mardi 7 juillet 2015

L’UE et la zone euro sont-ils une réussite ?



La crise grecque a réveillé les discussions soigneusement évitées de l’opportunité de la construction européenne et de la zone euro. L’UE montre ses faiblesses avec un clivage sud-nord de plus en plus marqué, sa faiblesse politique et militaire. L’OTAN a étendu son emprise sur toute l’Europe et laisse de plus en plus la place à des initiatives militaires américaines sur le sol européen sans véritable choix de l’UE. A l’extérieur l’UE enfourche la politique américaine aussi bien contre la Russie que contre tous les pays ayant des régimes autoritaires à détruire et possesseurs de richesses dans leur sous-sol. Loin de répandre la paix, l’UE a dû accepter l’arrivée de l’armée américaine pour calmer la crise des Balkans, crise qui couve toujours d’ailleurs. L’UE n’a pas été un facteur de paix, hors la réconciliation franco-allemande initiée par De Gaulle plus que par l’Europe. C’est la menace d’un conflit nucléaire qui a stoppé la guerre Est-Ouest.

L’UE n’est en fait qu’une alliance économique sur la base de la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des hommes. Elle n’a pas de frontières définies mais un appétit sans fin d’annexion de pays. L’exemple de l’Ukraine est significatif mais on parle de la Géorgie, de la Moldavie, de la Biélorussie, etc. Incapable de gérer les flux migratoires internes (ROM) et externes (flux migratoires du Moyen-Orient et de l’Afrique), l’UE est la première puissance commerciale du monde, enfin la plus grande consommatrice donc la plus convoitée par les pays exportateurs. Malheureusement la construction européenne n’a pas propulsé l’UE vers un Eden promis par ses parrains, ni sur le plan social du chômage, ni sur le plan du pouvoir d’achat, ni sur la croissance. Selon le FMI c’est l’UE qui est à la traîne dans le monde. En 2014 selon les chiffres publiés par l’OCDE, le PIB/habitant de l’UE est inférieur à celui de l’OCDE de 7% et de 32% à celui des Etats-Unis. On note de plus que le PIB/habitant de la zone euro, qui comprend les plus grands pays de l’UE, n’est supérieur que de 2% à celui de l’UE. Ceci dénote une bien piètre performance de cette zone euro. Si l’UE est devant la Russie, elle ne fait pas mieux que le Japon. 

Si l’opportunité d’une UE, qui louvoie entre fédéralisme autoritaire et retour de points de vue nationalistes comme on le voit avec la crise grecque, est clairement remise en question, c’est la zone euro qui est la première menacée. La monnaie unique devait apporter encore plus de bonheur aux peuples, on a déjà vu que cela ne se matérialise pas sur leur pouvoir d’achat. L’euro devait rapprocher les économies des peuples entrés dans la zone. Il n’en est rien comme le montre le graphique joint. L’Allemagne et l’Irlande, les mieux lotis, se détachent nettement du Portugal, de Chypre et de la Grèce. Ceux qui nient la pauvreté relative de ce pays devraient bien regarder ces chiffres. Ceux qui citent l’Irlande comme un gage de réussite de l’euro devraient prendre en compte qu’après avoir accusé un déficit de près de 32% de son PIB et une dette de 100% du PIB, l’Irlande a été sauvée par un plan de sauvetage du FMI de 85 Mds€. L’UE lui a permis de proposer des impôts très avantageux pour les sociétés étrangères qui ont implanté leur siège comme Ryan air. Par contre l’Allemagne domine les trois autres grands pays de la zone, dont la France de plus de 15%, l’Italie de près de 28% et l’Espagne de près de 33%. Le pari de faire converger les économies et les pouvoirs d’achat est perdu.

Mais y-a-il une vie possible en dehors de l’euro ? Les tenants de la pensée unique, PS et Républicains, dressent toujours l’épouvantail de la sortie de l’euro. Pourtant la Suède a la couronne suédoise, le Danemark le florin et le Royaume-Uni la livre. On peut constater que la Suède et le Danemark réussissent au moins aussi bien que l’Allemagne et que ces trois pays hors euro réussissent mieux que la zone euro. Le constat est encore plus net quand on regarde les pays hors UE. La Norvège et la Suisse caracolent en tête des pays européens et même la petite Islande fait presqu’aussi bien que l’Allemagne. Ni l’UE, ni la zone euro ne sont des institutions qui prouvent leur efficacité. Toutes deux brident l’évolution économique des pays qui en font partie. L’euro ajoute une contrainte supplémentaire qui éloigne les économies les unes des autres et ne profite qu’aux pays les plus forts, donc surtout à l’Allemagne Nous aurons l’occasion dans un prochain article de voir que les constats sont les mêmes si nous regardons la croissance ou le taux de chômage ou d’emploi. 

A l’heure où un pays de l’Union européenne menace de faire faillite

Les peuples vont se rendre compte qu’on leur a vendu du rêve 

Aux profits des technocrates, des politiques et des lobbies

A la solde des puissants dans l’ombre de ce monde. 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon