samedi 7 juin 2014

OTAN, FMI, sanctions et embargos, les armes de l’hégémonie !



Tout pays en difficulté doit devenir la proie d’un système hégémonique qui assujettit les peuples à la loi de l’argent et à la liberté surveillée. Nul ne peut ignorer que l’OTAN et le FMI sont aux ordres des USA. Ces derniers intensifient d’autre part les embargos et les sanctions financières, comme celles sur les banques, PNB et probablement Crédit Agricole à suivre. La dette des USA de 1580 milliards de dollars les pousse à défendre la monnaie et à rechercher les moyens de réduire le déficit public. Il est question par exemple d’imposer des droits de succession à tous les titres en dollars pris par des américains dans des banques étrangères. Du coup les banques suisses déconseillent ces titres à leurs clients.

Défense du dollar et appauvrissement des Etats faibles deviennent des armes communément utilisées ainsi que les embargos sur l’Iran et tous les pays récalcitrants. La présence américaine au plus près du bloc Russie, Chine, Iran, auquel il va falloir associer l’Inde, se resserre encore avec l’Ukraine. Mais celle-ci n’échappe pas aux fourches caudines du FMI, bras financier maniant les prêts sous condition d’obéissance. Le plan d’endettement approuvé au forceps par le gouvernement non élu à l’issue du mouvement révolutionnaire est une aubaine pour l’institution FMI et lui permet de renforcer ses recettes capitalistes dans l’ancienne Union soviétique. 

Afin d’éviter à l’Ukraine de faire défaut sur sa dette, scénario dramatique pour le FMI, celui-ci décide d’envoyer des capitaux afin d’assurer le remboursement aux créanciers et d’appliquer des politiques d’austérité illégitimes. Le 27 mars 2014, le FMI annonce l’envoi d’un prêt compris entre 14 et 18 milliards de dollars (10,2 à 13 milliards d’euros), initiative qui permettra de débloquer d’autres crédits internationaux d’un montant total d’environ 27 milliards de dollars sur deux ans. Tous ces envois d’argent sont conditionnés à l’approbation de mesures strictes et pour être sûr que l’Ukraine se plie à ces conditions, le reste des financements internationaux sont subordonnés à l’accord avec le FMI, clef de voûte de ce programme ultra libéral. 

Ces mesures ont finalement été adoptées à une faible majorité de 20 voix en deuxième vote après d’âpres négociations. Il est notable que, non seulement, le FMI a mis des conditions très sévères d’austérité mais a subordonné à son accord les aides des autres instances ou pays, BCE, Etats-Unis, Japon, Banque Européenne de Développement, Banque mondiale. Pour justifier l’application de mesures à l’opposé des revendications du mouvement EuroMaïden, Arseni Iatseniouk, premier ministre du gouvernement intérimaire issu de la rébellion qui a renversé le président Viktor Ianoukovitch en février, annonce qu’aucune autre solution n’est envisageable : «  Nous n’avons pas le choix : soit ces mesures sont prises, soit l’Ukraine sera en faillite ». 

Conditionné à un paquet de mesures ultra libérales, le prêt du FMI est intervenu quelques semaines avant les premières élections présidentielles au sortir du mouvement insurrectionnel ukrainien. Quel qu’ait été l’issue du scrutin du 25 mai, le nouveau gouvernement sorti des urnes devra s’accommoder de ce cadeau empoisonné. Il sera chargé d’appliquer les mesures d’austérité drastiques conclues entre le gouvernement précédent, transitoire et non élu, et le FMI. Le piège du FMI s’est refermé sur l’Ukraine. 

L’Ukraine augmente fortement le prix du gaz pour la population qui doit désormais débourser 40 % de plus. D’ici le 1er mai 2016 et le 1er mai 2017 de nouvelles hausses de chaque fois 20 % sont prévues. Mais ce n’est pas tout, mesure phare du FMI, les retraites et les salaires des fonctionnaires sont gelés, 24 000 postes de fonctionnaires doivent être supprimés, soit 10% des effectifs des ministères. De plus, le taux de change devra être libéralisé, afin de laisser flotter la devise ukrainienne, le hryvnia. 

Les montants astronomiques envoyés à Kiev ne resteront pas longtemps dans les caisses de l’État. Et, contrairement aux médias dominants, on ne peut parler « d’aide apportée par le FMI à l’Ukraine » puisqu’il s’agit en fait d’une aide du FMI aux créanciers. Ainsi, rien qu’en 2014, ce ne sont pas moins de 10 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros arrivant à échéance) qui quitteront l’Ukraine pour retourner dans les poches des créanciers et 3,7 milliards qui retourneront au FMI pour remboursement des prêts antérieurs. 

Pour être bien certain que le gouvernement transitoire applique les diktats du FMI, celui-ci attendra l’application effective des différentes étapes de cette feuille de route pour verser ses successives tranches du prêt. En somme, le nouveau gouvernement de Petro Porochenko, sorti des urnes le 25 mai, devra appliquer les politiques décidées auparavant par le FMI et le gouvernement transitoire sous peine de rupture de versements, comme par le passé. On ne cesse de nous dire que l’Europe et les États-Unis veulent aider l’Ukraine à « rétablir la démocratie ». Mais nous dit-on à quel prix ? 

La Bosnie, la Serbie, la Croatie, victimes d’énormes inondations printanières et économiquement faibles, vont être traitées de la même façon. Comment peut-on alors espérer que ces pays disposent de leur avenir ? L’Ukraine devra entrer dans l’UE car telle est la volonté de l’oligarchie hégémonique et notre pays, derrière l’Allemagne, y est associé mais il doit savoir ce qui l’attend en cas de faiblesse ou de rébellion. Les armes sont connues et seul un autre bloc peut espérer y échapper. C’est tout l’enjeu à odeur de soufre qui se joue désormais. Le cas des récalcitrants ukrainiens russophones ne sera réglé que lorsque ceux-ci auront abdiqué leur volonté de choisir leur destin ou que la Russie elle-même sera vassalisée… ou que le feu se sera étendu au monde entier. 

« Les guerres ne pourront disparaître qu’avec la suppression des causes qui les font naître : 

Haine entre les races, besoin d’hégémonie des peuples forts, rivalités économiques, etc. 

La science devra donc d’abord découvrir un moyen de transformer complètement 

La nature de l’homme. » 

Les incertitudes de l’heure présente 
Gustave Le Bon

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon