vendredi 13 juin 2014

Deux bonimenteurs et une guerre qui gronde !


Hollande et Obama sont les plus inquiétants bonimenteurs que l’histoire récente ait mis au pouvoir. L’origine du mot argotique c’est : même « le bon y ment », or ce sont deux fieffés menteurs, des illusionnistes capables de nous faire prendre les vessies pour des lanternes. Comme le disait le grand magicien Robert-Houdin : « Le boniment est tout simplement la fable destinée à donner à chaque tour d'escamotage l'apparence de la vérité ».En ce qui concerne Hollande il nous fait croire que la réforme ferroviaire est faite dans le but d’améliorer le service aux usagers alors qu’il ne s’agit que de recherche d’économies devant la dette de 44 milliards, de préparation à l’ouverture à la concurrence demandée par Bruxelles avec en ligne de mire, pour plus tard, le démantèlement du statut privilégié des cheminots. Il soutient les rebelles syriens pour la justice et la démocratie alors qu’ils ne sont que le bras armé des sunnites avec leurs commanditaires, l’Arabie Saoudite et le Qatar avec lesquels il entretient les meilleures relations.

Hollande est le vassal du super-bonimenteur qu’est Obama qui mène l’hégémonie américaine en cessant la lutte contre les talibans en Afghanistan, et en soutenant les djihadistes en Syrie sous les bons principes des Droits de l’Homme et de l’autodétermination des peuples. Ce dernier principe est d’ailleurs à géométrie variable puisque l’élection du nouveau président ukrainien ne fait que répondre à la volonté du peuple mais que le référendum en Crimée n’est qu’une mascarade. Malheureusement tout ceci est en train d’allumer une guerre au Proche-Orient. 

Depuis l’élection de Bachar el-Assad, nouvelle mascarade selon les USA et la France, et les succès militaires de celui-ci, son éviction du pouvoir est abandonnée au profit d’une guerre d’usure et une réorientation de la tactique de ce qu’il faut bien nommer une guerre de religion entre sunnites et chiites avec le monde occidental pro-sunnite pour des raisons d’opposition aux relations privilégiées entre la Russie, la Syrie, l’Iran, l’Inde et la Chine. Il s’agit tout simplement de faire la jonction entre le Hezbollah du Liban, les djihadistes engagés au nord de la Syrie et l’Irak avec en vue les zones pétrolifères dont les revenus sont nécessaires à la guerre. 

La mollesse de la réaction d’Obama exclut d’envoyer des troupes. Celui-ci traîne les pieds et concède des attaques de drones bien ridicules pour arrêter une armée en marche. De toute évidence il était au courant de la manœuvre qu’il a secrètement encouragée et ne tentera rien de décisif contre eux. Il faut endormir les suspicions, celles-ci pourraient devenir gênantes. Il est évident que le monde chiite ne pourra rester sans réagir car une partie des richesses pétrolières à l’est de l’Irak est détenue par des chiites. De plus le couloir sunnite créé entre la Turquie et l’Irak menace la Syrie et peut aboutir à une partition de fait tant les rebelles syriens s’en trouvent renforcés. 

Avec l’Ukraine, la Syrie et l’Irak les bruits de guerre se sont de plus en plus forts. Il est probable que les discussions avec l’Iran vont être suspendues et l’on attend la réaction d’Israël, autre pion des USA dans la région et puissance nucléaire. L’attaque de l’Iran redevient à l’ordre du jour et les liens dans le bloc de l’est ne peuvent que s’amplifier. L’accès aux zones pétrolifères ne peut être réduit par le bloc dominant. Il en va, comme toutes les matières premières de la survie économique des pays échappant encore à l’hégémonie américaine. 

Nous sommes donc devant un profond remaniement des « alliances » ou collusions des intérêts économiques, collusions ayant souvent des impacts géostratégiques à plus long terme que les alliances de circonstance. De nombreux pays vont devoir revoir leur politique extérieure. C’est le cas du Pakistan, protégé des USA pour garder sa puissance nucléaire au plus près d’Israël et de l’Inde, et, plus significatif, même le Japon. Les sanctions occidentales contre l'Iran ont empêché de livrer le gaz vers le Pakistan en décembre de cette année. 

Islamabad est en train de poser à la fois trois tuyaux gaziers, dont un sera en provenance de Russie. En attendant, à Tokyo, on mène les pourparlers sur le projet d’acheminement du gaz de l’île de Sakhaline vers le Japon. Le Pakistan promet de finaliser la construction du gazoduc Iran-Pakistan-Inde (IPI) baptisé « gazoduc de la paix », comme l’indiquent les médias locaux. Il devrait devenir fonctionnel dès décembre 2015. Malgré la pression des États-Unis, de l'Arabie saoudite et d'autres pays producteurs de pétrole, désormais plus rien n'empêche le Pakistan et l'Iran d’achever ce projet a assuré le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif. 

L’atténuation des conflits, entre le Pakistan et l’Inde d’une part et du Japon avec la Russie d’autre part sous la pression des intérêts d’approvisionnement énergétique, est la confirmation de bouleversements géostratégiques majeurs avec la constitution d’un bloc asiatique de plus en plus solidaire. On ne peut que penser que tout ceci est le résultat volontaire de la pression américaine d’isolement d’un bloc Russie-Chine-Inde. 

Pendant ce temps un incendie s'est déclaré vendredi à l'aéroport de la ville de Lougansk (est de l'Ukraine) où un combat a éclaté entre les militaires ukrainiens et les combattants des forces d'autodéfense populaire, a annoncé l'agence ukrainienne UNN citant des témoins oculaires. Trois combattants de la république populaire (autoproclamée) de Donetsk ont été tués, 17 autres blessés et 41 combattants capturés lors d'une opération spéciale lancée vendredi par l'armée ukrainienne à Marioupol, a annoncé vendredi le ministre ukrainien de l'Intérieur par intérim Arsen Avakov. Les combats continuent et l’Ukraine va s’enfoncer dans le chaos malgré les 250 millions d’euros transférés par l’UE et le possible arrêt de fourniture du gaz russe. Du côté de l’Irak, le chef spirituel chiite, l'ayatollah Ali al-Sistani a appelé les Irakiens à prendre les armes et à se battre contre les militants islamistes qui prennent les nouvelles provinces de l'Irak. 

Pendant que les médias nous saturent de ballon rond, que notre Président semble plus préoccupé de jauger la valeur de l’équipe brésilienne que de la floraison de grèves en cours, le monde bouge. Le règlement des conflits quitte de plus en plus la voie diplomatique pour la voie des armes. Tout se passe comme si la possibilité d’un conflit mondial n’était pas exclue comme ose le dire John Kerry et que le Président Obama semble de plus en plus enclin à envenimer les guerres religieuses ou ethniques, sûr encore de sa prédominance militaire pour un temps. 

La recherche d’un califat et l’isolement énergétique et minier 

Sont les deux motivations d’alliances de circonstance 

Au prix même d’une guerre sans limite 

De l’euro-atlantisme et des sunnites ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon