dimanche 1 juin 2014

La révolte dont la France a besoin



De toute évidence le résultat des votes aux municipales et aux européennes ne sert à rien en tant que prises en compte du désir des Français. Le Premier Ministre s’est d’ailleurs empressé de nous le faire savoir. L’abstentionnisme, qui perdure d’élection en élection, montre que la classe politique ne représente plus les désirs et les besoins de l’électorat mais ses intérêts propres, ses besoins de pouvoir et d’argent. Mais si le vote n’a aucun effet direct, il fédère les eurosceptiques et les anti-partis de gouvernement. Désormais la révolte est dans les tuyaux, la confiance dans le Président est si basse que le pays devient ingouvernable et ouvre la porte à tous les corporatismes qui vont paralyser le pays.

La France arrive au bout d’un chemin qu’elle a suivi depuis quarante ans. N’oublions pas que jusqu’en 1980, on parlait de la France, non comme le pays malade de l’Europe mais comme le pays phare de l’Europe. Elle était un modèle de croissance et de niveau social. Ceci a poussé Giscard d’Estaing à ouvrir la porte à l’immigration de travail. La France manquait de bras. Hélas celle-ci a commencé à céder au déficit budgétaire et à permettre le regroupement familial des immigrés venant principalement du Maghreb. Cette double erreur a amorcé la bifurcation vers des lendemains qui ne chantaient plus. 

La France partait de haut. Son PIB/habitant était l’un des plus élevés du monde en 1980. Comme un navire lancé, elle a continué sur son aire tout en ralentissant avec l’arrivée du socialisme au pouvoir. Le déficit budgétaire s’est installé comme une donnée normale et l’ouverture à l’Europe fédérale a été scellée par le Traité de Maastricht qui a permis à l’Allemagne de se reconstruire. La France a oublié les principes qui avaient souri à la Communauté Européenne Charbon Acier, c’est-à-dire la recherche inter-nations du bien commun, des intérêts réciproques. La France est rentrée dans une spirale de perte d’indépendance pour une utopique certitude de paix que l’Europe n’est toujours pas capable d’assurer seule. 

En adoptant l’euro, autre nom du mark, elle n’a pas réalisé que son économie n’avait pas la compétitivité nécessaire pour lutter contre une industrie allemande en pleine renaissance et qui profitait à plein de la réunification qui lui apportait des travailleurs à bas salaires. L’UE était devenu une idéologie sur laquelle surfait désormais les partis de gouvernement de gauche et de droite. Le Centre en avait même fait sa raison d’exister en surfant sur les slogans bateau « L’union fait la force », « L’Europe c’est la paix », « l’Euro amènera la croissance », etc. On se demande comment certains peuvent y croire encore, sinon qu’ils ne peuvent plus vivre sans espoir de lendemain qui chantent mais régulièrement désenchantés. 

Les gouvernements successifs gauche et droite ont cédé à la nécessité de répondre à toutes les demandes corporatistes pour subsister dans les votes proposés à l’électorat. Ils ont creusé la dette publique sans véritablement relancer l’économie française par un allègement de la fiscalité, du Droit du Travail, une augmentation de la flexibilité. Les 35 heures payées 39 et la retraite à 60 ans nous ont décroché de la moyenne européenne de travail sans diminuer le chômage et ont plombé un peu plus notre compétitivité. 

La bulle financière venant des USA, qui a crevé en 2008-2009, a porté un coup de grâce à une économie française en difficulté. Les 600 milliards d’augmentation de la dette par Sarkozy ont caché un temps la misère de notre industrie et de notre économie jusqu’au 3ème trimestre 2011. La politique de communication du « Tout va bien, nous sortons de la crise » a alors montré qu’elle ne suffisait plus pour cacher la réalité des chiffres. Le chômage calmé un temps reprenait de plus belle en 2012. Pour avoir plusieurs fois menti aux Français, Christine Lagarde était propulsée à la tête du FMI. 

La France s’engageait aussi dans une vassalité à l’égard des Etats-Unis avec l’entrée dans l’OTAN qui allait nous conduire à assassiner Kadhafi et à plonger ce pays qui s’ouvrait au modernisme dans un retour au Moyen-Age et à la dispersion d’un arsenal militaire en Afrique et ailleurs, ce qui allait se retourner contre nous. Toutefois l’activisme et la communication de Nicolas Sarkozy cachait notre descente et nous gardions encore un statut permettant de discuter valablement avec l’Allemagne jusqu’à l’acceptation de la règle d’or du 3% de déficit par rapport au PIB. Nous avons signé alors la dépendance aux dictats de l’Allemagne car notre économie ne pouvait relever ce défi avec un euro trop cher pour notre compétitivité. 

La politique brouillonne et incompétente de Hollande a donné deux années désastreuses pour la France. Son obsession imbécile a été de faire tout le contraire de son prédécesseur pour revenir en arrière ensuite. Son enfumage permanent, sur le recul du chômage et sur la croissance ainsi que le cache-misère des lois sociétales, ont abouti à le discréditer dans l’opinion publique. La voix de la France dans le concert international et européen devient inaudible. A la tutelle américaine s’adjoint celle de l’Allemagne. Notre dépendance touche déjà les fonctions régaliennes du budget et de la défense nationale. 

On ne peut nous faire croire que le nouvel enfumage avec les 12 grandes régions au lieu de 22 est de nature à donner un coup de pouce à notre économie ou diminuer nos dépenses sans baisse de la qualité des services publics. Il s’agit encore de détourner l’attention en lançant un sujet à controverse et de se mettre dans les pas de l’Allemagne et de ses länders. Hollande peut ainsi montrer sa bonne volonté à Angela Merkel qui tient à l’œil l’économie française qui la désespère mais dont elle a besoin. 

Nous sommes arrivés au point de rupture que l’on pouvait prévoir depuis trois ans au moins sans pouvoir affirmer à quelle date il se produirait. La légitimité même du Président est en cause. Son refus de démissionner lui laisse un électorat méfiant et désabusé, y compris dans ses rangs. Ses messages ne sont plus reçus. Ceux des eurosceptiques sont plus clairs et les faits, chaque jour, leur donnent raison. L’UE se fout des peuples et continue son trajet vers le fédéralisme et son appartenance au monde des puissances judéo-américaines de l’argent, ces « Saigneurs des peuples », avec le Traité transatlantique de libre-échange.


La colère gronde un peu partout en Europe. Le temps de la révolte se prépare, les politiques colmatent encore les digues dans les pays européens pendant que la technocratie et les lobbies poussent leurs feux à Bruxelles. Nous avons, avec l’aval et(ou) le soutien des USA, mis le feu un peu partout en Eurasie sous prétexte de rétablissement de l’ordre ou de la démocratie. Partout les résultats sont le maintien ou l’aggravation du chaos. La France est vraiment le pays malade de l’Europe… par l’incompétence et la corruption de ses élites politiciennes. 

Préparons-nous au pire si rien ne change.

 « Le changement c’est maintenant ! » 

Sinon le fascisme s’imposera… 

Par désespoir ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon