dimanche 14 août 2016

Nos États et nous-mêmes ne maîtrisons plus notre destin !

Les plus grands mensonges, qui sont diffusés sur la planète des consommateurs, proviennent de quelques centaines de multinationales et de banquiers pour lesquels le seul profit est la règle qui les unit ou qu’ils utilisent dans la guerre impitoyable entre eux. Parmi ces mensonges répandus, on peut citer ceux faits au nom de l’écologie qui prétend faire face à une crise que subit la nature. Si cette dernière est réelle, l’écologisme sert des escroqueries intellectuelles, tant dans le constat que dans les solutions à y apporter. Le premier mensonge est le report anthropique sur l’évolution du climat. L’impact de l’activité humaine sur les processus naturels est effectivement réel. Depuis la révolution industrielle, la consommation moyenne d’énergie par personne a été multipliée par vingt ; tandis que la population mondiale a été multipliée par quinze. Le caractère intensif de la production humaine depuis l’émergence du capitalisme au 18ème siècle a conduit à la disparition de la grande majorité des espèces animales et d’une part considérable des espèces végétales. Mais cela n’est aucunement lié au climat. 

Les variations climatiques sont un phénomène normal. Par nature, la Terre présente un climat planétaire, des climats zonaux et régionaux qui sont tous en évolution constante. Le changement climatique est naturel, logique et continu selon des phases plus ou moins rapides. De nombreux facteurs rentrent en ligne de compte : l’orbite autour du Soleil, la rotation planétaire, l’inclinaison des pôles sur le plan écliptique, l’activité volcanique peut-être à l’origine de la disparition des dinosaures, les mouvements des océans, ou circulation thermohaline, déterminés par la température et la salinité des masses d’eau. La paléontologie, qui s’intéressent aux variations climatiques passées, a mis en évidence des grands cycles climatiques de 100.000 ans ainsi que des périodes de 20.000 à 40.000 ans, caractéristiques des variations de l’orbite terrestre. La variation de températures entre les ères atteint dix degrés Celsius. Au sein d’une même période, des cycles courts sont observés. Un « petit âge glaciaire » a ainsi été constaté au 17ème siècle, avec presque un degré de différence par rapport aux moyennes actuelles.

Pourtant sur les seules quarante années entre 1970 et 2010, la taille des populations des espèces de vertébrés a diminué de 52% selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Dans 45% des cas, la perte ou la dégradation de l’habitat est en cause ; dans 37%, c’est l’exploitation des animaux eux-mêmes qui conduit à leur extinction. Le changement climatique, les maladies, les espèces et gênes invasifs ne concernent qu’une disparition sur sept. Les espèces d’eau douce sont les plus touchées avec une chute des effectifs de 76% en quatre décennies. Notre planète a déjà connu plusieurs extinctions massives, six au total lors des dernières 450 millions d’années, mais nous sommes au début d’une nouvelle ère d’extinction et c’est l’homme qui la provoque. Les conclusions de l’étude, publiées le 25 juillet dernier dans la revue Science, de deux scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle vont plus loin : « la place de l’Homme sur la planète est en danger […] Une nouvelle biodiversité a toutes les chances d’émerger de la crise actuelle, mais il est vrai que, dans celle-ci, l’Homme n’aura plus sa place ; c’est une quasi-certitude ! 

L’impact négatif de l’activité humaine sur l’environnement est un phénomènes établi, mais résumer la crise écologique actuelle à une affaire de climats n’est pas un procédé sérieux et à la limite contre-productif. L’ampleur du phénomène, qui affectera particulièrement l’espèce humaine, oblige à faire preuve de rigueur scientifique. Il est donc plus juste de discuter dans le débat public de l’empreinte de l’Homme sur la nature, des conséquences anthropiques sur l’équilibre biologique. Réduire le phénomène au changement climatique est une manière de « noyer » le rôle primordial de l’Homme dans l’extinction commencée ou d’éviter de poser sur la table la nécessaire transformation de nos sociétés. Dans ce grand "noyage" de la réflexion des peuples trône le mythe de l’énergie propre, gratuite et renouvelable. 

Depuis le Grenelle de l’environnement on part sur 14.000 à 15.000 éoliennes pour un coût de 35 milliards par an. Compte-tenu de l’activité nécessaire pour fabriquer, acheminer, mettre en service ces grandes machines, et du rendement moyen d’une éolienne de 23% à 24% en France , il n’est pas certain que leur production d’électricité couvre les dépenses énergétiques nécessaires à leur construction. L’énergie photovoltaïque, dont le rendement ne dépasse pas 14% n’est pas en reste : selon une étude publiée en 2011 dans la revue Energy Policy, la majeure partie des panneaux solaires utilisent des batteries au plomb pour stocker l’énergie. Ces batteries étant produites dans des conditions où l’exigence environnementale est secondaire, au moins 2,4 millions de tonnes de plomb sont rejetés dans la nature par les seules filières chinoise et indienne de l’énergie solaire. Malgré cela l’éolien et le solaire couvrent, à eux deux, à peine 1% de l’approvisionnement énergétique en Europe, continent où les infrastructures dédiées sont particulièrement développées. Pour le biogaz il suffit de se tourner vers l’Allemagne. Une immense surface y est dédiée à l’alimentation des 7.500 centrales de biogaz, et cette agriculture demande des tracteurs, donc de l’essence. Environ 2,5 millions de tonnes de CO2 sont rejetés, chaque année, par l’industrie allemande d’agrocarburants.

Il n’y a pas d’énergie propre, gratuite et renouvelable. Elles polluent, coûtent et font toutes appel à des ressources fossiles épuisables, minières et énergétiques. Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialisé dans l’énergie, lors d’une audition à la commission de l’environnement de l’Assemblée, dit : « 80% de notre consommation (énergétique) mondiale sont le fait de la combustion d’énergies fossiles (…). Même l’électricité est massivement fossile : de 1973 à 2007, les combustibles fossiles passent des trois quarts de la production électrique aux deux-tiers », malgré l’extension continue de l’énergie nucléaire. Il vaudrait mieux prendre en compte la limite physique des volumes d’énergies fossiles et leur fin certaine (dans les prochaines décennies si le rythme de consommation reste le même). Deux solutions s’imposent : envisager dès maintenant une transformation de notre société vers un modèle où la consommation énergétique soit plus faible, ce qui n’est pas gagné comme nous le verrons dans la suite de cet article, ou (et) faire confiance à la science qui peut trouver de nouvelles sources d’énergie. Le nucléaire peut continuer à utiliser le thorium, le métal le plus répandu sur la planète, à la place de l’uranium et faire aboutir les recherches sur la fusion ouvrant la porte d’une énergie quasi inépuisable. 

En quoi ceci nous empêche de maîtriser notre destin ? C’est ce nous verrons dans un prochain article. 

L’écologisme est une idéologie contre-productive 

Qui noie le vrai problème posé à l’humanité

Dans un faux problème de climat 

Dans une fausse énergie verte.

Ce n’est pas sans raison 

 Mais laquelle ? 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon