jeudi 9 juin 2016

TAFTA, migrants, chaos, la grande guerre des riches (2ème partie)



Notre « civilisation » devient manifestement incapable de résoudre les problèmes que suscite son développement. L’hypocrisie y prend des proportions pathologiques, signature d’une civilisation en sursis. Sans être ni pro-Poutine ni inconditionnel de la Russie, force est de constater que on y triche moins avec la réalité, on y décrypte mieux les situations, on sait mieux agir de façon efficace. Il suffit de regarder la gestion du conflit en Syrie, les occidentaux y mènent une guerre hypocrite en se servant de Daech, d’Al Nosra et d’Al-Qaïda, qu’ils font semblant de combattre, pour atteindre Bachar Al-Assad, l’empêcheur de faire ce que l’on veut au Moyen-Orient, c’est-à-dire son démantèlement. Au-delà de Bachar, c’est la Russie et l’Iran qui sont visés par l’axe israélo-américain. La Russie affiche clairement son soutien à un régime, qui lui est certes favorable, mais reconnu internationalement et l’un des plus démocratiques autour de la Méditerranée. La Russie essaie de faire alliance avec les Etats-Unis contre Daech, conclut un semblant d’accord et décide donc de retirer ses troupes. L’accord est immédiatement violé, Daech, Al-Qaïda, Al-Nosra réarmés, la Russie revient. Il ne s’agit pas d’approuver ou non, mais de constater la clarté de la position russe et l’hypocrisie du camp occidental dont nous faisons partie. 

En France on a l’impression que le paquebot est piloté par des incapables qui ne savent pas où ils vont. La politique étrangère est une simple décalcomanie de la politique américaine, et désormais allemande, avec des entorses aux principes fondamentaux de la République pour raisons commerciales. La « chienlit » se répand sur le pays pour une loi de Bruxelles dont des syndicats ont éventé la nouvelle pression mise sur le monde du travail. Le pire c’est que certains français se laissent piéger par les appels humanitaires, les images de désordre télévisées répandues dans le monde. Ils voient le court terme, le bout de leur nez. Quand on leur montre la lune, ils regardent le bout du doigt. L’enjeu est de taille pourtant, il s’agit tout bonnement de mettre un point d’arrêt à cette dérive programmée de servitude du monde du travail au profit des grandes fortunes et d’éviter de faire disparaître la Nation derrière la technocratie et le lobbying bruxellois, qui œuvrent pas à pas mais inéluctablement. La confiance revenue derrière un chef capable, relançant l’idée d’une nation dynamique, le « yes we can » américain, la France retrouverait rapidement son image, comme elle l’a fait après la seconde guerre mondiale. 

Or le constat est terrifiant. Les crises se superposent comme des calques : crise financière de 2008, crise économique, crise écologique, crise du logement, crise d’identité, Une crise est sensée par définition être de courte durée. Sinon qu’on emploie le terme adéquat : maladie chronique, ou soins palliatifs. Mais dans toutes ces crises il y a un dénominateur commun l’UE et pire l’euro. Il est patent que les pays européens échappant à l’UE se portent mieux que les autres, Norvège, Suisse, Islande, et que les pays échappant à l’euro se portent globalement mieux que les autres dans l’UE. Notre politique de vassal ne nous conduit qu’à la guerre tous azimuts et des impôts écrasants pour les financer (ou et des dettes cumulées) comme sous Louis XIV. Notre Président devrait relire la lettre de Fénelon à son roi en 1694 : « Cependant vos peuples (…) meurent de faim. La culture des terres est presque abandonnée ; les villes et la campagne se dépeuplent ; tous les métiers languissent et ne nourrissent plus les ouvriers. Tout commerce est anéanti. Par conséquent vous avez détruit la moitié des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et pour défendre de vaines conquêtes au dehors (…) La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provision. »

Depuis un siècle, les empires coloniaux et les Etats-Unis ne cessent de toucher au Moyen-Orient. Le « soi-disant » « printemps arabe » est une déstabilisation orchestrée des Etats-Unis, de Londres et de Paris avec la complicité des petro-autocraties. Le printemps arabe était prévu comme une quinte flush royale au poker (menteur) : Tunisie, Libye, Égypte, Syrie, Arabie Saoudite. Au programme on trouve : diabolisation du pouvoir en place, création d’une opposition et organisation de défections au plus haut niveau, reconnaissance de l’opposition « libre » comme seul interlocuteur valable, tentatives de déstructuration économique et monétaire, armement et entraînement d’Al Qaïda et de Daech, et même essai, par Hollande, de forcer la main à un Obama réticent pour une intervention directe contre Bachar El-Assad. Les opérations menées rondement en Tunisie et en Libye ont finalement calé en Syrie, mais le résultat est tragique. 

La Libye est un chaos ethnique, un entrepôt d’armes répandues sur toute l’Afrique et un prochain ancrage du terrorisme international. Des centaines de milliers de réfugiés passent par la Libye, la Turquie pour se répandre sur les pays européens, enfin plutôt sur les citoyens européens car les politiques n’y sont évidemment pour rien. Remontant vers le nord par les Balkans, la rivière d’hommes s’écoule comme le sang d’une blessure impossible à refermer. Les peuples balkaniques et centre-européens invitent successivement cette masse à se diriger au plus vite vers leur voisin immédiat, montrant ainsi en actes la solidarité indéfectible dont les peuples unis d’Europe sont capables dans l’adversité. Mais les pays que l’on n’a pas consulté dans ces aventures guerrières réagissent comme la Hongrie et ferment leurs frontières. Maintenant que sunnites, chiites, russes, chinois, américains, anglais, français et peut-être israéliens sont en Syrie, toutes les conditions sont réunies pour un embrasement général et une importation du conflit en Europe. 

L’Europe se trouve dans une crise inédite depuis celle des personnes déplacées de 1945-47, celle des humiliations, des personnes dont on ne veut plus nulle-part car « sans-dents », trop abîmés, trop usés. Un exode est toujours une grande calamité. Celle d’aujourd’hui nous l’avons délibérément provoquée et nous avons par là-même importé la guerre chez nous, la guerre sainte qui échappe à ses manipulateurs. Mais c’est aussi une paupérisation et une insécurité accrues. Selon la Tribune : « Cinquante euros, c’est la somme maximale qu’ont pu mettre de côté chaque mois 54% des Français en 2015, une fois leurs dépenses courantes -impôts, loyer, gaz/électricité, téléphone et nourriture- réglées. »  En toute cohérence, on laisse les SDF dans la rue et on met les réfugiés/migrants dans des châteaux. Les SDF resteront sur des cartons et la grande majorité ne fera rigoureusement rien. Tout donne l’impression d’un bricolage à vue sans plan et sans vision. Ce que Khadafi avait prédit se réalise : si vous cassez la digue de la Libye, l’Afrique vous noiera de ses migrants. C’est la même chose au Moyen-Orient avec la Syrie. 

La France sans frontière ne pourra endiguer le flot des migrants qui se déplaceront sur toute l’UE à la recherche du meilleur point de chute. L’insécurité ne cesse de croître en Allemagne et en Suède. La France n’y échappera pas et les bagarres autour de Calais ne feront que se répandre. Si aujourd’hui la police ne peut pas faire régner l’ordre dans certaines parties du territoire, comment logiquement exclure que des micro-califats ne se créent pas à l’échelle d’une cité. Quant aux réfugiés ce sont les autorités diverses qui les diluent sur le territoire alors qu’elles ne savent rien d’eux ou presque. Comment l’armée se tirera-t-elle d’affaire quand des centaines d’écoliers de plusieurs écoles en même temps seront pris comme bouclier ou exécutés devant les caméras ? Qui protègera en même temps, les juifs, les chrétiens, les femmes et les homosexuels, sachant qu’il suffit de quelques individus pour rendre le pays dans l’angoisse totale ? Les plus riches ont déjà prévu leur point de chute à l’étranger et regarderont le chaos s’installer pour mieux le maîtriser ensuite économiquement à leur profit. Ne comptez pas sur eux, ni sur l’UE… c’est eux. 

Nous n’avons plus de gouvernants qui pensent au bien commun 

Ce sont des apprentis-sorciers dont le pouvoir est nuisible

A l’identité des peuples et au creuset de la Nation. 

En voulant refaçonner le monde à leur profit

L’humanité toute entière est en danger !
 
 Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon