samedi 20 août 2016

Quand l’entrepreneur rencontre l’opportuniste !

Mon propos n’est pas de faire de la publicité au Puy du Fou mais l’actualité nous amène par Emmanuel Macron sur cette grande réussite française œuvre d’un homme politique fondateur, créateur et entrepreneur. Philippe De Villiers, « l’excité du bocage », vicomte souvent ridiculisé, a montré que la politique pouvait avoir justement ses lettres de noblesse. Qui connaissait la Vendée avant qu’il en devienne le Président du Conseil Général ? C’était un de ces départements de province souvent ignoré comme beaucoup d’autres, que les estivants ne connaissaient guère que par ses plages. Depuis la course en mer du Vendée Globe et le parc de loisirs du Puy du Fou, la Vendée a au passage été sacrée premier département de France pour son activité économique et sociale. C’est ainsi que l’on voit la capacité des hommes à porter en avant ce qu’ils entreprennent. La comparaison de la Vendée de De Villiers avec la Corrèze de Hollande montre toute la différence de qualité entre ces deux hommes.

Qui se souvenait que dans ce département s’est joué l’un des épisodes les plus tragiques de la Révolution Française avec la guerre civile des chouans. Cette guerre de la chouannerie, attachée à la Royauté, s’échelonna sur près de quarante ans avec des soulèvements successifs et concerna aussi la Bretagne et une partie de la Normandie. Elle se termina avec la Révolution dite des Trois Glorieuses qui éclata à Paris le 27 juillet 1830, et força le Roi Charles X à abdiquer le 2 août et à prendre le chemin de l'exil. Son fils tenta encore en 1832 de relancer la guerre de Vendée. De nombreux massacres furent commis pendant cette guerre de Vendée et de la Chouannerie contre des prisonniers de guerre et des civils. On parle de 100.000 morts, des soldats, mais aussi des prêtres, des femmes et des enfants. En fait il s’est agi d’une véritable épuration ethnique, un génocide que la République reconnait du bout des lèvres et où elle ne se livre pas à la repentance comme pour l’Algérie. Cette guerre civile peut se reproduire aujourd’hui, si le camp de la « pensée unique » voit se lever un(e) politique qui fédère le camp de ceux qui ne veulent pas voir se dissoudre l’identité française dans une Europe mondialiste, mercantile et antidémocratique. Il est bon que l’on s’en souvienne. 

La Vendée a payé chèrement de son sang la résistance à la Révolution et il reste dans ce département un parfum de la vieille France, catholique et royaliste, qui fédère ses habitants dans l’amour de ce pays, même si la Révolution y a gagné. La petite industrie y est plus prospère qu’ailleurs et on y embauche les gens du pays en priorité. C’est pourquoi l’implantation des immigrés y est faible. Ce n’est pas la Corse mais il y a un esprit de corps. D’ailleurs on retrouve plus ou moins cela dans l’Ouest, dans la Bretagne profonde, en particulier dans le Finistère. Il n’est pas étonnant que Philippe De Villiers y ait trouvé un terreau favorable. Mais il faut reconnaître que ce que d’aucuns fustigent comme le « repli sur soi », à priori éminemment condamnable, trouvent là un cruel et voyant démenti. La Vendée sillonne les mers du monde tandis que le Puy du Fou est médaillé à Los Angeles et prépare deux parcs d’attraction en Crimée et à Moscou. La Vendée s’exporte, elle n’est pas repliée sur elle-même. La visite de Macron au Puy du Fou montre combien l’État qui dépense beaucoup par la Région pour le Futuroscope, que n’a pas visité le Ministre, a à apprendre d’un entrepreneur qui a refusé toute subvention. La réussite de l’entreprise permet non seulement d’investir à l’étranger, mais d’être un employeur qui fait vivre des milliers de personnes sans que son créateur touche les dividendes de cette réussite.

Cette rencontre entre deux hommes politiques, l’un en plein exercice du pouvoir et l’autre dans l’ombre sarcastique d’un observateur éclairé et visionnaire sorti de la « mare aux crocodiles » a quelque chose d’anachronique. La jeunesse, l’ambition d’un côté, de l’autre la sagesse d’un vieux routier de la politique dont les idées n’ont pas été suivies parce qu’elles étaient trop en avance pour être comprises. Macron s’est ou s’était l’homme de Jacques Attali, le chantre du « Nouvel Ordre Mondial », car il semble que l’élève fasse de l’ombre au maître qui projette de se présenter à la Présidentielle. Macron c’est l’homme de Rothschild, du pouvoir mondial, et cela semble bien éloigné des idées souverainistes de De Villiers. C’est l’homme du patronat qui rêve de porter les entreprises en avant alors qu’il n’a lui-même encore rien entrepris de bien solide. Il cherche à se démarquer de la gauche car son terrain n’est pas dans le social mais dans les affaires. Il a été poussé pour prendre pied dans la succession à Hollande. Son passage dans la gauche n’est qu’une stratégie politique que ses maîtres lui ont tracée. 

La rencontre ne manque pas de sel et si le jeune voit dans cette visite une occasion de renverser un tabou socialiste en visitant l’antre d’un politique, dit d’extrême droite, l’intérêt de l’autre ne se limite pas à la publicité médiatique que revêt cet évènement pour le parc de loisirs du Puy du Fou. Il y a là une manœuvre politique dont les contours apparaîtront peut-être bientôt mais qui est soigneusement cachée. Un homme, comme De Villiers, n’engage pas son nom dans une rencontre avec un homme politique d’un gouvernement dont il ne partage (apparemment) aucune des idées maîtresses. Cette rencontre a une grande signification, elle n’est pas une simple visite d’une petite industrie de pointe comme le font le Président de la République et le Premier Ministre, elle est symbolique. Macron prépare une image de rassembleur mais De Villiers n’est pas homme à risquer de faire dire qu’il trahit son camp. Il a tant été trahi lui-même. Il y avait quelque chose de sarcastique et de jubilatoire dans son regard qui en dit long sur ce qu’il compte tirer de l’évènement.

« Wait and see » disent les anglo-saxons, autrement dit il est urgent d’attendre. Cette rencontre est celle de la jeunesse et de la réussite. Elle contraste avec les pleurnicheries de Hollande qui fait le bilan de son quinquennat en relativisant ses échecs dans la baisse du chômage par un « je n’ai pas eu de bol ». Autrement dit je croyais que la courbe du chômage allait s’inverser quand j’y ai conditionné ma candidature pour 2017. Mais il ne perd pas espoir… donc il se prépare à se représenter, le taux de chômage a baissé de 0,3 point au deuxième trimestre… dans la Catégorie A, celle du plein emploi. Quelle mascarade où la manipulation des chiffres avec les salariés sortis des statistiques et le changement de catégorie fait au profit de la Catégorie A, la seule dont on parle, permet de jouer à la marge en toute impunité. C’est ce contraste entre la médiocrité, que nous a donné la démocratie détournée par le battage médiatique et l’argent, et le potentiel d’un pays qui a tout pour lui sauf des politiques à la hauteur de ce qu’il représente dans le monde. 

Allons-nous le livrer à une autre civilisation qui nous transformera en dhimmis ? Allons-nous courber l’échine pour alimenter la ploutocratie mondiale jusqu'à disparaître en tant que bouche inutile ? Il est des rencontres qui sont hautement symboliques, même si elles ne soulèvent que l’intérêt de l’instant quand le peuple finit ses vacances et que les jeux du cirque mobilisent l’attention qui lui reste. Septembre-Octobre va réserver des surprises et la France joue gros, beaucoup plus qu’en 2012, quand l’Union Européenne est frappée de convulsions qui annoncent au moins sa mue prochaine et que les pays s’arment jusqu’aux dents avec les plus grands qui jouent à se faire peur.






Dans un climat national et international angoissant, 

Il est temps que le pays mobilise tous ceux

Qui en font encore sa grandeur 

Et portent son identité ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon