige vers  une agitation sociale généralisée. La Grèce a capitulé devant les forces capitalistes menées par l’Allemagne et encouragées par les USA qui sont de plus en plus présents dans les réunions économiques… et militaires. Les USA misent sur une montée de désordres sociaux qui finiront de paralyser l’Europe. Il leur faut donc augmenter leur présence pour profiter de l’occasion d’influer sur le devenir de l’Europe selon leur vieille théorie du chaos.

Pas plus tard que la semaine dernière, le général américain Ray Odierno, membre du Haut Quartier Général des Forces US, a fait état de plans d’envoi de nouvelles troupes en Allemagne, accompagnées de blindés lourds et d’autres équipements militaires. L’Allemagne est déjà de facto sous occupation militaire US,  depuis la fin de la IIe Guerre Mondiale, avec des dizaines de milliers de soldats stationnés sur son sol en permanence et une ribambelle de garnisons au cœur de ce pays. Au cours de cette même année, on a assisté à un déploiement identique de troupes d’occupation américaines supplémentaires, d’artillerie, de blindés, d’avions de guerre et d’hélicoptères dans tous les autres pays européens membres de l’OTAN, sous le prétexte de jeux de guerre. 

Les USA veulent être présents en cas de « crise », mais de quelle crise s’agit-il ? L’économie et la puissance militaire s’aident pour imposer les technocrates aux ordres. Si une crise sociale, due à une pauvreté généralisée, à un accroissement galopant du chômage, à des manifestations de grande envergure et à une désorganisation de l’industrie, devait culminer, les forces armées américaines en Europe seraient ainsi à pied d’œuvre pour imposer par la force ces « gouvernements » technocratiques. Tout ceci n’est pas une vue d’un esprit cauchemardesque. L’analyste politique américain Randy Martin, qui écrit sur crookedbough.com estime que la classe dirigeante US avait prévu l’agitation qui se fait jour en Europe à propos de la Grèce. 

« La crise grecque dure depuis cinq ans et même plus », dit Martin. « Vous pouvez parier que Washington a déjà dressé ses plans sur la manière d’administrer l’Europe, politiquement et financièrement, si la situation exige cette intervention. Et une telle situation devient de plus en plus visible, presque au jour le jour. » 

La raison de la menace russe ne devient qu’une trame très ajourée par les mensonges successifs. Il n’y a aucune preuve d’actions militaires russes menaçantes en Europe en dehors de l’aide au Donbass, aide humanitaire et de conseillers militaires. Les USA sont bien en train de prendre possession de l’Europe en attendant leur heure. Le lien économique du TAFTA préparé dans la plus pure opacité n’en est qu’un signe avant-coureur. Nous assistons en ce moment en Europe à l’émergence d’un « gouvernement » autocratique centralisé, soumis aux diktats de la finance capitaliste, dont le rôle est d’imposer l’austérité aux populations sans avoir obtenu d’elles aucun mandat démocratique. Le centre administratif technocratique de cette oligarchie banquière en Europe est Berlin, à son tour assujetti à l’administration technocratique de Washington, elle-même contrôlée par Wall Street. 

Si la crise grecque ébranle l’Europe et si la domination hégémonique des USA

Enveloppe l’Europe dans une vraie chape de plomb au plein sens du terme 

Tout ceci ne peut être dû au hasard car on a mis l’euro, pot de confiture,

Devant la Grèce et on lui reproche de l’avoir goulûment mangé 

Parce qu’on savait bien qu’elle ne pouvait y résister ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon