samedi 18 octobre 2014

Une autre route pour la France ! (10ème partie : un nouveau partenariat avec l’Allemagne)



Le dernier volet de cette série d’article va jeter un regard sur la position de la France dans l’univers économique et sa capacité à faire entendre sa voix dans les conflits actuels et à venir. En effet nous sommes devenus un pays englué dans l’Union européenne que Mitterrand a appelé de ses vœux. La France lui apparaissait trop faible pour affronter seule les menaces économiques et militaires qui pouvaient peser sur lui. Ceci déboucha sur le traité de Maastricht par lequel l’Allemagne a abandonné le mark pour l’euro avec un euro pour un mark. Depuis la puissance économique allemande a fait son chemin.
 
L’Allemagne a payé pour réussir sa réunification mais l’apport de main-d’œuvre moins payée en Europe de l’Est, puis la fabrication de composants industriels dans des pays voisins à bas coût, ont permis à l’Allemagne, forte d’une industrie de machines-outils, d’automobiles de haut de gamme entre autres, d’inonder le marché européen. Elle a engrangé des soldes très positifs de son commerce extérieur alors que tous ses clients du sud européen s’appauvrissaient par des soldes déficitaires. 

L’Allemagne en concentrant ses efforts sur le commerce et son implantation dans ses pays voisins de l’Est européen a acquis une suprématie européenne que ni le Royaume-Uni, ni la France ne peuvent plus lui contester. Sa politique d’austérité a pu être menée jusqu’à son terme de 2015 où le déficit budgétaire est devenu nul. Au moment où sa croissance diminue, par épuisement de tous les pays du sud qui diminuent leurs importations, elle est en mesure de relancer son économie par une politique de la demande intérieure en relâchant la pression sur les salaires. 

Désormais le pangermanisme peut atteindre de nouveaux objectifs à l’est en vue de la captation de main-d’œuvre bon marché et de marchés pour leurs exportations, étendant en même temps la dépendance de ces pays envers l’Allemagne. Sur le plan économique l’Allemagne devient l’interlocuteur incontournable qui est en mesure d’influencer non seulement la Banque Centrale Européenne mais aussi les politiques économiques de tous les pays de l’Europe, dont le nôtre. C’est ainsi que le Traité transatlantique de Libre-échange avec les USA ne se fera qu’aux conditions de l’Allemagne. Elle résiste aussi à toutes les pressions américaines pour une politique de croissance basée sur l’apport en masse de liquidités sur le marché bancaire, les fameux QE qui tentent de relancer la croissance américaine en faisant tourner la planche à billets. 

C’est l’Allemagne qui est la garante de l’euro. C’est elle qui détient sa survie et qui surveille les gains ou les pertes qu’elle peut en retirer. La balance commence a vacillé dans le mauvais sens et les allemands commencent à trouver que la note d’assistance aux pays en difficulté devient trop lourde. Angela Merkel s’était montrée très dure envers la Grèce et il se trouve que celle-ci replonge et voit ses taux d’emprunt revenir dans une zone suicidaire avec près de 9%. C’est Angela Merkel qui détient le pouvoir de clémence de Bruxelles envers la France alors que de nombreux pays, qui ont fait des efforts conséquents d’austérité, s’irritent de voir celle-ci bafouer allègrement ses promesses pour la troisième fois. 

L’Allemagne, forte de sa dominance économique, en tire une puissance diplomatique. Au contraire de la France, qui se disperse sur de nombreux théâtres d’opération, elle se concentre sur un seul objectif, la poussée vers l’Est. C’est ainsi que l’UE a entrepris une démarche de captation de l’Ukraine à l’intérieur de l’UE. L’Allemagne n’est pas étrangère aux manifestations de la place Maïdan aux côtés des USA, d’Israël et de néo-nazis. Par contre elle n’a pas cédé aux USA, contrairement à nous, pour un engagement de ses forces militaires en Irak. Elle n’a pas hésité non plus à renvoyer dans son pays le représentant de la CIA après les écoutes révélées de la NSA. L’Allemagne tisse sa toile et lorgne vers la Géorgie et la Moldavie dans une politique économique et étrangère cohérente, de plus en plus nationale. 

Il en est de même en Ukraine avec Poutine. C’est la chancelière qui est à la manœuvre avec lui, compte-tenu des liens commerciaux importants qui lient les deux pays. Aucune solution politique de ce pays n’aboutira sans son consentement. Même l’implantation de l’OTAN au plus près de la Russie devra en passer par là. La position intransigeante et servile de la France nous interdit d’avoir une influence réelle sur Poutine pour qui les retards de livraison des Mistral nous discréditent, au moins chez les BRICS et les pays émergents, pour finalement nous coûter cher.

Il est temps de mettre les points sur les i avec l’Allemagne. Notre partenariat ne doit pas être un acte de soumission que nous cachons par quelques bravades qui ne sont que des pétards mouillés. L’Allemagne a aspiré les économies des pays du sud. Elle doit permettre une renégociation des traités. Son problème démographique n’est pas le nôtre et l’euromark n’est plus une monnaie soutenable ni à l’intérieur de la zone euro, ni à l’extérieur. De la même façon nos politiques étrangères s’éloignent dans leurs objectifs avec une Allemagne tournée vers l’Est et une France tournée vers la Méditerranée et l’Afrique. La fermeture de l’UE à la Russie et son ouverture éventuelle vers la Turquie ne peuvent être en phase avec l’intérêt français. Le partenariat doit prendre en compte ces réalités. 

Les points de convergence doivent être renforcés et à contrario ceux qui nous divisent doivent permettre une liberté d’action dans laquelle la concertation peut rester présente. La France peut rallier des pays du sud pour faire entendre à l’Allemagne qu’elle ne peut continuer à les asphyxier. La sortie éventuelle de l’euromark peut être un point de pression. L’attitude envers les USA et la Russie doit aussi laisser le champ libre à des visions différentes mais qui peuvent être complémentaires. Ce sera l’objet d’un prochain article. 

C’est par faiblesse que la France est entrée dans la deuxième guerre mondiale 

C’est par faiblesse que la France a signé des traités suicidaires
 
C’est par faiblesse que la France se plie


A l’hégémonie allemande


Et se meurt !


Claude Trouvé

Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon