vendredi 5 août 2016

Climat et EnR : c’est du vent ! (5ème partie)


J’espère avoir apporté quelques points de vue différents sur l’évolution du climat mais deux choses essentielles sont à retenir. Premièrement, toutes les prévisions sur le réchauffement climatique dont on nous assène les effets destructeurs de l’humanité, de la flore et de la faune, sont basées sur des modèles mathématiques. Or aucun de ceux-ci n’est en mesure d’expliquer pourquoi la température globale mesurée par satellites n’évolue pas significativement depuis presque 20 ans. L’influence de certains paramètres est mal prise en compte ou ces paramètres n’ont pas été pris en compte. La climatologie est une science jeune qui balbutie encore. Il est donc insensé de faire des prévisions sur des modèles en discordance avec la réalité mesurée aujourd’hui pour des années éloignées de 50 ans voire un siècle. Deuxièmement, le monde des multinationales, des ONG, des politiques, a inventé le principe du « pollueur-payeur » assisté par le battage médiatique de la « pensée unique », celui du mondialisme et de la ploutocratie mondiale. Ce monde a transformé ce principe en « pollueur-payé » en en faisant une source de revenus par les quotas négociés dans un marché de la taxe carbone.

Finalement ce sont les ménages qui payent assurant donc un transfert de richesse des plus pauvres vers les plus riches. La manipulation des peuples par la peur n’a qu’un but lucratif dont les politiques tirent du pouvoir sur la masse, et les lobbies un surplus d’argent. Pourtant une récente publication de la Climatic Research Unit (University of East Anglia), commence à s'inquiéter de la politique de réduction des émissions de gaz carbonique. L’étude de l’activité solaire, l’une des plus basse depuis l’optimum médiéval, le refroidissement de l’Atlantique et la fin du réchauffement climatique dû au courant du Pacifique El-ñino, laissent prévoir un refroidissement en 2017 qui pourrait durer de nombreuses années, peut-être 2100. Et si nous faisions fausse route ? 

Mais il y a un autre domaine qui permet de soutirer de l’argent aux Etats et donc finalement aux ménages, ce sont les Energies Renouvelables (EnR). La première question à se poser c’est la raison de cet engouement politique qui est partagé par une partie de la population. Est-ce la prévision d’une consommation croissante à laquelle la puissance électrique installée ne pourrait répondre ? Est-ce la peur de n’avoir plus de carburants fossiles pour alimenter les centrales thermiques ? Est-ce la pollution de celles-ci qui crachent du carbone entre autres ? Est-ce la peur du nucléaire ? Est-ce une volonté d’indépendance énergétique ? Toutes ces questions sont légitimes mais il apparaît que l’on focalise l’intérêt des EnR essentiellement comme un instrument de lutte contre le réchauffement climatique. Reprenons donc ces différentes interrogations avec l’appui d’un document officiel publié par le RTE sur la production électrique, la consommation, l’import-export et la puissance installée. 

On peut déjà répondre à la première question, non les EnR ne sont pas justifiées par la consommation. Elle est constante depuis 2011 comme on peut le constater de 2014 à 2015. La deuxième interrogation sur la pénurie de carburants fossiles ne tient pas parce que le pétrole est surabondant encore longtemps, d’ailleurs le prix du baril a été divisé par deux. Par ailleurs le gaz est lui aussi disponible pour des décennies et on estime les réserves de charbon à deux siècles de consommation actuelle. La troisième question sur la pollution atmosphérique est justifiée pour tout ce qui concerne les centrales thermiques qui polluent en oxyde d’azote, en soufre et en CO2, entre autres. Le EnR ne polluent pas pendant leur fonctionnement mais seulement pendant leur construction et leur maintenance. Mais on sait que l’intermittence des EnR oblige à compenser immédiatement leurs défaillances. Même si certains réacteurs peuvent désormais baisser leur production de 80% en une demi-heure, cela n’est pas instantané et cela les fait travailler hors de leur fonctionnement normal au-delà de l’optimum, donc à kWh plus élevé en coût. La complémentarité EnR-Énergies fossiles se constate sur les données 2014-2015 où le tableau montre qu’à une augmentation de production des EnR correspond une augmentation de production des Énergies fossiles. La différence entre ces deux productions est quasi-constante entre 2014 et 2015 à 2,5-2,3 TWh. 

La conclusion s’impose, les EnR ne peuvent pas permettre de diminuer la production des énergies fossiles. Elles sont complémentaires. Les EnR ne diminuent pas la pollution de la production électrique contrairement à ce qu’on nous laisse croire intentionnellement. Alors quid de la peur du nucléaire ? Les EnR ne peuvent accuser l’énergie nucléaire de polluer en CO2 et l’argument massue est le problème de la sécurité et des déchets. Sur le premier point les accidents de Fukushima et de Tchernobyl amènent des inquiétudes légitimes. La conception des réacteurs français n’a rien à voir avec ceux de Tchernobyl, la France n’est pas soumise aux mêmes contraintes sismiques que le Japon, et il n’y a jamais eu d’accident dans nos centrales depuis 50 ans au sens de l’échelle internationale, au plus des incidents (sans impact nuisible sur l’homme et son environnement), comme il en existe dans toutes les grandes industries en particulier chimiques. Ce ne fut pas le cas d’AZF à Toulouse. Ceci étant dit, la peur est un sentiment personnel. Certains n’ont pas peur de la voiture, mais de l’avion, voire du train, or l’on sait que la voiture reste le moyen de locomotion le plus dangereux. Les centrales nucléaires seront, comme les voitures, de plus en plus sûres dans l’avenir, il faut laisser faire la science. 

Si 37 ans dans cette industrie m’ont laissé un sentiment de sécurité, il serait idiot de prétendre que le risque zéro n’existe pas mais il est très faible par rapport à la plupart des risques encourus. En ce qui concerne les déchets, il s’agit d’un faux procès car les combustibles usés sont traités à la Hague et les déchets en question ne représentent qu’une très faible partie, dangereuse certes, mais stockable à l’air libre ou à couvert pour le court terme. L’enfouissement sera réalisé ensuite à Bure en grande profondeur et dans les meilleures conditions de sécurité après les études géologiques et de confinement sachant qu’une grande partie de la radioactivité aura disparu après un siècle de stockage. Tout peut être mis en doute, mais je crois néanmoins que les scientifiques sont plus crédibles que les politiques. Enfin si on retient l’argument du danger du nucléaire, il faut arrêter les réacteurs au plus vite et ne pas arrêter les centrales thermiques pour raison de non-rentabilité comme on est en train de le faire. 

L’argument de l’indépendance énergétique ne tient pas la route. On trouve du charbon partout dans le monde, de même que de l’uranium. La France dispose de droits d’enlèvement sur tous les continents avec des actions dans les mines australiennes, canadiennes, américaines, nigériennes, namibiennes, et même au Kazakhstan. L’uranium est très abondant sur la planète et bien réparti. Vu son prix bas, la prospection est au point mort. Aucune réponse aux questions posées n’impose le développement des EnR mise à part la peur raisonnée ou non du nucléaire. Mais l’on sait que développer les EnR, c’est augmenter corrélativement et de la même importance la production fossile, donc polluer davantage. Ceci n’a aucun impact sur la production nucléaire, c’est un jeu entre les EnR et les énergies fossiles au détriment de la pollution et donc du CO2. Les EnR ne permettent pas de diminuer la production d’énergie nucléaire qu’en acceptant de polluer plus par les centrales à énergie fossile. 

Les EnR ne permettent donc pas de faire baisser la pollution de CO2 et ratent l’objectif fixé. Elles l’augmentent indirectement avec une pollution en oxyde d’azote, soufre, etc. Elles n’assurent pas l’indépendance énergétique plus que le nucléaire puisqu’elles font indirectement appel aux énergies fossiles. La peur du nucléaire ne justifie pas que l’on veuille arrêter cette énergie alors que l'on continue à vendre des centrales dans le monde entier. Mais il y a une dernière question qu’il faut poser. Pour la consommation actuelle, les EnR sont-ils nécessaires ? La réponse est non, la France a un bilan exportateur de 11 à 12% de sa production soit une soixantaine de TWh. L’ensemble des EnR représente 36 TWh en 2015. Elles ne sont donc utiles que pour l’exportation. Elles ont d’ailleurs priorité sur le marché des échanges européens d’énergie et sont vendues la plupart du temps à prix très bas. Voilà la réalité de l’utilité des EnR. Elles n’ont pas de raison d’être en France sauf celle du business, mais il y a bien d’autres conséquences financières dont il faut parler dans la prochaine chronique. 

Inutiles et indirectement polluantes,

Tel est le constat réel des EnR. 

Elles n’ont pas la vocation 

A remplacer le nucléaire

Ni à diminuer le CO2 

Mais à enrichir les… 

Multinationales ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon