mercredi 1 octobre 2014

Il faut enfermer Ségolène Royal !



La France doit réaliser 21 milliards d'euros d'économies en 2015, répartis entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités territoriales. « Il faut faire des économies. C’est ce que nous allons faire en 2015 et cela a forcément des conséquences [...] Si vous n’entendez pas crier, c’est que nous ne faisons pas d’économies. » C’est l’aveu de François Hollande à qui le mot austérité écorche toujours la langue. Si l’on crie pour les économies qui sont faites sur notre dos, il nous faut hurler quand on jette en même temps l’argent par les fenêtres. Déjà l’Etat nous rejoue le coup des économies sur le budget de l’État en jouant sur la projection « naturelle » annuelle des dépenses et en annonçant 7,7 milliards d’économies en 2015. En fait la baisse en valeur de la dépense de l’État n’est que d'un milliard d'euros parce qu’elle aurait dû progresser « naturellement » (admirez l’expression) de six milliards.

Le nouveau plan de la transition énergétique est présenté à l’Assemblée par Ségolène Royal avec des projections jusqu’en 2025 qui font hurler. Alors que l’on rogne quelques centaines de millions sur les primes à la naissance et les congés parentaux, des sommes d’argent public d’une importance sans précédent sont engagées dans le développement éolien, symbole de la transition énergétique, engagement phare du gouvernement. Tout cela trouverait sa justification dans les prévisions alarmantes du GIEC concernant le réchauffement climatique et les pics de pollution qui affectent les grandes villes au seuil du grand sommet de Paris 2015 sur le climat. 

En dehors du fait que d’une part la température moyenne du globe n’affiche aucune tendance statistique d’augmentation depuis 1994, comme je l’ai déjà publié, que l’impact des activités humaines n’a encore pas trouvé de lien avec la température du globe depuis que les modèles mathématiques font des prévisions erronées depuis cette date, c’est des dizaines de milliards, comme le fait remarquer le député Hervé Mariton, que Ségolène Royal est en train d’engager pour une transition énergétique à base d’énergies vertes et de meilleure isolation des maisons le tout avec des  subventions d’État. 

Si l’amélioration de l’isolation est souhaitable, elle ne l’est que si cela n’impacte pas le budget de l’État en période de recherche d’économies. Si ce dernier peut s’en faire le promoteur, il revient aux industriels de fabriquer des produits dont le coût pour le consommateur est compensé par les gains sur le chauffage ou la ventilation. Vu la faiblesse des taux d’emprunt, il suffit de laisser le marché se développer sans le fausser par des subventions. Le consommateur sait juger où est son intérêt. La pénurie d’énergies fossiles n’est pas pour demain et le chauffage par l’électricité est déjà largement répandu et ne pollue pas en CO2 avec l’énergie nucléaire. N’oublions pas que la géothermie est une ressource énergétique qui demanderait à ne pas souffrir d’une concurrence déloyale avec les autres formes d’économie d’énergie subventionnées. 

J’ai eu l’occasion de dire combien les éoliennes étaient un scandale économique et énergétique, je reporte donc mon lecteur à mes écrits précédents mais je ne suis pas le seul à critiquer ce choix qui me fait penser qu’il s’agit pour Ségolène d’un choix « idéologique » qu’elle assume pour préparer ses ambitions futures de 2017. En effet le CGSP (Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective) écrit ceci : « Trois principales technologies renouvelables ont gagné en diffusion : l’éolien, le photovoltaïque et la biomasse. Reconnaissons qu’aucune de ces technologies ne peut avoir de réel impact sur le changement climatique. […] Chose incroyable, il n’existe aucune analyse des impacts des énergies renouvelables sur les émissions mondiales, prenant en compte l’intermittence, les cycles complets du carbone et les substitutions entre production et consommation du carbone dues aux prix élevés.» 

La production d’électricité ne représente que le dixième des émissions françaises de CO2 (29.5MtCO2 pour 350MtCO2 au total). De plus dans notre parc de production d’électricité, exempt d’émission de CO2 à plus de 90%, seule, la production de pointe, chargée de l’adéquation avec la consommation et majoritairement assurée par les centrales « cycles combiné à gaz » (CCG), en est responsable. L’argument des éoliennes pour la diminution du CO2 est tout simplement un mensonge, elle l’augmente même. D’ailleurs l’Allemagne a diminué sensiblement ses émissions de CO2 sauf dans le secteur de la production électrique, et pour cause puisqu’elle a développé les éoliennes et le photovoltaïque aux dépens du nucléaire. Ce qui est un bien grand paradoxe quand on sait que ses énergies renouvelables lui coûtent plus de 20 milliards d’euros chaque année ! 

Les incantations à la « croissance verte » sont malheureusement démenties par toutes les études indépendantes qui prennent en compte les principaux paramètres. Chacun de ces emplois verts, lourdement subventionné, détruirait plusieurs emplois existants, entre 3 et 4 selon les études. Ces résultats sont soigneusement cachés. Chaque éolienne (2MW), qui coûte 200 000€ chaque année à la collectivité (860 millions d’euros de surcoût 2014 pour 8500MW, selon la délibération CRE du 09/10/2013), pour un retour de 10% environ vers elle, tout ceci sans compter tous les lignes nouvelles de transport de l’électricité depuis tous les sites d’implantation de celles-ci. 

La commission européenne a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme, par la voix de M. Tajani, son vice-président, qui considère que cette course chimérique entraîne un massacre systématique de notre industrie. Mais le pire c’est que, pour la première fois, la France, jusqu’alors premier exportateur mondial d’électricité (AIE 2013), ne sera plus en mesure d’assurer sa propre alimentation dès l’hiver prochain. Elle sera dépendante de la production de ses voisins européens, eux-mêmes menacés d’un black-out, aussi bien en cas d’épisode anticyclonique de grand froid qu’en cas de surproduction des énergies aléatoires, comme celle des éoliennes allemandes qui a déjà fait trembler les responsables de l’équilibre du réseau européen et qui est clairement décrite dans le rapport de l’ENTSO E. 

Alors pour le CO2 et l’indépendance énergétique 

Ségolène Royal est à côté de la plaque 

A moins qu’elle continue à être 

Une souffleuse de vent ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon