lundi 27 juin 2016

L’UE fédérale tombe le masque !



Brexit ! Un peuple vient de briser le carcan, quel est le remède ? « Toujours plus d’Europe ». Ma fille est trop grosse, elle mange trop. Je la rationne mais elle ne maigrit pas assez vite. Alors je la corsète. Elle regimbe. Je serre un peu plus les lacets. Elle étouffe… peu importe elle a la taille mannequin. Elle crie, je la bâillonne. Elle ne mange plus, je m’enrichis. C’est cette image qui caractérise l’Union Européenne. Il faut resserrer les boulons ont dit les ministres des affaires étrangères en comité restreint. L’idée d’une Europe à double vitesse fait son chemin. Il faut resserrer les liens des pays autour de Bruxelles, donner à celle-ci plus de pouvoir. Qui le détient en fait ? Les puissances de l’argent qui font œuvrer d’une part les technocrates, lesquels tissent les directives contraignantes comme une toile d’araignée qui englue les peuples, et d’autre part les politiques qui les enfument pour les anesthésier.

François Hollande ne dit pas autre chose que la course vers le fédéralisme à tout prix, fédéralisme dans lequel il trouvera son propre avenir, on lui a promis. L’autiste ne tient aucun compte du message du deuxième peuple européen. Sa conclusion c’est qu’il faut aller plus loin, plus vite, plus fort et se blottir contre l’Allemagne.  « Le Brexit est un évènement douloureux » selon lui et il cherche à nous faire pleurer. Il est douloureux sans doute pour lui et il veut nous faire partager cette douleur de devoir suivre la volonté d’un peuple, de se soumettre à la démocratie et à un référendum qu’il n’est pas question de faire en France comme lui a soufflé un Nicolas Sarkozy qui a la mémoire courte. Cela fait la cinquième fois que la démocratie s’exprime contre la volonté de Bruxelles, contre la Constitution Européenne, contre l’euro, contre Schengen, contre l’UE. 

Pourquoi les islandais, les Suédois, les néerlandais, les danois, les irlandais, les français et les britanniques ont-ils eu le front de refuser la main tendue de l’UE ou de la zone euro ? A cause de cette hostilité historique entre les Nations qui nous a menés à la guerre avec l’Empire austro-hongrois, la Prusse, l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre et l’Allemagne, etc. Voilà la messe est dite, tous ces pays n’attendent qu’un signal pour en découdre. Les millions de morts des guerres depuis 150 ans n’ont laissé aucune trace dans la tête des peuples européens. Les peuples sont incorrigibles et il faut les punir, les tenir dans un carcan dont ils ne peuvent plus sortir ou il leur en cuira. Peu importe si les meilleures relations existent entre les peuples européens de même culture. Peu importe si le progrès dans les communications, au sens large, ont changé la donne. Peu importe que le monde des entreprises et le monde scientifique et technique tissent des liens plus nombreux, plus forts, consentis et appréciés.

Mais il faut aller plus vite que la musique, forcer les peuples à abandonner tout ce qui fait la richesse d’une Europe dont la culture, la science et la pratique de la démocratie lui ont donné une place enviée dans le monde. Pour se faire il faut lui redonner le frisson de l’isolement, de l’impuissance. On lui fabrique alors un nouvel ennemi proche, la Russie, et un autre plus lointain, la Chine, mystérieuse et potentiellement dangereuse dans le futur. On lui fait peur avec une immigration que l’on se refuse à maîtriser et avec une épée de Damoclès suspendue sur sa tête à cause des attentats largement provoqués par nos incursions en terre musulmane, pour ne pas dire aidés officieusement en association avec la CIA dans la zone de combat irako-syrien.

Le Brexit est une gifle pour la superbe des suppôts de Bruxelles, leur arrogance et leur suffisance. La Bête est blessée mais elle en devient plus dangereuse avant que le coup fatal lui soit donné. Le Brexit est une erreur du peuple britannique, une erreur des « sans dents » et de ses vieux croutons qui rêvent encore de l’Empire britannique et du splendide isolement, une erreur de ceux qui n’ont pas compris que le mondialisme est passé par là. Seulement le mondialisme n’est que le terrain de jeu de l’argent et celui-ci ignore les peuples qui n’existent que pour le servir. Les peuples sont nourris tant qu’ils sont serviles, sinon ils doivent payer leur rébellion par la pauvreté. Le serf moderne s’est forgé une arme, la démocratie qui peut défaire les liens qui l’entravent. Elle est terriblement efficace et son but c’est la liberté. Aujourd’hui comme autrefois, l’esclave a toujours soif de liberté.

C’est pourquoi Bruxelles et les pays aux ordres restreignent l’espace de pratique de la démocratie, c’est pourquoi le référendum ne doit plus être employé et le sera de moins en moins au fur et à mesure que la distance s’accroit entre d’une part Bruxelles et ses suppôts, et d’autre part les peuples, ceux d’en bas d’abord. Mais ceux qui se croient en haut, vont déchanter car les élus de la Cabale ne sont que dans une élite bien plus restreinte, celle qui a les clés du pouvoir, celui de l’argent qui inonde le monde d’argent de Monopoly avec des rotatives qui tournent de plus en plus vite. Les autres d’en haut feraient bien d’écouter ceux d’en bas qui peuvent les sauver car il n’y aura pas plus de place pour eux. C’est l’idée d’identité nationale et non de nationalisme qui commence à mouvoir les peuples, l’idée du souverainisme indispensable progresse. C’est elle qui peut reconstruire une Europe des peuples où ce qui nous rapproche sera plus fort que ce qui nous divise. C’est parce qu’une autre civilisation s’introduit dans l’espace européen que nous allons comprendre ce qui nous unit, une civilisation construite pendant des siècles et qui a porté l’Europe au plus haut de l’histoire du monde. 

L’Europe à plusieurs vitesses est bien un choix raisonnable

Mais le resserrement du carcan plus on est au centre 

Étouffe la démocratie et la liberté des peuples.

Elle devient alors une idée si dangereuse 

Qu’il faut la renier pour survivre ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon