lundi 8 août 2016

Climat et EnR : c’est du vent ! (7ème partie et fin)



Il me semble que l’argumentation des articles précédents, basée sur des chiffres incontestables, est indiscutable et montre que si la réduction du nucléaire à 50% est mise en œuvre, ceci se fera par une augmentation de 2,5 à 3 fois des rejets polluants dont le CO2. La politique énergétique choisie est réalisable mais incohérente. On ne peut satisfaire l’idéologie écologiste sur les deux tableaux. Il faudrait choisir entre CO2 et nucléaire mais la politique a pris le pas sur la logique et le Bien commun au profit de l’électorat et des multinationales. Cela va évidemment coûter très cher car les EnR sont loin d’être rentables comme le prétendent les écologistes en faisant peser sur le nucléaire des coûts supplémentaires de modernisation, de remises aux normes de sécurité, de démantèlement tirés du chapeau et surévalués. Ils oublient par exemple que le coût du démantèlement a été inclus dans le prix du KWh, si cet argent n’est plus disponible c’est que l’Etat a puisé longtemps dans les caisses de l’EDF et qu’il s’est évertué, par raison politique, à fixer des prix du KWh trop proches du seuil de rentabilité des producteurs. La meilleure preuve que les EnR ne sont pas rentables, c’est qu’ils sont subventionnés et qu’une taxe, essentiellement dédiée aux EnR, est appliquée sur notre facture d’électricité. Cette CSPE est d’ailleurs soumise à la TVA, ce qui fait que nous payons deux fois pour la même chose.

Puisque certains pensent que le sauvetage de la planète n’a pas de prix, il est intéressant de regarder chez notre voisine l’Allemagne qui est allée plus loin que nous dans les EnR et plus tôt dans la suppression du nucléaire. Chez eux la politique est beaucoup plus claire, le CO2 passe nettement derrière la hantise du nucléaire. Les écologistes allemands ont une forte représentation et leurs militants n’hésitent pas à traverser les frontières pour lutter contre le nucléaire comme à Creys-Malville pour Superphénix. L’Allemagne s’est embarquée « à toute vapeur » dans une entreprise de transformation énergétique, ayant pour but de convertir 80% de sa production d’électricité à des sources soi-disant renouvelables. Une attention toute particulière est accordée à des sites qui génèrent de l’électricité à partir du vent et du soleil, complétés par de la biomasse, de l’incinération de déchets et de l’hydroélectrique. Un des arguments les plus frappants des promoteurs de cette politique est que le vent, le soleil et l’eau sont disponibles gratuitement et en permanence. On ajoute même que l’énergie renouvelable a contribué à faire baisser les prix sur les marchés du négoce d’électricité. Ce qui est vrai puisque l’électricité renouvelable se met en priorité sur le marché parfois à prix nul quand la demande n’existe pas. Le malheur c’est que ce qui se joue sur le marché d’échanges ne se traduit pas sur la facture d’électricité des ménages. En effet la taxe allemande EEG (ajoutée aux factures financement des EnR, augmente chaque année, avec une hausse à couper le souffle de 47% pour 2013 !

Le Handelsblatt concède que le coût réel de l’énergie verte, résultat calculé par l’Institut Allemand pour l’Économie, est douloureux : « Le coût de la transition énergétique pour les consommateurs en Allemagne se monte maintenant à 28 milliards d’euros par an. Un ménage qui consomme 3500 kWh par an paye donc 270 euros sur une année pour la transition énergétique. » Sur le graphique joint, il est clair que les trois pays qui sont en tête de la transition énergétique vers les EnR sont en tête du classement du coût du KWh. Pourtant la « transitude » énergétique impitoyable de Ségolène Royal est en marche et l’on impose au pays un avenir énergétique idéologique non pragmatique. 

Mais une autre conséquence touche l’économie allemande. Du fait qu’on donne à l’éolien et au solaire la priorité d’accès au réseau avant les énergies fossiles conventionnelles, les centrales électriques conventionnelles sont forcées de tourner à temps partiel et avec de mauvais rendements, ce qui les rend non-rentables. La fermeture de ces centrales s’accélère mettant du même coup en danger leur rôle d’équilibrage du réseau pour pallier l’intermittence des EnR. Aux dernières nouvelles, le gouvernement allemand envisage un plan d’aide. Par ailleurs la concurrence de la Chine et du Danemark dans la fabrication des éléments producteurs d’EnR fait souffrir l’industrie allemande, avec en plus une quasi-exclusivité de la Chine pour la fourniture des terres rares nécessaires à la fabrication des éoliennes et des panneaux solaires. Siemens s’est retiré du marché de la fabrication et E.ON, un des plus grands producteurs d’énergie en Europe, a perdu 7 milliards d’euros en 2015. L’année précédente, il avait perdu 3,2 milliards d’euros et son PDG parle de 10 milliards aujourd’hui. En 2008, le prix de l’action avoisinait 50 euros. Aujourd’hui elle cote un misérable 8 euros. L’obligation de racheter l’électricité verte à des prix exorbitants alors que les prix sont très bas sur le marché des échanges d’électricité, d’où des ventes à perte, et la dépréciation des actifs des centrales thermiques, génèrent l’effondrement de l’industrie de la production d’électricité allemande, grâce à la « Energiewende » ou transition énergétique. 

Les Allemands paient désormais des prix quasiment records (environ 29 cents par kilowatt heure). Souvent, même les centrales au charbon sont mises à l’arrêt. Des experts ont averti que la transition énergétique pourrait coûter 1000 milliards d’euros aux Allemands. Qui peut croire que la France, qui s’enfonce de plus en plus dans les EnR, sera capable d’éviter ces coûts pour les ménages par la CSPE, pour les contribuables qui devront aussi mettre la main à la poche alors que ces difficultés plomberont finalement l’industrie française ? Les difficultés d’EDF et d’AREVA n’y sont pas étrangères. La fumeuse transition énergétique en débat, va de plus laisser des traces dans le paysage.

Ce sera sans doute 14.000 éoliennes de plus de 180m de haut, une dépendance accrue à la Chine, des centaines de milliards dépensés dans des investissements non rentables, des nuisances accrues près de nos villages avec le bruit et les infrasons émis par les éoliennes, l’augmentation des pollutions dont le CO2, un courant de plus mauvaise qualité, des possibilités accrues de black-out du réseau électrique européen, le développement de la corruption des élus pour l’implantation des EnR, et une pollution des paysages avec les fermes éoliennes. Ce sera aussi 512m3 de béton soit 2380 tonnes et 50 t de ferraille par fondation d’éolienne, sans doute laissée dans le sol pour la postérité. Pour 14.000 éoliennes cela fait 17.920.000 tonnes de béton et 700.000 t de ferraille dans le sol de nos campagnes. Un véritable mur de l’Atlantique dont on trouve encore les casemates aujourd’hui sur nos côtes d'où nous pourrons voir les fermes éoliennes en mer. La dernière invention caricaturale de la manipulation de la population est le FINANCEMENT-PARTICIPATIF. Celui-ci ne bénéficiera qu’à ceux qui ont les moyens d’investir dans le mépris le plus total de la majorité qui en est bien incapable, mais ce présentera comme une mesure de participation du peuple au sauvetage de la planète… et à la plus grande arnaque du siècle ! Peu d’hommes politiques se battent contre cette arnaque… parce que ce n’est pas porteur de voix et que l’on a peur de passer pour un pollueur de la nature, mais les pollueurs ce sont les faux-écologistes, ceux qui en ont fait une idéologie et qui prêtent la main à la ploutocratie mondiale qui se fout de l’écologie comme de sa première chemise mais qui la prône pour de simples raisons d’argent. 

La transition énergétique, l’arnaque du siècle,

C’est l’art de transformer la respectabilité 

De la protection de notre environnement

En une géniale et colossale pompe à fric 

Ancrée sur le battage médiatique

D’un réchauffement climatique 

A ce jour non prouvé ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon