mardi 14 juin 2016

Bataille de chiffres ou de chiffonniers ?



La France offre de nouveau le spectacle des affrontements entre casseurs et forces de l’ordre. Nous ne sommes pas sortis de la vision navrante de « hooligans » alcoolisés s’affrontant à Marseille pour voir une bataille de rue avec dégradation des biens publics et privés, arrestations et surtout blessés de part et d’autre. Cet affrontement ne sera malgré tout pas le dernier. Toute manifestation publique peut désormais dégénérer épuisant petit à petit nos forces de l’ordre. Dans le même temps et presque simultanément on voit la mort de 49 personnes aux États-Unis et celle d’un couple de policiers chez nous. La simultanéité de ces deux derniers évènements qui met dans le même sac les États-Unis et la France n’est sans doute pas innocente.

L’organisation de l’Euro 2016 dans un pays « en guerre » est un défi du gouvernement à but électoral et géopolitique pour montrer la solidité de la politique sécuritaire du gouvernement. Je maintiens qu’il n’y aura pas de meurtres dans le déroulement de l’Euro perpétré par le terrorisme islamique, non pas parce que la sécurité est parfaitement maîtrisée, mais… parce qu’il n’est pas prévu qu’il y en ait, hors d’attentats déjoués. Ceci serait la cerise sur le gâteau. Par contre on voit bien que la sécurité est faillible lorsque les évènements ne sont pas sous contrôle comme à Marseille. Le meurtre du couple de policiers est un rappel que le pays est en danger et que, soit les services de renseignement sont faillibles tant l’homme présentait toutes les caractéristiques de sa dangerosité, soit que les vrais commanditaires ne sont pas ceux qui sont désignés. 

La France est de plus en plus cul par-dessus tête. L’immigration et le terrorisme nous touchent globalement plus que les autres pays européens. La Belgique, si proche de nous doit être mise à part, c’est un laboratoire du chaos à base de multiculturalisme et de déstructuration de l’idée nationale. L’Allemagne subit évidemment une vague migratoire dont le flux est d’une ampleur supérieure à la nôtre aujourd’hui. Mais d’une part les effets ne font que commencer à se faire sentir par d’abord une augmentation de l’insécurité, et d’autre part nous avons une antériorité de l’immigration qui nous donne encore une certaine avance dans ce domaine. Aujourd’hui globalement nous voyons mieux qu’eux les effets de la politique du multiculturalisme et d’immigration. Mais notre pays, qui offre les meilleurs conditions d’accueil mais pas de travail, finira par recevoir une part importante de migrants plus ou moins clandestins, une fois qu’ils auront saturé les possibilités d’emploi dans les autres pays européens.

La France réagit sous le coup du terrorisme, que nous alimentons à loisir avec notre fausse lutte contre Daech mais en participant à des actions guerrières qui ne peuvent ménager les civils et entretiennent un climat de haine confessionnelle et de fuite vers l’Europe, et des directives européennes, dont la loi Travail, qui donne la priorité au monde des « grandes » affaires sur le monde du « travail » justement. La loi Sapin II ne fait pas autre chose et va avoir le consensus du Parlement. L’opinion stigmatise, comme jamais, le gouvernement qui refuse de jeter l’éponge tant la place est bonne et que le chef n’abandonne rien de ses prétentions à continuer son œuvre de destruction muré dans un autisme qui a mené Louis XVI à l’échafaud.

Le peuple des classes moyennes, celui qui fournit à l’État l’essentiel des ressources des impôts et taxes, et le peuple des défavorisés qui subit la dure loi du chômage, grondent dans un soutien passif pour la plupart. Les plus déterminés sont dans la rue, ceux que le Système traite de minoritaires pour dévaluer leur action. Ce Système, alimenté à gauche et à droite, ressort les vieux arguments du peuple fainéant, casseur de l’élan économique, comme si ceux qui manifestent depuis des semaines ne soulèveraient pas la vindicte publique si, derrière eux, il n’y avait pas la masse silencieuse de ceux qui attendent justement le renversement de ce Système, pensée unique européenne inféodée aux puissances de l’argent. Ces dernières ne peuvent encore tabler sur les robots pour remplacer partout ces jouets indomptables qui en ont assez de plier sous le joug et de voir la richesse monter de plus en plus haut pour une élite financière, politique et technocratique, et de plus en plus loin du Bien commun.

Non cette fois le peuple veut s’exprimer et on ne veut pas l’entendre. La démocratie n’est pas dans les gênes de l’UE, comme l’affirme le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Le gouvernement s’est enferré sur l’article II de la loi Travail, celui que Bruxelles a en ligne de mire et attend la « réforme structurelle » qui déclenchera sa bienveillance pour un pays qui n’est toujours pas dans les « clous » en 2016 et en 2017. Alors le gouvernement se bat sur les chiffons des chiffres de manifestants, gonflés par les syndicats, minimisés par le Ministre de l’Intérieur. C’est une bataille de chiffonniers. La loi passera c’est sûr avec l’utilisation du 49.3. Les députés sont prêts à droite pour la plupart et les résistants de gauche ont tellement peur de ne pas avoir l’aval du parti aux prochaines législatives qu’ils cèderont.
Mais la loi passera sur le corps exsangue du gouvernement et le pays aura donné au monde l’image du désordre, de l’impuissance à se gérer. Les cadeaux faits dans l’urgence pour boucher les voies d’eau finiront de plomber nos dépenses publiques dans un désordre total. Celui-ci ne tient aucun compte de l’importance des voies d’eau mais du fait qu’elles sont plus ou moins visibles et proches du capitaine « pédalo » qui voit monter l’eau dans sa cambuse. C’est du n’importe quoi et le bateau coule d’autant plus vite. La mutinerie est prête à mettre les chaloupes à la mer pour sauver sa peau. Le Capitaine pense qu’après la tempête, on reconnaîtra son courage, son calme. La mutinerie le prend pour un autiste et un incapable mais lui sait que c’est la marchandise à bord qui compte pour les gros marchands du port et non les marins. S’il ramène le bateau, on le gardera comme capitaine, sinon on le jettera à la mer. Il faut colmater comme on peut les voies d’eau qui alourdissent le bateau et finalement jeter les mutins à la mer pour le délester. Les marins qui n’ont rien dit, finiront par le reconnaître comme capitaine… pense-t-il ! ? 

On se livre à une bataille de chiffres dans le désordre 

Qui arrange finalement le pouvoir du Système.

Chiffres de manifestants, chiffres de migrants, 

Les chiffonniers lavent leur linge sale

Pendant que la France coule 

Et pleure ses morts ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon