jeudi 25 août 2016

L’arnaque des statistiques du chômage !

Il faut vraiment prendre les gens pour des imbéciles pour se permettre de parler du recul avéré du chômage, comme vient de le faire François Hollande. Quel culot ! Les chiffres publiés par la Dares sont éloquents, le nombre total de demandeurs d’emplois ne diminue pas, il augmente toujours même si l’augmentation fléchit légèrement. On note, toutes catégories confondues, une augmentation de +1,5% en un an et de +1,2% sur le trimestre ! Hollande et Valls se permettent de pavoiser avec le -0,5% de la catégorie A, la seule qui compte à leurs yeux, mais la seule qui soit en baisse pardi ! Les manipulations de changement de catégorie ont bon dos et les radiations administratives aussi. Malgré cela la catégorie A ne baisse que de -0,1% en trois mois, donc l’affirmation de Hollande est simplement du flanc.

Depuis un an Hollande manipule les chiffres du chômage pour se donner la possibilité de se représenter sans renier sa parole. Malheureusement si le contexte économique mondial l’a aidé jusque-là, l’euro ne baisse plus par rapport au dollar, le prix du baril remonte et la conjoncture économique mondiale n’est pas favorable. Le taux de croissance du dernier trimestre est nul, bien loin d’être un vecteur de retournement du chômage. Au passage il faut insister sur l’emploi abusif de l’appellation « inflexion de la courbe du chômage ». Il s’agit en réalité de la courbe des demandeurs d’emploi, ce qui n’est pas la même chose car tous les salariés sans travail ne sont pas tous inscrits à Pôle Emploi comme les jeunes de moins de 25 ans et les handicapés sans emploi qui touchent une indemnisation spécifique sans être inscrits. Le chiffre total du chômage est de l’ordre de 10 millions. 

Mais revenons sur la manipulation éhontée des chiffres des demandeurs d’emploi. Comme le montre le tableau ci-dessus la catégorie D a augmenté de 1,6% en un mois, de 10,1% en trois mois et de 10,7% en un an. Nous sommes donc dans une augmentation brutale sur 3 mois dans cette catégorie. C’est celle des demandeurs d'emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi (en raison d'un stage, d'une formation, d'une maladie…), y compris les demandeurs d'emploi en convention de reclassement personnalisé (CRP), en contrat de transition professionnelle (CTP), sans emploi et en contrat de sécurisation professionnelle. Dans le cas de menace de licenciement économique le contrat de transition professionnelle, d'une durée maximale de 12 mois avec 80% du salaire, a pour objet, à titre expérimental dans 8 bassins d’emploi, le suivi d'un parcours de transition professionnelle. Il peut comprendre des mesures d'accompagnement, des périodes de formation et des périodes de travail au sein d'entreprises ou d'organismes publics. La CRP s’étend sur tout le territoire et propose une assurance-chômage sur 12 mois avec 80% du salaire pendant 8 mois et 70% ensuite. Le but de ces deux dispositions est de faciliter le retour à l’emploi de salariés en passe d’être licenciés.

On voit que la catégorie D est nourrie de salariés en formation dans le cadre ou non de l’entreprise et des administrations publiques. C’est le grand déversoir de la Catégorie A. On presse  les salariés sans emploi à entrer en formation, ou on maintient les salariés licenciés dans leur emploi avec obligation de formation. Tout cela nourrit la Catégorie D et décharge la Catégorie A. Mais le nombre de salariés A+C reste constant. Tout au plus peut-on espérer que ces salariés retrouve un emploi au bout de la formation. Tout cela n’est pas de l’emploi normal mais de l’assistance ou de l’emploi aidé. Depuis 3 mois Hollande manipule les statistiques en payant de la formation dont les résultats ne sont pas convaincants mais dont l’effet sur la statistique du chômage, entendez de la catégorie A, sert le projet présidentiel du futur candidat Hollande. 

Il en est de même de la catégorie E des demandeurs d'emploi non tenus de faire de actes positifs de recherche d'emplois (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés). Dans ce cas le salarié acquiert un emploi grâce à une aide de l’État et coûte moins cher à l’employeur. Celui-ci profite d’un effet d’aubaine mais depuis un an cette catégorie grossit en nombre, de 2,2% en trois mois et de 7% en un an. Que ce soit la catégorie D ou E, les deux aboutissent à de la formation dont on devrait espérer une baisse du chômage. L’ensemble de ces deux catégories a augmenté de 58.000 demandeurs d’emploi. On devrait en voir l’effet sur les catégories A,B,C qui devraient diminuer. Or l’ensemble a augmenté de 39.400 demandeurs en un an. Où est la réussite de l’opération sur la diminution des demandeurs d’emploi quand le nombre total de demandeurs d’emploi augmente de 1,4% en 3 mois ?

On nous avait pourtant bien dit que les statistiques sur un mois ne voulaient rien dire et qu’il fallait tirer des conclusions sur 3 mois. Avec -0,1% en juillet en catégorie A, +0,8% sur les catégories A+B+C  et +1,4% sur 3 mois sur l’ensemble des catégories, la conclusion s’impose le chômage augmente. Le reste n’est que manipulation et enfumage de l’opinion publique. Le juge de paix c’est d’ailleurs le montant des indemnisations perçues sur l’ensemble des catégories. Le graphique ci-contre est visuellement significatif de l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi. Si le chômage baisse, vu par Hollande, il coûte de plus en plus cher ! 

Mais si l’on examine les sorties des fichiers de Pôle emploi  sur 3 mois de mai à juillet, on constate que 49,5% des sorties sont des défauts d’actualisation ou des radiations administratives, 15,9% des stages. Les reprises d’emploi ne représentent que 18,1% des sorties ! En 3 mois nous avons 97.000 demandeurs d’emploi de plus,  un nombre de personnes indemnisées croissant de 1,3%... et « le chômage baisse » ! 

Cette constante « abêtisation » de nos concitoyens 

Est l’illustration du mépris de l’élite dirigeante

Pour qui le Bien commun compte peu 

Devant l’ambition du pouvoir

Et la captation de l’argent ! 

Claude Trouvé
Coordination MPF du Languedoc-Roussillon