jeudi 23 juillet 2015

Hollande enferré dans les contradictions de la démagogie



Notre Président joue dans le répertoire des valses à trois temps. Le premier temps c’était la crise grecque où il a joué le rôle du picador qui affaiblit le taureau mais, en le gardant dans l’arène, le prépare pour le rutilant matador. Fermant la porte de sortie de l’euro, au cas où la bête blessée grecque claquerait la porte, il a offert la Grèce sur un plateau au couple Merkel-Schäuble. Le taureau grecque s’est agenouillé et l’estocade a été portée. Les dépouilles grecques saignent au fil des votes de son Parlement qui les essorent à qui mieux mieux. C’est le premier temps de la valse démagogique présidentielle.

Revenu à l’Elysée, le politique Président se ravise, car la réussite du plan est de moins en moins assurée, comme le dit le rapport du FMI et comme même le laisse entendre Schäuble lui-même. Ce n’est pas peu dire de la part d’un ministre allemand, champion de l’austérité. Les évènements risquent de ne pas permettre au Président d’en tirer parti. A cet évènement politique mal parti, il lui faut réagir par une autre action politique. Reprenant la vieille idée de Jacques Delors, le Président imagine une espèce d’entité euro qui aurait un budget propre et un Parlement pour le contrôler, une espèce de fédération eurogroupe dans l’UE. 

Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué. Il aurait pu penser institutionnaliser l’Eurogroup qui n’a pas de statu dans l’UE, et demander au Parlement de l’UE et aux dix-neuf chefs d’État d’en exercer le contrôle. Il propose encore une strate supplémentaire… comme choc de simplification dont il a le secret. C’est donc une poussée vers le fédéralisme restreint auquel nous convie le Président. Après avoir accusé l’échec de l’idée des eurobunds, sorte de mutualisation de la dette, rejetée par l’Allemagne, Hollande revient sur le même tapis… Il aura la même réponse de l’Allemagne et pour la même raison, l’Allemagne ne veut et ne peut supporter de prendre en compte l’égalisation de la dette sur l’ensemble de l’eurogroupe. Cela représenterait 8 à 12% de son PIB. Mais Hollande veut montrer sa force d’initiative et si cela échoue, le peuple aura oublié ce qui le dépasse un peu et n’est pas au centre de ses préoccupations.

Par cette deuxième démarche fédérale et démagogique, la réalité agricole est venu troubler les festivités prévues pour la Conférence climat. Pris dans le piège des promesses non tenues, menacé par son imprévision de la montée de la colère paysanne, le Président réunit à la hâte le gouvernement, dépêche sur place un ministre plutôt réticent et se fend d’un discours où il appelle les intervenants du producteur au consommateur à prendre en compte les difficultés de la paysannerie. Les grandes surfaces doivent baisser leurs marges, comme les intermédiaires et le consommateur doit manger « français ». Vous voyez, ce n’est pas difficile d’être Président, c’est même l’enfance de l’art pour un étudiant de première année en économie. 

Et l’État dans tout ça, que fait-il ? Il ouvre sa bourse (le temps de lever les barrages) et il prie pour que les produits étrangers s’arrêtent à nos frontières, effrayés qu’ils seraient de la qualité de nos produits et de la volonté des français de payer plus cher au seul vu du label « made in France ». Mais au fait en incitant les français à manger français, n’est-ce pas une forme de protectionnisme qu’encourage le Président ? Cette troisième action démagogique d’un Président au four et au moulin par vent contraire, pris dans les hauteurs de vue du « sommet des consciences », fait cohabiter le fédéralisme eurogroupe avec le protectionnisme français. Cela prouve la consistance de la réflexion de notre Président et sa hauteur de vue qui se hisse désormais à la hauteur de sa campagne de 2017. La démagogie bat son plein mais la cohérence de la politique menée est celle du « fil de l’eau » ! 

Il n’était point de grand pays qui ne se donna un grand chef. 

Désormais la gouvernance se nourrit dans la technocratie

Et une anti-démocratie qui permettent de donner 

Aux politiques sans vue cohérente à terme

Les rênes des pays moutonniers. 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon