mercredi 8 octobre 2014

Une autre route pour la France ! (1ère partie : le bilan)



Il devient urgent de réaliser ce qui se passe et va se passer dans notre pays si rien ne change par rapport au budget 2015 qui va probablement être remanié le 15 octobre par la Commission de Bruxelles d’ailleurs, laquelle demande 8 milliards de moins sur le déficit. La France fait fausse route et on l’y aide, pour le moins, ou on l’y pousse au pire. Au sein des entreprises il y a les cadres de la France moyenne, 94% d’entre eux sont dans la sinistrose et pensent qu’il faudrait partir à l’étranger contre 44% au Royaume-Uni. Un certain nombre le feront, peut-être d’ailleurs en suivant la délocalisation de leur entreprise. Mais l’important c’est qu’ils sont les mieux placés pour sentir la santé économique de la France. Ce sont ceux sur lesquels repose l’augmentation de la pression fiscale et ceux qui participent à l’augmentation de la richesse de ce pays.

Avant de choisir son cap le marin regarde l’état de la mer et du ciel, il nous faut faire de même. La France désindustrialise, elle digère mal son « multiculturalisme » et elle ne maîtrise plus son indépendance économique et sa politique étrangère. Voilà le constat de la France d’aujourd’hui auquel il faut ajouter le manque de courage, le conformisme et l’ambition personnelle primant sur le Bien commun de nos politiques. C’est la vision intérieure de la France du marin qui jauge son équipage, sa voilure, la résistance de son bateau et le bon fonctionnement de son gouvernail. 

A l’extérieur nous voyons une Allemagne qui domine économiquement la zone euro pour l’instant et qui ne tient pas à partager le fruit de ses efforts mais plutôt d’être le pays central dominant de l’Europe, constante d’ailleurs pangermanique de la politique étrangère de ce pays. Nous voyons aussi des USA qui ont été au sommet de leur puissance lors de la chute de l’URSS avec un dollar, monnaie de référence, et une armée dont la supériorité était incontestable. Depuis la Russie renaît de ses cendres de 1998 sous la houlette d’un chef intelligent et la Chine a pris le virage d’un libéralisme sous restriction des libertés d’expression qui lui permet de devenir un client incontournable pour les USA et en même temps un adversaire redoutable à terme par sa puissance économique, militaire et monétaire. Les USA veulent donc rapidement étendre leur hégémonie en enfermant le maximum de pays dans l’OTAN, en phagocytant l’UE dans un traité de libre-échange lui interdisant d’étendre un partenariat vers la Russie qu’il faut isoler. Pour le reste l’application de la théorie du chaos permet de dissoudre toutes les résistances et en profiter pour étendre son emprise économique et militaire autour du bloc Russie-Chine-Iran. 

Voilà la situation que vit notre pays et à laquelle celui-ci n’apporte que la réponse du « suivisme » et de la vassalité. Est-il sur une trajectoire de redémarrage économique ? Non, d’ailleurs les chiffres d’août ne rassurent pas. Le déficit de l’État français fin août s’est creusé à  94,1 Mds€, contre 93,6 milliards un an auparavant, « du fait notamment des dépenses exceptionnelles du nouveau programme d’investissements d’avenir » selon Bercy. Cependant les recettes ont baissé davantage que les dépenses prévues à 253,9 milliards fin août. 3,6 milliards de dépenses en moins et 4,7 milliards de recettes en moins font un déficit supplémentaire de 1,1 milliards. C’est le crédit d’impôt (CICE) qui en est la cause par le recul des impôts sur les sociétés selon Bercy. Si la TVA rapporte plus par l’augmentation de son taux et si la charge de la dette recule de 1,5 milliards par la baisse des taux d’emprunt alors que la dette augmente, le signal d’alarme est la baisse de consommation des ménages, comme on le constate graphiquement, et la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Le soutien de l’offre ne fera pas augmenter la demande qui chute par la pression fiscale, le ralentissement de l’augmentation des salaires du privé, le blocage des salaires du public et des retraites, à laquelle s’ajoute la baisse des prestations sociales. 

Le deuxième paramètre qui traduit la vitalité de notre pays c’est sa capacité à investir, ce qui augmente son capital, dynamise l’économie et l’attractivité du pays. Il est mesuré par le FBCF (Formation Brute de Capitale Fictif). Or l’effort de réduction des dépenses a drastiquement réduit ce type de dépenses et évolue donc en sens contraire des facteurs de croissance. Le graphique publié par l'économiste Jacques Sapir est explicite. De plus l’investissement des entreprises non financières, boosté pendant la crise 2007-2008 n’évolue plus qu’au rythme d’une croissance stagnante.Le navire France est resté en cale sèche tant le capitaine a peur de prendre la mer et se contente de payer ses matelots à essayer de réparer les filets de pêche faute de pouvoir les remplacer. Il faut que ce soit un entrepreneur anglais qui fasse honte à Manuel Valls sur l’état de la Gare du Nord à Paris pour que celui-ci s’empresse de dire qu’une opération de relookage va être lancée… est-ce ainsi que doit marcher le pays ? A coup de bottes dans les fesses par les étrangers ? Le constat est clair, depuis la fin 2010 le pays mène une politique d’austérité qui dépasse le cadre de la rigueur, rigueur interprétée par les gouvernements comme la seule responsabilité de la stricte réalisation du montant des dépenses prévues.

Une austérité, qui exerce une pression fiscale qui plombe la demande par la consommation des ménages, qui réduit l’augmentation « naturelle » des dépenses en diminuant les investissements publics en particulier sur les infrastructures de son ressort sans faire d’effort sur la diminution notable de ses propres dépenses de fonctionnement, ne peut faire repartir le pays. L’effort vers les entreprises se paie sur le dos du consommateur et par la dette. La résultante sera nulle ou négative. Cette rigueur ne sert à rien si elle ne diminue pas les dépenses de fonctionnement de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécurité Sociale, elle se nourrit d’une austérité sur les consommateurs par la captation fiscale et la diminution du service public, ce qui entraîne la perte de leur pouvoir d’achat. 2014 va se solder par un déficit de 84 Mds€, soit une augmentation de plus de 9 milliards par rapport à 2013, c’est cela la réalité d’aujourd’hui, toujours plus haut dans la dette et dans le chômage ! 

La France est un navire sans voiles et sans moteur 

Que le gouvernement s’ingénie à maintenir 

En cale sèche et à licencier ses marins. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon