mercredi 29 juillet 2015

Chômage et immigration deux plaies qui s’infectent



Le chômage croît toujours en juin 2015 malgré les propos apaisants du gouvernement qui salue du bout des lèvres un ralentissement… de sa progression. C’est tout-de-même 209.200 demandeurs d’emploi de plus depuis le début de l’année toutes catégories confondues soit une moyenne de 39.600 demandeurs de plus par mois. DOM-TOM compris nous atteignons le chiffre de 6.409.900 dont 6.073.600 en métropole pour l’ensemble des catégories A, B, C, D, E. Curieusement le chiffre total, DOM-TOM compris, n’est jamais signalé. D’ailleurs on ne parle que de la catégorie A avec ses 3.553.500 demandeurs, elle a crû de 4,7% en un an. Les chiffres au mois le mois n’ont qu’une valeur très relative. Par exemple  il y a eu 308 700 radiés des listes (59,6 % des sorties) ce mois en dehors des stages parking, maladie, maternité, etc. En revanche les 104.100 reprises d'emploi déclarées ne représentent que 21 % des sorties des listes de pôle emploi. (+13,5 % sur 1 an). Ceci veut dire que seulement moins de 2% des 5.390.400 demandeurs inscrits dans les catégories A, B, C peuvent chaque mois retrouver un emploi. 

Dans les catégories B et C sur juin, on voit diminuer les demandeurs travaillant plus de 78 heures (-2,1%) et augmenter ceux qui travaillent moins de 78 (+6,9%). On assiste à une spectaculaire augmentation des chômeurs longue durée, respectivement +7,5% pour 2 et 3 ans et +19% pour plus de 3 ans ! La précarité de l’emploi de l’emploi augmente mais la pauvreté aussi car plus d’un demandeur inscrit à pôle emploi sur 2 (52,2 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l'emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER). Si l’on ajoute aux inscrits à Pole Emploi, les bénéficiaires du RSA, les handicapés bénéficiaires d’une pension d’invalidité et non-inscrits à Pole Emploi, les jeunes de moins de 25 ans primo demandeurs d’emploi, etc. on arrive à des chiffres impressionnants que certains estiment à 10.000.000 de pauvres cherchant un emploi, soit connus des administrations soit cherchant par eux-mêmes à compléter des revenus en-dessous du seuil de pauvreté. 

La France n’est pas la Grèce, ni le Portugal, ni même l’Espagne mais le chômage devient endémique et les perspectives de le faire baisser de façon significative s’éloignent. La France n’est pas assez compétitive, son tissu industriel a fondu et réduit à une peau de chagrin. Les métiers de service emploient mais amènent peu de croissance sauf dans le tourisme. La masse de fonctionnaires reste pléthorique par rapport à l’Allemagne. A l’inverse du Royaume-Uni, aucun effort n’a été fait dans ce sens. Avec une réglementation du travail qui paralyse l’embauche et la mobilité, une réglementation qui surenchérit par rapport aux normes et directives de Bruxelles, notre pays prend du retard et passe en-dessous de la moyenne en croissance et au-dessus en chômage.

Nous accueillons une masse d’émigrés venant pour la plupart du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne attirés par la langue et les aides sociales, sanitaires et alimentaires mais leur prédominance dans le flux migratoire continue à importer une civilisation différente qui amplifie la radicalisation des jeunes immigrés de deuxième ou troisième génération. Le phénomène de non-assimilation est conforté d’autant plus que le chômage dépasse les 15% dans cette catégorie de population qui s’incruste. Pourtant toute une masse d’émigrants arrivent en France mais s’agglutinent à Calais ou autour. Pourquoi ? 

Il est particulièrement intéressant de répondre à cette question. Pourquoi la population africaine s’incruste chez nous alors que nous avons un taux de chômage élevé et qu’une autre se dirige vers le Royaume-Uni au péril de sa vie et dans des conditions précaires, voire insalubres, d’attente ? Cette dernière ne vient pas des mêmes régions mais du Soudan, d’Erythrée, d’Irak, de Syrie, de Palestine. Il y a évidemment le barrage de la langue. Elle connaît mieux l’anglais que le français mais ce n’est pas seulement cela. Elle évoque d’abord la possibilité de travail là-bas que nous n’avons plus en France même si il y a beaucoup de travail au noir. Les aides pécuniaires de survie sont pourtant nettement inférieures bien que les aides médicales et de logement soient du même ordre que chez nous.

On peut noter que cette population est demandeuse de travail, même au noir, au point de mourir en traversant clandestinement la Manche. C’est tout la différence entre la France et le Royaume-Uni. On va au Royaume-Uni pour trouver du travail dans un pays où on reste chômeur peu longtemps même si l’on doit être très mobile et accepter des temps partiels. On va en France parce que on peut y vivre légalement naturalisé ou non, chichement certes mais sans travailler tout en bénéficiant d’aides alimentaires et médicales, de logement, de prestations scolaires. De là à dire que la population de l’Orient et de l’Est de l’Afrique est plus travailleuse, je n’irai pas jusque-là mais cela demande à être approfondi. Cela nous amène à un triste constat, la France n’est plus attractive pour le travail mais reste un pays de cocagne qui attire ceux qui pensent pouvoir y survivre mieux qu’ailleurs sans emploi licite car les autres permettent de vivre sur un grand pied avant et après quelques séjours en prison. L’immigration à Calais résume toute la différence entre un pays qui se bat et un autre qui se laisse vivre en espérant que la croissance européenne, états-unienne, chinoise la sauve. 

La France balbutie sa croissance, s’endette, perd son identité

En ratant l’assimilation d’une civilisation différente, 

Multiplie les entraves à la liberté individuelle,

Et s’installe dans un chômage endémique 

Comme on s’installe dans un fauteuil ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon