lundi 20 juillet 2015

Hollande et l'Union Européenne au bord de l'explosion



Il ne peut plus y avoir de jour sans que le Président Hollande ne lance une grande idée bricolée à la hâte. Les feux de la loi Macron s'éteignent doucement, l'accord sur la Grèce n'apparait que comme un sursis avant l'exécution d'un Tsipras d'extrême gauche mal venu au sein des institutions, l'avancée vers la paix de l'accord avec l'Iran ne passionne pas les foules et n'est surtout qu'un succès de l'Iran et un cadeau dans le panier d'Obama. Alors François Hollande qui a joué le rôle du gentil assassin, complice avec l'Allemagne, pour l'accord avec la Grèce, et le parfait vassal pour celui avec l'Iran, se trouva fort démuni quand l'hiver fut venu... non quand l'été désintéressa un peu plus de sa personne les français en vacances ou presque. 

Il fallait réveiller les quelques soldats socialistes endormis par une annonce de portée au moins européenne. Il s'est trouvé que l'Allemagne s'est servie du conflit avec la Grèce pour faire passer le message à la France selon lequel la politique d'austérité ne pouvait souffrir aucune faille. Au cas où le message ait été oublié, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a estimé jeudi soir à Washington qu'il fallait forcer la France à mener les réformes. L'attitude de l'Allemagne est sans ambiguïté. Elle est désormais à la manœuvre. D'ailleurs elle a devancé la France pour envoyer des experts en Iran, suite à l'accord, alors que nous voulions nous montrer les experts incontournables en matière nucléaire militaire. L'Allemagne veut régner sur l'Europe et la représenter mondialement. C'est clair, ce qui l'intéresse ce n'est pas la zone euro mais l'Europe au-delà de l'UE... comme les USA. 

Jeudi soir,  Wolfgang Schäuble a raillé l'incapacité du gouvernement Français à assainir les finances françaises : "Si vous en parlez avec mes amis français, que ce soit Michel Sapin ou Emmanuel Macron, ils ont de longues histoires à raconter sur la difficulté à convaincre l'opinion publique et le Parlement de la nécessité de réformes du marché du travail". Autant dire que la classe politique française n'a pas apprécié. C'est à gauche que les réactions ont été les plus virulentes. L'occasion était trop belle pour ne pas l'exploiter s'est dit François Hollande. Il fallait bricoler quelque chose à la hâte qui ne laisse pas l'initiative à l'Allemagne. Reprenant l'idée chère aux socialistes comme quoi si l'UE ne marche pas c'est qu'il n'y a pas assez d'Europe, Hollande lance l'idée d'un gouvernement économique de la zone euro, euro auquel il attache son quinquennat par peur du risque. 

Cette proposition est une vieille idée française, puisée chez Jacques Delors. Or "dans les heures les plus rudes du feuilleton grec, l'Allemagne a largement démontré qu'elle tient les rênes d'une gouvernance économique comptable et disciplinaire ralliant la majorité des pays de la zone euro", selon un éditorialiste. Et ce n'est pas le plaidoyer européen à usage très interne de François Hollande qui entamera ses certitudes. Il n'y a que peu de chances que ce message soit entendu par l'Allemagne. Hollande pense-t-il à une UE à deux vitesses, ceux qui ont l'euro et les autres ? Si tel était le cas, l'Allemagne gèrerait les deux. 

Il n'y a plus d'alternative pour la France de Hollande. L'Allemagne tient les rênes et avec l'appui des USA pour l'instant. La seule issue est la sortie de l'euro pour affirmer la détermination de la France à ne pas abandonner sa souveraineté. L'occasion était belle avec la crise grecque d'évoquer cette menace pour forcer l'Allemagne à plus de solidarité. On a joué le rôle du gentil sans que nous ayons gagné quelque crédit supplémentaire au sein de l'UE, bien au contraire. La Grèce est toujours à la merci de l'Allemagne et des créanciers. Il y a malheureusement du bons sens dans les propos d'Emmanuel Todd : 

"Ce qu’on a vu depuis 2011, c’est l’incroyable obstination des élites européennes – et notamment des élites françaises néovichystes (laissez « néovichystes » !) : mélange de catholiques zombies, de banquiers et de hauts fonctionnaires méprisants – à faire durer ce système qui ne marche pas. L’euro est le trou noir de l’économie mondiale. L’Europe s’est obstinée dans une attitude d’échec économique incroyable qui évoque en fait un élément de folie.
 
Le tragique réel de la situation, c’est que l’Europe est un continent qui, au XXe siècle, de façon cyclique, se suicide sous direction allemande. Il y a d’abord eu la guerre de 14, puis la deuxième guerre mondiale. Là, le continent est beaucoup plus riche, beaucoup plus paisible, démilitarisé, âgé, arthritique. Dans ce contexte ralenti, comme au ralenti, on est en train sans doute d’assister à la troisième autodestruction de l’Europe, et de nouveau sous direction allemande".

Une France faible ne peut créer un couple harmonieux. 

L'Allemagne porte la culotte de l'Europe 

Et l'Europe d'Aix-la-Chapelle 

A trouvé un autre... 

Charlemagne ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon