lundi 27 octobre 2014

L’Ukraine, une grenade dégoupillée !



Ukraine : la victoire des pro-européens... est saluée par Moscou. Les partis pro-occidentaux ukrainiens, forts d'une victoire écrasante aux législatives, s'attelaient lundi à surmonter leurs différences pour former une coalition. Le président Porochenko a interprété le succès obtenu par les forces pro-occidentales au scrutin de dimanche comme un vote de confiance pour son plan de paix (!), au détriment du camp favorable à une offensive d'ampleur. Ces résultats ont en effet été annoncés alors qu'une nouvelle vague de violences secoue Donetsk. Moscou se félicite d'une victoire "favorable à la paix".

Dans le cadre du processus de Minsk, des élections locales devaient avoir lieu dans les Républiques de Donetsk et de Lugansk, suite à quoi, Kiev disait savoir enfin avec qui discuter. Par ailleurs, pour des raisons politiques évidentes, les deux Républiques ne voulaient pas organiser leurs élections en même temps que celles de la Rada à Kiev. Le 2 novembre a donc été choisi comme date des élections des députés et des gouverneurs des deux Républiques et maintenu, même si quelques hésitations sont survenues suite à la préparation du processus électoral. Il est donc tout-à-fait clair que les élections à Kiev ne pouvaient pas donner un autre résultat. Les ukrainiens pro-russes de l’est, hors de la zone contrôlée par les insurgés, ont peu voté aucun choix à leur convenance ne leur étant proposé, quant aux autres ils n’ont pas participé. Même si 70% des voix vont aux partis pour le rapprochement occidental, Porochenko a gagné avec 21,6% des voix et ne peut donc gouverner qu’avec une coalition de quatre partis. 

Le fief des séparatistes prorusses, Donetsk, s'est réveillé au son des tirs de lance-roquettes multiples Grad, mettant fin à un week-end d'accalmie dans les combats qui ont fait au total plus de 3700 morts depuis avril, et rappelant la fragilité du dialogue engagé. Tout cela semble bien entré dans une nouvelle phase d’une guerre qui dépasse le cadre de l’Ukraine. À la suite de l’utilisation d’un missile balistique tactique contre Donetsk par les Ukies (les pro-occidentaux), le Président de cette République, Zakharchenko, a déclaré que le cessez-le-feu était, à toutes fins utiles, terminé. 

Le colonel Igor Strelkov, commandant militaire des insurgés de l’Est, a lancé un avertissement officiel à propos de l’information voulant que les Ukies massaient des troupes en vue d’un assaut. D’après Strelkov, le plan des Ukies consiste à effectuer une poussée très brève et très rapide vers Donestk et la frontière russe, de façon à rendre l’État novorossien non viable et pouvoir ainsi négocier en position de force. C’est la conclusion à laquelle sont très probablement arrivées les autorités russes car le robinet de l’aide clandestine russe est de nouveau ouvert. Nul doute que Porochenko, en chute libre et condamné à une obéissance aux USA dans une Ukraine au bord de l’étouffement économique et devant aborder l’hiver sans approvisionnement en gaz russe pour l’instant, peut voir dans la guerre une raison de maintenir son pouvoir.

 Même en cas de défaite, non seulement une guerre peut sauver le régime, mais une intervention russe réaliserait enfin le rêve américano-sioniste. Cette intervention sera difficile à éviter pour les russes si la trouée sur Donetsk réussit. Il est évident que toute la cabale néoconservatrice américaine veut la guerre et exerce énormément de pression pour que le reste de la planète partage ses vues. Sans surprise, l’Europe qui n’a plus de politique étrangère ne peut que suivre. Au sommet de Milan, les Ukrainiens ont fini par admettre qu’ils n’ont pas d’argent du tout. D’où tous ces pourparlers au sujet des Européens qui allongeraient l’argent pour le gaz russe. La saison froide a aussi commencé et, à partir de maintenant, les choses ne feront qu’empirer.

Plus que le conflit au Moyen-Orient, qui menace notre sécurité intérieure par des attentats possibles, la menace la plus grande pour la France se situe en Europe même dans un processus d’apprenti sorcier que nous ne maîtrisons plus. Notre pays n’est plus que l’aboyeur d’une puissance hégémonique prête à tout pour stopper son déclin. Le conflit ukrainien peut nous sauter à la figure plus que la chute de Kobane. 

Au moment où la France a un pouvoir de plus en plus faible, 

Au moment où l’Assemblée Nationale se sait moribonde, 

Au moment où l’on parle de remaniement ministériel, 

Au moment où nous guerroyons tous azimuts, 

Une vraie guerre est à nos portes 

Et peut s’étendre jusqu’à nous ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon